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ADGE

L’Association des Descendants de Gustave Eiffel avait effectué en 2003 (lien vers la news ici ) une merveilleuse visite du Viaduc de Garabit, et avait été notamment exceptionnellement autorisée à pénétrer à l’intérieur de la structure de l’arche pour franchir la Truyère.

Notre retour en 2018, pour participer aux commémorations des 130 ans de l’ouverture de la ligne Paris-Bezier et fêter le classement du célèbre viaduc aux monuments historiques, ne nous a pas déçus. Ce fut un weekend chargé et rempli de moments inoubliables !

Pour rappel, le Viaduc de Garabit est une des plus célèbres constructions de Gustave Eiffel après la Tour, et celle sur la base de laquelle la construction de cette dernière fut rendu possible. 3326 tonnes, 564 m de longueur dont 448 pour la partie métallique, une arche centrale enjambant la vallée de 163 mètres de largeur avec une hauteur de flèche moyenne de 65 mètres, un tablier surplombant la Truyère du haut de ses 122 mètres, le viaduc était un véritable tour de force pour l’époque dont on continue aujourd’hui encore à admirer la ligne parfaite, et la puissance. Achevé en 4 années, de 1880 à 1884, il fallu attendre 1888 pour que l’ouvrage soit inauguré, en présence de Gustave Eiffel, le temps pour le reste de la ligne d’être achevé.

Organisée par nos amis de l’association des Amis de Garabit, et notamment par Hélène Bonabal et Patricia Rochés, que nous remercions ici, les festivités publiques se sont succédées sans interruption tout au long de la journée du 30 septembre. Au petit matin les choses semblait pourtant mal parti : une brume épaisse noyait la vallée et l’ont pouvait entendre un long roulement de tonnerre dans le lointain.

Fort heureusement, le soleil dissipait rapidement la couche de brume et plus aucun contre temps ne fut à signaler par la suite.

Une foule très nombreuse d’habitants des communes avoisinantes et de passionnés de ponts s’était réuni, pour une grande part d’entre eux en costumes d’époque, devant l’arrêt de train de Garabit. Nos cousins Delphine Berthelot-Eiffel et Savin Yeatman-Eiffel avaient eux aussi joué le jeu de la reconstitution. Savin avait même laissé pousser sa barbe pour ressembler un peu plus à son ancêtre. Leur arrivée, en voiture ancienne (une Brazier) fut très remarquée, même si le véhicule était un peu en avance pour 1888 (!)

Savin Yeatman-Eiffel et Delphine Berthelot-Eiffel arrivant à Garabit…

…en costumes d’époque!

Ils furent aussitôt accueillis par Bruno Paran, le maire de Val d’Arcomie, et par Martine Guibert, la vice-présidente déléguée aux transports de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Jean-claude Plassard, arrière petit neveux de Léon Boyer, l’ingénieur à l’origine de la décision de franchir la Truyère par un grand viaduc, était également présent.

De gauche à droite: Bruno Paran, maire de Val d’Arcomie, Hélène Bonabal de l’AMIGA, Martine Guibert, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Mr. le ministre Jacques Godfrain, Savin Yeatman-Eiffel et ses enfants, Delphine Berthelot-Eiffel, et Jean-claude Plassard, arrière petit neveux de Léon Boyer.

Après une première série d’intervention des élus, ainsi qu’une présentation historique du Viaduc par Patricia Rochès, Savin Yeatman-Eiffel donnait la réplique à plusieurs acteurs en costumes pour une très véridique reconstitution des cérémonies de l’inauguration de la ligne en 1888 dans laquelle il interprétait Gustave. La copie de son discours, qui rappelle les grandes étapes de la construction du viaduc, est reproduite à la fin de cet article.

La reconstitution fut suivie d’un déjeuner 1900 de haute volée, organisée par les Toques d’Auvergne. A la suite de celui-ci, les officiels furent invités à monter à bord d’un train commémoratif, spécialement affrété pour l’occasion par SNCF-réseau, pour franchir le viaduc.

La vue saisissante depuis le train

Après un nouveau discours touchant des descendants Eiffel et Boyer à la gare de Saint-Flour, tout le monde était de retour à la gare de Garabit pour la suite du programme.

Il s’agissait cette fois de célébrer le récent classement aux monuments historiques du viaduc. Les deux anciens ministres en charge du dossier avec l’association des Viaducs de l’Extrême, Messieurs Jacques Godfrain et Jean-Claude Gayssot, prirent tour à tour la parole, suivis par les maires des communes avoisinantes, notamment Mr.  Bruno Paran, le maire de Val d’Arcomie et Mr. Gérard Delpy, maire de Ruynes-en-Mageride, ainsi que Mr. Jean-Jacques Monloubou, président du Syndicat Mixte de Garabit-Grandvalles, et les représentants des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie : Martine Guilbert, pour la première, et Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des mobilités et infrastructures transports, pour la seconde. Tous ont exprimé avec force leur attachement au viaduc de Garabit et à la pérennité de la ligne dont il est le point d’orgue – ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Toujours en activité, cette ligne de chemin de fer de désormais 130 ans, reste un lien indispensable entre les habitants et les entreprises des deux côtés de la vallée de la Truyère.

Crédit photo: La Montagne

De gauche à droite: Patricia Rochés de l’AMIGA, Bruno Paran, maire de Val d’Arcomie, Delphine Berthelot-Eiffel, Mr. Jean-Jacques Monloubou, président du Syndicat Mixte de Garabit-Grandvalles, Savin Yeatman-Eiffel,  Jean-Luc Gibelin, vice-président de l’Occitanie, Mr. Le Sous-Préfet Serge Delrieu, et Mr. Le Ministre Jean-Claude Gayssot.

La plaque des monuments historiques

Les festivités se sont encore poursuivies jusqu’à tard dans la journée avec des danses folkloriques, un concours de costumes et un concours de peintures du Viaduc.

Merci à tous les participants à cette belle commémoration –  habitants, associations et élus – et à l’attachement sincère au majestueux Viaduc de Garabit dont ils ont fait preuve pendant tout le weekend !

 

Copie du discours prononcé par Savin Yeatman-Eiffel (interprétant Gustave Eiffel) lors de la reconstitution de l’inauguration de la ligne Paris-Bézier de 1888 :

« Monsieur le Ministre, monsieur le Préfet, monsieur le Maire, mesdames, messieurs, 

C’est avec émotion, et une certaine fierté, je dois l’avouer, que je prends à mon tour la parole.

L’ouvrage devant nous, qui franchit aujourd’hui si majestueusement la Truyère, est le fruit d’un travail acharné de quatre années, terminé fin 1884, et nous attendions avec impatience que s’achèvent enfin les test de résistance, et l’ouverture complète de la ligne que nous célébrons aujourd’hui.

La masse et les dimensions du Viaduc de Garabit, permettez moi de le rappeler (les ingénieurs sont friands de chiffres), sont considérables : 3326 tonnes, 564 m de longueur dont 448 pour la partie métallique, une arche centrale enjambant la vallée de 163 mètres de largeur avec une hauteur de flèche moyenne de 65 mètres. La hauteur du tablier au dessus de la Truyère est de 122 mètres – soit le double de la hauteur du pont Maria Pia à Porto, qui fit pourtant ma réputation dans toute l’Europe et au-delà.  Imaginez bien, je vous prie, que l’on pourrait poser au fond de la vallée les tours de Notre-Dame, mettre sur ces tours la colonne Vendôme, et le haut de la colonne serait encore à quelques distances du plancher sur lequel sont posés les rails !

Ces caractéristiques considérables ont fait du viaduc de Garabit l’ouvrage le plus important jamais construit en France – et peut être même dans le monde.

Les défis que nous avons du affronter étaient eux même à la hauteur de cette gigantesque entreprise et lorsque le regretté Léon Boyer vint me parler la première fois de son projet dans nos ateliers de Levallois Perret, je dois avouer avoir hésité un court instant à me lancer dans l’aventure.

C’est qu’il a fallu, tout d’abord, acheminer jusqu’ici, depuis les Établissements Eiffel de Levallois, toutes les pièces qui y furent dessinées et usinées à l’avance. Elles le furent par train d’abord puis, sur près de 30 km, à bord de gros chariot tirés par huit chevaux. Il fallut encore embaucher et installer ici même, à 800 mètre d’altitude et à plus de 5 km du bourg le plus proche, les quatre cents employés nécessaire à la construction des fondations et au montage du Viaduc. Pour subvenir à leurs besoins pendant quatre ans, je fis construire les logements et les cantines nécessaires – et même une école pour les enfants. Je me suis même arrangé avec le service des postes pour que nous puissions recevoir et envoyer du courrier depuis la montagne. Une vraie petite ville fonctionnant quasiment en autarcie.

Au niveau de la conception du pont, il fallait s’assurer qu’il puisse résister aux bourrasques de vent qui sont fréquentes et particulièrement violentes dans la vallée. Nous avons inventés pour cela, mes ingénieurs et moi-même, un nouveau système d’arbalétrier à trois faces, dont les entretoises diagonales et horizontales forment un tout extrêmement rigide tout en laissant le moins possible la prise au vent. Nous avons également donné à l’arche centrale une forme parabolique plutôt que circulaire. La forme du croisant est en effet particulièrement favorable pour la résistance à des efforts dissymétriques. C’est la raison enfin pour laquelle nous avons, contrairement aux usages habituels, pris le soin de placer la voie du train en position intermédiaire, à mi-hauteur du tablier. De cette manière, les poutres du pont forment de part et d’autre une solide muraille capable de maintenir les véhicules dans le cas où ils sortiraient de la voie, comme ce fut malheureusement et tragiquement le cas chez nos amis Ecossais, il y a tout juste 9 ans. J’ai d’ailleurs déposé un brevet pour ce nouveau procédé.

Pour le montage de l’arche centrale au dessus de la Truyère, j’ai eu recours aux méthodes que j’avais mises en place avec succès à Porto, sur le Pont Maria Pia. Chacun des demi-arcs a été fixé aux extrémités du tablier par des câbles en acier, et toutes les pièces y ont été rattachées dans l’espace les unes après les autres par des montages en porte-à-faux successifs. Ces opérations ont nécessité une très grande précision tant dans la fabrication, la mise en place, que les calculs. Il fallait en effet que les trous de jonction des deux moitiés de l’arc, parties à 160 mètre de distance, vinssent exactement se correspondre au final. Nous y sommes arrivés avec une précision presque mathématique d’à peine quelques centimètres.

Le lançage du tablier au dessus des piles puis pour finir au-dessus de l’arche, n’était pas l’opération la moins risquée.  Perchés en haut de cet immense tablier de 285 mètres, pesant à lui seul 850.000 tones, soixante de nos hommes l’ont fait progresser très lentement au dessus du vide – à la force de leurs bras. A l’aide de grands leviers de bois de 7 mètres de longs, ils ont poussé cette énorme masse au rythme d’une trompe, chaque grand coup de levier faisant avancer l’ensemble, petit à petit, d’une dizaine de centimètres à chaque effort.

Je tiens à remercier ici à nouveau le courage et le professionnalisme de ces hommes. Je me suis toujours attaché à prendre grand soin d’eux et ils me l’ont bien rendu. Merci s’il vous plait de les applaudir !

Je voudrais également saluer la mémoire du regretté Léon Boyer, qui su convaincre ses supérieurs de l’opportunité de ce grand viaduc, faisant économiser au réseau ferré des kilomètres de ligne inutiles et des millions de francs or de budget, et qui me fit l’honneur de me confier la tache de le construire avec lui. Cet ouvrage est aussi le sien. Merci je vous en prie de l’applaudir lui aussi chaleureusement ! 

Pour finir, je tiens à remercier l’équipe d’encadrement des Etablissements Eiffel qui a été à mes côtés tout au long du chantier, et tout particulièrement Emile Nougier, mon directeur des études techniques et des montages, et Jean Compagnon, mon chef de chantier, qui m’accompagnaient déjà à l’époque tous les deux depuis plusieurs années ; ainsi que le jeune Maurice Koechlin, que j’ai engagé à seulement 24 ans pour être mon nouveau chef du bureau d’étude sur la construction du Viaduc.

Comme vous le savez tous, nous sommes désormais lancés tous ensemble dans un défi plus fou encore que celui que nous avons accomplis ici : la Tour de 300 mètres, qui sera la symbole de l’Exposition Universelle de 1889, et le monument le plus haut jamais édifié par l’homme.   

A l’heure où je vous parle, nous sommes arrivés à mi-hauteur. La Tour  va bientôt atteindre les 150 mètres et j’ai bon espoir que nous parviendrons à la terminer dans les temps. Ce qui est sur, c’est que cette formidable Tour n’aurait jamais vu le jour sans le savoir faire et les avancées techniques que nous avons acquis ici, sur le Viaduc de Garabit. Ma tour en sera je l’espère, la digne continuatrice.

Merci à tous. Vive Garabit, et vive la France ! »

2018 marque les 160 ans du début des relations diplomatiques et commerciales entre le Japon et la France. Tout au long de l’année de nombreuses manifestations commémorent cette date et la Tour Eiffel, symbole de Paris et de la France, ne pouvait qu’y être associée.

Alors que sa façade côté Seine servait de support aux projections des deux conceptrices lumière de renommée internationale Motoko Ishii et Akari-Lisa Ishii, une majestueuse cérémonie du Thé était organisée au premier étage, dans le salon Eiffel, sous l’égide du Maitre de Thé Soyu Mori, le 14 septembre dernier.

Cérémonie du Thé au salon Eiffel

Mr Mori, Maitre de Thé, en plein travail

Des invités de marque ont pris la parole à tour de rôle : son excellence l’Ambassadeur du Japon en France, Mr. Masoto Kitera ; Mr. Bernard Gaudillère, Président de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel ; Mr. Shin Maeda, le Président de la Tour de Tokyo, sur laquelle se prépare une cérémonie identique à celle de Paris en décembre ; et notre cousin Savin Yeatman-Eiffel, japonophile marié à une Japonaise, qui représentait pour sa part la famille Eiffel.

Mr Masoto Kitera, Ambassadeur du Japon

Savin Yeatman-Eiffel & son épouse Yukiko

Notre cousin a rappelé au cours de son allocution les liens particuliers qui unissaient Eiffel au Japon, même si ce dernier n’a jamais séjourné au pays du soleil levant. En juillet 1917, le grand ingénieur recevait notamment de la part de l’Empereur Taisho le très prestigieux « Ordre du Soleil Levant 3ème classe » pour ses travaux scientifiques. Le document officiel reste accroché, aujourd’hui encore, aux murs de son bureau au troisième étage de la Tour.

Ordre du Soleil Levant 3ème classe

Gustave Eiffel signe avec le viaduc de Garabit une de ses constructions les plus célèbres et les plus audacieuse – « La Tour Eiffel » des ponts métalliques, en quelque sorte. Avec ses 3500 t, 564 m de long, 122 m de haut, et un écartement à la base de son arche centrale de 166 m, c’est probablement la plus grande construction jamais entreprise à son époque.

Les équipes Eiffel achèvent l’ouvrage en 1884, après deux ans de travaux, mais la ligne de chemin de fer reliant Paris à Bézier n’est définitivement inaugurée que quelques années plus tard, fin 1888, le temps de finir les autres parties de la ligne. C’est cette inauguration qui sera célébrée en grande pompe le 30 septembre prochain en présence de descendants de Gustave Eiffel ainsi que de descendants de Léon Boyer, l’ingénieur des ponts et chaussée à l’origine du projet.

Venez nombreux nous retrouvez sur place !

Voici ci-dessous le détail des festivités :

  • Revivez la mise en service du viaduc en 1888 en présence des descendants de Gustave Eiffel et Léon Boyer
  • Journée champêtre en costumes d’époque
  • Déjeuner 1900 orchestré par les Toques d’Auvergne
  • Illustration de l’événement par des artistes peintres
  • Exposition rétro – Fanfare et spectacle folklorique
  • Marché de pays et animations diverses
  • Concours de costumes et de photographies amateurs

Programme détaillé de la journée :

  • 9h00 Ouverture de la journée
  • 10h20 Spectacle de l’inauguration
  • 11h45 Déjeuner
  • 13h30 Spectacle folklorique et Lyre Sanfloraine
  • 13h45 Passage du premier train
  • 15h15 Arrivée du 2e train et dévoilement de la plaque MH
  • 16h30 Réception des peintres et de leurs réalisations
  • 17h30 Aubade finale et fin de la journée

Pour venir :

Autoroute A75 – sortie 30 (Ruynes) ou 31 (Loubaresse)

Renseignements complémentaires :  

amisgarabit@gmail.com / www.amisgarabit.com / 06 77 04 73 41

Le 30 juin 1878, il y a tout juste 140 ans, était inauguré la ligne de chemin de fer franchissant le Lima à Viana Do Castelo, sur ce qu’on appelle désormais le « Pont Eiffel » ou plus exactement, en Portugais le « Ponte Eiffel ».

Ce magnifique ouvrage à double niveau (ferroviaire / routier) marque une étape importante dans le développement de la région Nord du Portugal, tout comme dans la carrière de Gustave Eiffel (c’est son 4 ème plus important chantier en terme de masse métallique).

Mr. le Maire et nos cousins Savin Yeatman-Eiffel et Feur Larnaudie-Eiffel devant le Pont Eiffel

Un train passant sur le niveau inférieur du pont

Cet anniversaire a donné lieu à une commémoration très prestigieuse avec une table ronde d’experts, la présentation officielle d’un timbre postal commémoratif, et l’inauguration d’une plaque sur le pont.

Le Programme

Aux côtés des nos cousins représentant l’ADGE, Savin Yeatman-Eiffel et Fleur Larnaudie-Eiffel, de nombreuses personnalités étaient présentes parmi lesquelles : Mr. Luis Filipe Castro Mendes, Ministre de la Culture du Portugal; Mr. Jean-Michel Casa, Ambassadeur de France au Portugal; Mme Ana Paula Zacarias, Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères du Portugal; Mr. José Maria Costa, Maire de Viana Do Castelo, et Mr. Jose Serrano Gordo, Vice Président de l’IP (Infrastructures Portugal).

Sur la photo, 4eme à partir de la gauche : Mme la Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, puis en continuant sur sa droite : Mr. Yeatman-Eiffel, Mr. le Ministre de la Culture, Mr. Le Maire de Viana Do Castelo, Fleur Larnaudie-Eiffel, Mr L’ambassadeur de France au Portugal

 

TABLE RONDE SUR LE PONT EIFFEL AU GRAND THÉÂTRE DE VIANA DO CASTELO

Les commémorations des 140 ans du pont de Viana Do Costelo ont données lieux à des interventions de plusieurs experts dont Mr. Antonio Vasconcelos, Mr. Andrade Gil, et Mr. Rui Maia. Restauré régulièrement, le pont Eiffel est le plus vieux pont ferroviaire en service au Portugal et le dernier des ponts Eiffel encore en service dans le pays. C’est aussi le plus ancien des ponts avec deux travées – routière / ferroviaire – en existence.

Intervention de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l’ADGE

Savin Yeatman-Eiffel s’est exprimé au nom de l’ADGE en rappelant l’importance de cet ouvrage dans l’œuvre d’Eiffel et ses spécificités techniques et historiques.  Le texte de son intervention est reproduit dans son intégralité à la fin de cet article.

Mr. le Maire, Mr le Ministre & Mme la Secrétaire d’Etat

La table ronde a été suivie d’une reconstitution d’un épisode lié à l’ouverture du Pont Eiffel par des acteurs en costumes d’époque, qui a remporté un vif succès.

 

PRÉSENTATION OFFICIELLE DU TIMBRE POSTAL COMMÉMORATIF DES 140 ANS

Pour fêter comme l’anniversaire du « Ponte Eiffel », la Poste Portugaise a édité un timbre spécial. Ce nouveau timbre a été tamponné puis signé devant la presse par Savin Yeatman-Eiffel, représentant de l’ADGE, ainsi que, entre autre, Mr. Luis Filipe Castro Mendes, Ministre de la Culture du Portugal, Mme. Ana Paula Zacarias, Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères et Mr. Jean-Michel Casa, Ambassadeur de France au Portugal.

Mr. le Maire tamponnant le nouveau timbre

Savin Yeatman-Eiffel et Mr. l’Ambassadeur Jean-Michel Casa

Signatures des invités à coté du nouveau timbre

 

INAUGURATION DE LA PLAQUE COMMÉMORATIVE DES 140 ANS

Les commémorations ce sont terminées à côté du pont Eiffel par la découverte d’une plaque commémorative, en souhaitant à ce bel ouvrage de rester en service au moins pour les 140 années à venir.

Sur la photo, de gauche à droite : Mme. Maria José Afonso Guerreiro Da Silva, conseillère municipale en charge de la culture et du tourisme ; Mr. Jean-Michel Casa, Ambassadeur de France au Portugal ; nos cousins Savin Yeatman-Eiffel et Fleur Larnaudie-Eiffel ; Mr. Luis Filipe Castro Mendes, Ministre de la Culture du Portugal ; et Mme. Ana Paula Zacarias, Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères.

 

TEXTE DE L’INTERVENTION DE SAVIN YEATMAN-EIFFEL :

« Je remercie tout d’abord Mr. le Maire de Viana Do Castelo pour son invitation, ainsi que tous les autres partenaires et participants à cette belle commémoration.

Je suis aujourd’hui parmi vous, accompagné de ma cousine Fleur Larnaudie-Eiffel, en tant que descendant de Gustave Eiffel – Gustave était notre arrière-arrière-arrière grand père – ainsi qu’en tant que représentant de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, association familiale dont l’objet est de défendre et de promouvoir la mémoire du grand ingénieur, et de veiller à la préservation de son œuvre.

En tant que descendants de Gustave Eiffel, tout d’abord, c’est une vraie émotion de marcher, 140 années plus tard, sur les traces de notre ancêtre, qui est venu régulièrement ici pour superviser le chantier de construction de son pont. Et ce d’autant plus, en ce qui me concerne, qu’il est venu ici accompagné de mon arrière-arrière grand-mère, Claire, sa fille ainée.

Claire évoque ce voyage dans sa correspondance. Il la mena avec son père à Viana Do Castelo et sur les autres chantiers de la ligne ferroviaire de Minho dont il avait la charge. En la lisant, on se rend compte que ce type de voyage n’était pas de tout repos. Il n’y avait pas encore de voitures à moteur, juste des voitures à cheval sur des routes parfois difficiles. Il n’y avait pas même encore de train puisque la ligne était en construction. On se rend compte également à quel point la révolution du rail a depuis profondément changé nos modes de vie et la physionomie de toute cette région.

Quelque mois après le début du chantier du pont de Viana Do Castelo, en septembre 1877, la femme de Gustave Eiffel était morte tragiquement, à seulement 32 ans. Pour Gustave, qui tenait énormément à son épouse, ce fut un choc terrible, et qui intervenaient aussi au pire moment, alors qu’il était aux prises avec des chantiers extrêmement complexes à travers toute l’Europe. Claire est venue l’accompagner au Portugal pour le soutenir moralement et l’aider à traverser cette épreuve. A partir de ce voyage, elle gardera une place prépondérante aux côtés de son père, devenant à la fois sa plus étroite conseillère et la maitresse de maison en charge de ses frères et sœurs cadets.

En m’exprimant maintenant en tant que représentant de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, nous espérons que notre présence ici aidera à souligner l’importance singulière du pont Eiffel de Viana Do Castelo dans le patrimoine laissé au monde par Gustave Eiffel, ce que le grand public ne réalise sans doute pas suffisamment encore.

En termes de pure masse métallique tout d’abord, avec ses 2300 tonnes, le Pont Eiffel est le 4eme plus important chantier de Gustave Eiffel derrière la Tour Eiffel (7000t), le pont de Cubzac (3300t) et le pont de Garabit (3200t).

Au niveau technique et financier, c’est un énorme défi qui restera longtemps dans les annales. Mr. Vasconcelos nous a rappelé tout à l’heure certaines des spécificités du pont. Je reviens rapidement sur quelques autres :

– Sa conception – un pont à double niveau – a été très peu utilisée.

– Son budget (1.800.000 francs de l’époque) et sa durée de construction (14 mois tout juste) sont très inférieurs à ce qui se pratiquait à la même époque pour des projets de cette envergure. Grâce à leur extrême rigueur et leurs innovations permanentes, il n’était pas rare à la même période que les projets des Établissements Eiffel, pour ambitieux qu’ils puissent être, soient 3 fois moins cher que la concurrence – et ils étaient toujours eux, contrairement à d’autres, terminés rigoureusement dans les temps impartis.

– Au niveau technique, Eiffel réutilise à Viana Do Castelo des méthodes qu’il avait déjà expérimentées auparavant, comme la construction des fondations des piles du pont à l’air comprimée ou la technique du lançage de la travée centrale sur des galets à bascule (breveté Eiffel) pour rejoindre une pile à une autre. Mais la dimension de l’ouvrage – 736 mètres dont 563 m pour le franchissement du fleuve proprement dit – oblige Eiffel à pousser ces techniques encore beaucoup plus loin que d’habitude. En 1878,  il faut s’imaginer que les rares machines utilisées sont mues à la vapeur et que l’essentiel du travail se fait encore à main d’homme. A Viana Do Castelo, les ouvriers d’Eiffel ont fait avancer centimètres par centimètres, à la force des bras, une travée d’au final 1600 tonnes et 560 mètres de long – ce qui était un exploit sans équivalent dans le monde à cette époque. Aujourd’hui, si la technique du lançage d’Eiffel continue à être utilisée selon les mêmes principes dans la construction des grands ponts modernes, la force des ouvriers a été remplacée par de puissants vérins hydrauliques.

Au niveau de la carrière d’Eiffel, le « Ponte Eiffel » marque aussi, avec le pont Maria Pia de Porto et la Gare de Budapest, un tournant majeur. Le succès technique et financier, et aussi esthétique, de ces trois constructions, très différentes les unes des autres, va avoir un très grand retentissement à l’international et va faire définitivement faire entrer les Établissements Eiffel dans la cours des grands constructeurs / bâtisseurs mondiaux de la seconde moitié du XIXème siècle, un succès qui culminera 11 ans plus tard par la construction de la Tour Eiffel. Sans surprise, ce sont ces trois projets que Gustave Eiffel mis en avant lorsqu’il présenta son travail au public au cours de l’exposition universelle de 1878 à Paris.

Beaucoup d’ouvrages d’Eiffel ont aujourd’hui malheureusement disparus, détruits par les guerres ou pour faire place à de nouvelles structures de remplacement, y compris sur la ligne de Minho. A ce propos, j’ai été très attristé de découvrir, il y a quelques mois, les photos des restes du pont de l’Ancora, qui rouillent désormais dans un champ à 40 kilomètres de leur emplacement d’origine, et j’espère que le projet de Mr. Rui Maia, évoqué tout à l’heure, permettra de réhabiliter cette structure.

L’association des Descendants de Gustave Eiffel se bat dés qu’elle en à l’occasion pour assurer la pérennité des ouvrages de notre ancêtre, dont les prouesses techniques et architecturales font parti de notre histoire. Contrairement à d’autre sites pour lequel nous avons véritablement du livrer bataille pour protéger des constructions menacée, comme il y a quelques années à Bordeaux, en France, nous sommes très heureux de voir tout le soin qui a été apporté ici à la préservation du Pont Eiffel de Viana Do Castelo, régulièrement restauré et utilisé sans interruption depuis sa construction. Nous ne pouvons que souhaiter de le voir continuer à remplir ainsi son rôle, et à défier si majestueusement le temps, pour encore au moins les 140 années à venir…

Savin Yeatman-Eiffel – Viana Do Castelo – le 30 juin 2018 »

La classe de troisième du lycée professionnel Gustave Eiffel de Tours a réalisé avec la bénédiction de notre association un grand portrait de Gustave Eiffel de 2mx2m en pixels de métal.

 

 

 

 

 

 

Ce beau portrait, qui domine désormais le campus, a été inauguré vendredi dernier 18 mai pour la plus grande fierté des élèves ainsi que de son équipe de professeurs, parmi lesquels Pascal Lacoste, le coordinateur du projet. Nous souhaitons à tous ces jeunes élèves d’aborder leurs projets futurs avec la même passion, et désormais sous le regard bienveillant du grand ingénieur !

Le 14 octobre dernier, la Société des Compagnons Charpentiers des Devoirs du Tour de France fêtait  au cimetière de Meudon le centenaire d’un de ses membres les plus illustres: Eugêne Milon, chef de chantier de la Tour Eiffel.

Cérémonie du centenaire de la mort d'Eugène Milon

Cérémonie du centenaire de la mort d’Eugène Milon

Centenaire_EMilon

L’ADGE était représenté par son trésorier Savin Yeatman-Eiffel, qui rappela dans un bref discours l’importance des ouvriers sur les chantiers d’Eiffel, à une époque où la majeure partie du travail restait faite à force d’homme, avec le soutien ponctuel de grues à vapeur, ainsi que le respect profond et mutuel existant entre le grand ingénieur et l’ensemble de ses collaborateurs, et tout particulièrement Messieurs Nouguier, Kœchlin, Salles, Compagnon et Milon.

 

Eugène Milon

Eugène Milon

Voici ci-dessous le texte du discours prononcé par Claude Chevalier, Vice-président des Compagnons Charpentiers Des Devoirs. Il retrace notamment en détail le parcours professionnel d’Eugène Milon, et cite un long et très intéressant extrait de l’oraison funèbre prononcée par Gustave Eiffel lors des obsèques d’Eugène Milon.

De gauche à droite: Louis Lemenu, responsable du musée de la Fédération Compagnonnique;
Armand Dubois, rouleur des C. Charpentiers. Des Devoirs;
Madame Daniel, Mère des Compagnons Charpentiers des Devoirs de Paris;
Savin Yeatman-Eiffel, Trésorier de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel;
Claude Chevalier, Vice-Président des Compagnons charpentiers Des Devoirs;
Bernard Hodac, PDG de la Société OSMOS qui surveille la stabilité de la Tour Eiffel

« Notre Mère, M YEATMAN-EIFFEL, M. HODAC et vous tous chers Compagnons, nous sommes rassemblés autour de cette tombe  d’Eugène MILON Guépin le Soutien de Salomon pour lui témoigner notre reconnaissance, à l’occasion du centenaire de son décès.

Ce Compagnon Charpentier du Devoir de Liberté incarnait à lui seul les valeurs fondamentales du compagnonnage qui sont espérance en un avenir meilleur mais aussi reconnaissance envers tous ceux qui nous ont précédés et sans qui nous ne serions pas là.

En effet, malgré toutes ses responsabilités, jusqu’à la fin, il a su rester fidèle à ses jeunes engagements envers sa société compagnonnique, à servir la cause du Tour de France et de la charpente en bois. Mais son besoin d’accroître sans cesse ses connaissances techniques, son goût de la nouveauté, vont le conduire dans des domaines éloignés de celui où il avait acquis ces premières compétences. Il pensait que la charpente en fer ne devait pas concurrencer la charpente en bois mais quelle avait sa spécificité et que les charpentiers, pour étendre leur champ d’activité, devaient aussi s’y intéresser. Les techniques de levage, ne sont-elles pas similaires ?

Eugène MILON est né le 23 septembre 1859 à Loury, dans un village du Gâtinais en dessous d’Orléans dans une famille de cordonnier. Au sortir de l’école communale à 14 ans, le jeune Milon gouta au métier de son père puis fût apprenti maçon. Mais ses Goûts l’appelaient ailleurs, il se fit embaucher chez le charpentier du Pays, Jules MATHIEU. Là, il fera la rencontre d’un autre apprenti, Julien JAHIER et c’est ensemble qu’ils partiront faire leur Tour de France. Tous deux furent reçus compagnons charpentiers du Devoir de Liberté à Nantes pour la Saint Pierre 1877. Julien JAHIER fut Guépin La Fidélité et Eugène MILON, Guépin le soutien de Salomon.

Les deux amis et frères en compagnonnage descendront ensemble à Bordeaux en septembre 1877. Après son service militaire de 4 ans, julien jAHIER redescendra dans son pays pour se mettre à son compte et se spécialisera entre autre dans la construction des Moulins. L’entreprise perdure toujours et aujourd’hui, son arrière, arrière petit fils Richard, également Compagnon Charpentier, est parmi-nous et nous l’en remercions.

Quant à Eugène MILON, il rejoindra la Cayenne de Toulouse puis reviendra sur Bordeaux et sera recruté par un grand constructeur, à l’état de service impressionnant, charpentier de son état, Jean COMPAGNON de vingt et un an son aîné. Il le fera embaucher avec lui pour le seconder dans les établissements EIFFEL.

Les trois hommes s’apprécieront beaucoup, chacun dans leur rôle. Il suffit pour cela de citer cet extrait de l’oraison funèbre prononcée par Gustave EIFFEL lors des obsèques d’Eugène MILON.

« Je tiens à rappeler les rares qualités, je dirai même les vertus de l’homme à qui nous venons de rendre les derniers devoirs et dont nous déplorons la perte.

Je le dois d’autant plus, qu’il a été le collaborateur fidèle de mes travaux pendant près de quarante ans; que pendant cette longue période ­où il parcourut tous les échelons, depuis l’emploi de chef charpentier jusqu’à celui de chef de chantier de montage, et dans ces dernières années, jusqu’aux fonctions directoriales de l’exploitation de la Tour Eiffel.

Pendant ces années de collaboration où j’appris à le connaître de mieux en mieux, je n’ai jamais eu l’ombre d’un reproche à lui faire. Il ne s’est jamais élevé le moindre nuage entre nous, et je n’ai eu, en toute occasion, que des éloges à lui adresser pour la façon dévouée et supérieurement intelligente dont il accomplissait le travail dont il était chargé.

Je ne rappellerai, parmi ces grands travaux que le Viaduc de Garabit, dont tous vous avez sans doute entendu parler, ainsi que le montage de la Tour Eiffel, qui furent exécutés par Milon, sous la direction d’un autre de mes collaborateurs Jean Compagnon, dont je dois rappeler le nom à côté du sien, parce qu’ils furent toujours unis jusqu’à l’achèvement de la Tour.

Milon fit, dans la conduite de ces chantiers, preuve des rares qualités qu’il possédait pour le commandement des hommes, pour sa prévision des détails des manœuvres parfois dangereuses et toujours difficiles auxquelles il présidait dans les conditions les plus périlleuses, toujours au-dessus d’un vide effrayant.

Et enfin par sa prudence sans cesse en éveil, grâce à laquelle, pendant le montage de la Tour notamment, il ne se produisit aucun accident ayant entraîné mort d’homme. Cela est l’œuvre particulière de ce Chef de Chantier incomparable, pour laquelle il ne peut y avoir trop d’éloges. » fin de la citation.

Avant son service militaire, il travaillera comme chef charpentier aux viaducs de Garabit dans le cantal (où il se fera remarquer)  avec le levage d’arcs de 165m de portée à 124m au dessus du vide ainsi qu’au viaduc de saint André de Cubzac en gironde.

A son retour du service militaire au 27ième régiment d’infanterie de Dijon de 1880 à 1884, il réintègrera l’entreprise Eiffel.

De 1884 à 1886, il aura la responsabilité comme chef monteur des chantiers suivants pour ne citer que les principaux:

– Viaduc de la Tardes en Creuse
– Pont de la ligne de Questembert à Ploërmel dans le Morbihan
– Pont de Moranne sur la Sarthe en Maine et Loire
– Pont de la ligne de Caen à Aunay dans le Calvados
– Pont de la ligne de Vire à St Lô dans la Manche.
– Ponts et passerelles de la gare d’Evreux.

En 1887 comme chef de chantier il aura la direction du Viaduc de Collonges dans la Saône et du pont de Montélimar dans le Rhône avant de prendre la responsabilité du levage de la Tour Eiffel. Le chantier qui changera totalement sa vie et qui fera qu’à ses compétences de charpentier, de grand levageur, de meneur d’hommes, il a ajouté des connaissances de mécanique, d’hydraulique, d’électricité et participera même aux travaux  d’aérodynamique avec Gustave EIFFEL.

C’est la rencontre de deux audacieux. Il fallait beaucoup d’audace à Gustave EIFFEL pour confier la direction d’un tel chantier à un jeune homme de vingt sept ans, mais l’ingénieur était sûr de l’homme et avait pu apprécier ses mérites au travers des différents chantiers. Mais il n’y avait pas moins d’audace dans l’acceptation d’Eugène MILON pour assumer une telle responsabilité sous les ordres de Jean COMPAGNON promu ingénieur. Sa première tache consista à recruter le personnel dont il avait besoin pour conduire à bien sa mission. La sécurité sera sa priorité. Un historien de la Tour écrira « Le plancher monte avec l’homme, le défend contre le vertige et lui assure la plénitude de ses facultés et la sécurité des mouvements ».

De chef de chantier, il s’est élevé peu à peu, progressivement, par un travail personnel considérable, aux connaissances générales d’un ingénieur mécanicien selon les dires de son employeur.

A la fin du levage de la Tour de 300m, Gustave EIFFEL le nommera chef de service de la Tour, puis deux ans plus tard en 1891, directeur d’exploitation de la Tour. Il le restera jusqu’à sa mort prématurée le 20 septembre 1917 alors qu’il allait avoir cinquante huit ans.

Cette activité l’accaparera à plein temps, avec une entorse en 1911, pour diriger le Théâtre des Champs Elysées, Avenue Montaigne, où il se montra à la fois architecte, constructeur et ingénieur toujours selon l’expression de Gustave EIFFEL.

En parallèle à cette vie professionnelle, lors de son séjour dans l’ouest, il fit la connaissance de son épouse Eugénie POULIGUEN à Roc St André  qu’il épousera le 27  août 1887. Ils eurent 2 filles.

En somme l’on peut dire qu’en 1887, il épousa à la fois sa femme et la Tour Eiffel.

Guépin le Soutien de Salomon a été aussi professeur de charpente à Bordeaux et Toulouse, officier d’académie en 1889 et chevalier de la légion d’honneur en 1900. Il était également membre de la société des ingénieurs civils.

Alors, aujourd’hui par ce modeste hommage, nous mettons à l’honneur un Compagnon qui avait su développer les qualités supérieures par lesquelles un homme s’élève au dessus des hommes ordinaires. Mais nous voulons aussi y associer tous ces oeuvriers de l’ombre avec leurs mains industrieuses qui transforment dans l’indifférence totale le savoir en savoir faire ; l’idée, les théories, les plans en réalité. En somme, ils sont cette courroie de transmission indispensable entre l’abstrait et le concret.

Je voudrais aussi sur un autre plan remercier les deux promoteurs et chevilles ouvrières de cette commémoration que sont Louis LEMENU et Jean François MALTHETE. Merci aussi à notre Mère DANIEL et aux Compagnons d’autres Cayennes et Sociétés qui se sont joints à nous.

Et une reconnaissance particulière à M Savin YEATMAN-EIFFEL, arrière, arrière, arrière petit fils de l’illustre ingénieur  qui a construit avec tous ces collaborateurs, à l’époque, la plus haute tour du monde et à M Bernard HODAC PDG de la Société OSMOS qui en surveille sa stabilité, d’avoir bien voulu nous faire l’honneur de leurs présences parmi-nous aujourd’hui. Par leur sympathie et bienveillance, ils honorent tout le compagnonnage.

Cent ans après qu’Eugène MILON nous ait quittés, nous nous souvenons encore de son œuvre, nous gardons le souvenir de ce que fut son existence et le remercions pour l’exemple qu’il nous a donné. Souvenons-nous de lui et de ceux de sa trempe car en toute simplicité, ils furent grands.

Il a démontré que modernisme et tradition ne s’opposent pas mais sont au contraire complémentaires. Pour conclure, je dirai en empruntant à  Ernest RENAN  que  « Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un profond respect du passé ».

Guépin Le Soutien De Salomon était de ceux là. »

L’Association des Descendants de Gustave Eiffel est heureuse d’avoir collaboré à l’émission de Stéphane Bern « Visite Privée », dont une grande partie de l’émission du 7  Février dernier était consacrée aux ouvrages de Gustave Eiffel en Gironde.

Myriam Larnaudie-Eiffel expliquant l'historique de la passerelle Eiffel de Bordeaux

Myriam Larnaudie-Eiffel expliquant l’historique de la passerelle Eiffel de Bordeaux

Notre cousine Myriam Larnaudie-Eiffel, très engagée dans la sauvegarde de la passerelle Eiffel de Bordeaux, a su avec talent signifier l’importance de cet ouvrage, tout comme celui du Pont de Cubzac dans la carrière du grand ingénieur.

Jacques Coupérie-Eiffel au milieu de souvenirs de Gustave Eiffel

Jacques Coupérie-Eiffel au milieu de souvenirs de Gustave Eiffel

Notre cousin Jacques Coupérie-Eiffel a apporté quant à lui une dimension plus intimiste en faisant découvrir des souvenirs conservés par les descendants d’Edouard Eiffel sur sa propriété proche de Bordeaux.

L’émission complète est visible en catch-up sur le lien suivant: Visite Privée 07/02/2017

Attendue depuis plusieurs années, la restauration de l’œuvre monumentale dédiée à Gustave Eiffel par Robert Rigot (Lauréat en 1954 du premier Grand Prix de Rome) a enfin commencé. Notre association, qui a pris une part active dans le processus, s’en félicite et remercie la Mairie de Dijon ainsi que Sandrine Balan, la Conservatrice du patrimoine, de leur aimable soutien.

Il faut dire que cette restauration, que nous avons sollicitée à plusieurs reprises par le passé, ne pouvait plus attendre. La gigantesque statue de métal n’avait jamais été repeinte depuis son installation sur le lieu de naissance de Gustave Eiffel en 1981, et elle montrait des signes de corrosion et d’usure de plus en plus préoccupants. C’est la société ADSP, qui a déjà collaboré avec le sculpteur sur d’autres œuvres qui a été choisie. La seconde étape de la restauration, pour l’oiseau de Bronze à la tête de la sculpture, est prévue pour 2017.

Savin Yeatman-Eiffel.

 

Restauration du Rêve Ailé

Restauration du Rêve Ailé (crédit photo Mayalen Gauthier)

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(photo Philippe Roy)

Jean-Luc Gleyze, Président du Conseil départemental de la Gironde, Georges Palancade, Directeur du Génie civil France NGE-GC, et Alain Renard, Vice-président du Conseil départemental de la Gironde, ont officiellement lancé le 2 juin 2016 les travaux de réhabilitation du pont Eiffel sur la Dordogne. Etaient également présents le sénateur Philippe Madrelle, ancien président de la Gironde, le maire de Saint-Vincent de Paul, Max Colès, le maire de Cubzac-les-Ponts, Alain Tabone, ainsi que nos cousins Myriam Larnaudie-Eiffel et Alain Coupérie-Eiffel.

(photo: Philippe Roy)

(photo Philippe Roy)

Les travaux, très attendus et auxquels notre association a été associée depuis le départ (cf. nos précédentes news sur le sujet), comprennent la rénovation des deux viaducs en pierre conduisant jusqu’au pont, et la création d’une passerelle pour les piétons et les cyclistes, conçue spécialement pour ne pas dénaturer la silhouette de l’ouvrage d’Eiffel.

Alain Coupérie-Eiffel et Myriam Larnaudie-Eiffel en compagnie du Président de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, et du Vice-président Alain Renard (crédit photo Philippe Roy).

Nos cousins avec le Pdt de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, et le V-P Alain Renard (photo Philippe Roy).

Myriam Larnaudie-Eiffel en compagnie du Président de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, et du Vice-président Alain Renard.

 

 

 

 

 

 

 

Les travaux vont commencer par la pile de culée de la rive droite, sur laquelle repose le pont métallique. Et il y avait urgence: elle s’incline dangereusement vers la rivière. Des micropieux en béton seront coulés en profondeur pour la stabiliser définitivement.

C’est le groupe de travaux publics NGE qui est en charge de ces rénovations et aménagements, pour un montant total de 26,8 millions d’euros. Jean-Luc Gleyze a d’ailleurs précisé qu’il s’agissait « du chantier majeur de la mandature ». Il devrait se terminer en octobre 2017.

Pour rappel, le pont routier de Cubzac a été achevé par Gustave Eiffel en 1883, en réutilisant les piles d’un ancien pont suspendu emporté par une tempête en 1869. La longueur totale de l’ouvrage fait plus de 1500 mètres avec une longueur de pont de 552 mètres divisée en huit travées, dont les intermédiaires ont une ouverture de 72 mètres, pour un poids de plus de 3000 tonnes. L’obligation de réutiliser les piles et les viaducs existant posait de gros problèmes techniques. Pour y parvenir, Eiffel innove en combinant ses procédés de lançage à partir des deux côtés et du porte à faux pour la partie centrale.

Myriam Larnaudie-Eiffel et Alain Coupérie-Eiffel devant le pont de Cubzac

Myriam Larnaudie-Eiffel et Alain Coupérie-Eiffel devant le pont de Cubzac

Nous ne pouvons que nous féliciter de ces travaux. Ils pérennisent pour les années à venir ce bel ouvrage, étape importante dans l’œuvre de notre ancêtre.

Savin Yeatman-Eiffel

La dernière AG de notre association a été particulièrement réussie. Organisée dans la grande salle de réunion du pilier Nord de la Tour Eiffel, elle a été suivie d’une chaleureuse collation et d’une visite en groupe des nouveaux aménagements du premier étage (voir également l’article de fond, rédigé à cette occasion sur les aménagements).

Une petite pause après les discussions

Une petite pause après d’intenses discussions

L’AG a été l’occasion d’un exposé très détaillé de notre cousine Myriam sur les dernières avancées de la réhabilitation de la passerelle Eiffel de Bordeaux, ainsi que sur les autres sites Eiffel en danger ou en cours de rénovation pour lesquels nous sommes en contact avec les pouvoirs publics. Notre conseil, Maitre Dauzier, nous a également fait le plaisir de se joindre à nous pour faire le point sur les différentes actions juridiques en cours, notamment concernant notre procès pour faire annuler les marques commerciales « Gustave Eiffel ».

Visite des nouveaux aménagements

Visite des nouveaux aménagements

AG - 2016, toutes les générations étaient représentées!

Toutes les générations étaient représentées!