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ADGE

L’Association des Descendants de Gustave Eiffel est heureuse d’avoir collaboré à l’émission de Stéphane Bern “Visite Privée”, dont une grande partie de l’émission du 7  Février dernier était consacrée aux ouvrages de Gustave Eiffel en Gironde.

Myriam Larnaudie-Eiffel expliquant l'historique de la passerelle Eiffel de Bordeaux

Myriam Larnaudie-Eiffel expliquant l’historique de la passerelle Eiffel de Bordeaux

Notre cousine Myriam Larnaudie-Eiffel, très engagée dans la sauvegarde de la passerelle Eiffel de Bordeaux, a su avec talent signifier l’importance de cet ouvrage, tout comme celui du Pont de Cubzac dans la carrière du grand ingénieur.

Jacques Coupérie-Eiffel au milieu de souvenirs de Gustave Eiffel

Jacques Coupérie-Eiffel au milieu de souvenirs de Gustave Eiffel

Notre cousin Jacques Coupérie-Eiffel a apporté quant à lui une dimension plus intimiste en faisant découvrir des souvenirs conservés par les descendants d’Edouard Eiffel sur sa propriété proche de Bordeaux.

L’émission complète est visible en catch-up sur le lien suivant: Visite Privée 07/02/2017

Attendue depuis plusieurs années, la restauration de l’œuvre monumentale dédiée à Gustave Eiffel par Robert Rigot (Lauréat en 1954 du premier Grand Prix de Rome) a enfin commencé. Notre association, qui a pris une part active dans le processus, s’en félicite et remercie la Mairie de Dijon ainsi que Sandrine Balan, la Conservatrice du patrimoine, de leur aimable soutien.

Il faut dire que cette restauration, que nous avons sollicitée à plusieurs reprises par le passé, ne pouvait plus attendre. La gigantesque statue de métal n’avait jamais été repeinte depuis son installation sur le lieu de naissance de Gustave Eiffel en 1981, et elle montrait des signes de corrosion et d’usure de plus en plus préoccupants. C’est la société ADSP, qui a déjà collaboré avec le sculpteur sur d’autres œuvres qui a été choisie. La seconde étape de la restauration, pour l’oiseau de Bronze à la tête de la sculpture, est prévue pour 2017.

Savin Yeatman-Eiffel.

 

Restauration du Rêve Ailé

Restauration du Rêve Ailé (crédit photo Mayalen Gauthier)

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(photo Philippe Roy)

Jean-Luc Gleyze, Président du Conseil départemental de la Gironde, Georges Palancade, Directeur du Génie civil France NGE-GC, et Alain Renard, Vice-président du Conseil départemental de la Gironde, ont officiellement lancé le 2 juin 2016 les travaux de réhabilitation du pont Eiffel sur la Dordogne. Etaient également présents le sénateur Philippe Madrelle, ancien président de la Gironde, le maire de Saint-Vincent de Paul, Max Colès, le maire de Cubzac-les-Ponts, Alain Tabone, ainsi que nos cousins Myriam Larnaudie-Eiffel et Alain Coupérie-Eiffel.

(photo: Philippe Roy)

(photo Philippe Roy)

Les travaux, très attendus et auxquels notre association a été associée depuis le départ (cf. nos précédentes news sur le sujet), comprennent la rénovation des deux viaducs en pierre conduisant jusqu’au pont, et la création d’une passerelle pour les piétons et les cyclistes, conçue spécialement pour ne pas dénaturer la silhouette de l’ouvrage d’Eiffel.

Alain Coupérie-Eiffel et Myriam Larnaudie-Eiffel en compagnie du Président de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, et du  Vice-président Alain Renard (crédit photo Philippe Roy).

Nos cousins avec le Pdt de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, et le V-P Alain Renard (photo Philippe Roy).

Myriam Larnaudie-Eiffel en compagnie du Président de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, et du Vice-président Alain Renard.

 

 

 

 

 

 

 

Les travaux vont commencer par la pile de culée de la rive droite, sur laquelle repose le pont métallique. Et il y avait urgence: elle s’incline dangereusement vers la rivière. Des micropieux en béton seront coulés en profondeur pour la stabiliser définitivement.

C’est le groupe de travaux publics NGE qui est en charge de ces rénovations et aménagements, pour un montant total de 26,8 millions d’euros. Jean-Luc Gleyze a d’ailleurs précisé qu’il s’agissait “du chantier majeur de la mandature”. Il devrait se terminer en octobre 2017.

Pour rappel, le pont routier de Cubzac a été achevé par Gustave Eiffel en 1883, en réutilisant les piles d’un ancien pont suspendu emporté par une tempête en 1869. La longueur totale de l’ouvrage fait plus de 1500 mètres avec une longueur de pont de 552 mètres divisée en huit travées, dont les intermédiaires ont une ouverture de 72 mètres, pour un poids de plus de 3000 tonnes. L’obligation de réutiliser les piles et les viaducs existant posait de gros problèmes techniques. Pour y parvenir, Eiffel innove en combinant ses procédés de lançage à partir des deux côtés et du porte à faux pour la partie centrale.

Myriam Larnaudie-Eiffel et Alain Coupérie-Eiffel devant le pont de Cubzac

Myriam Larnaudie-Eiffel et Alain Coupérie-Eiffel devant le pont de Cubzac

Nous ne pouvons que nous féliciter de ces travaux. Ils pérennisent pour les années à venir ce bel ouvrage, étape importante dans l’œuvre de notre ancêtre.

Savin Yeatman-Eiffel

La dernière AG de notre association a été particulièrement réussie. Organisée dans la grande salle de réunion du pilier Nord de la Tour Eiffel, elle a été suivie d’une chaleureuse collation et d’une visite en groupe des nouveaux aménagements du premier étage (voir également l’article de fond, rédigé à cette occasion sur les aménagements).

Une petite pause après les discussions

Une petite pause après d’intenses discussions

L’AG a été l’occasion d’un exposé très détaillé de notre cousine Myriam sur les dernières avancées de la réhabilitation de la passerelle Eiffel de Bordeaux, ainsi que sur les autres sites Eiffel en danger ou en cours de rénovation pour lesquels nous sommes en contact avec les pouvoirs publics. Notre conseil, Maitre Dauzier, nous a également fait le plaisir de se joindre à nous pour faire le point sur les différentes actions juridiques en cours, notamment concernant notre procès pour faire annuler les marques commerciales « Gustave Eiffel ».

Visite des nouveaux aménagements

Visite des nouveaux aménagements

AG - 2016, toutes les générations étaient représentées!

Toutes les générations étaient représentées!

En 1884, Gustave Eiffel construit un pont sur la rivière du Vecchio, sur la commune de Vivario au centre de l’île de Corse pour la ligne de train à voie unique et à voie métrique qui reliait Bastia à Ajaccio.

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C’est un pont spectaculaire qui surplombe la rivière à plus de 90 mètres de haut. En raison des prolongations curvilignes de la voie ferrée dont un tunnel de 155 mètres, Eiffel n’a pas pu utiliser la technique du lançage du tablier qu’il avait mise au point pour la plupart de ses ponts, il fit appel à son autre technique de construction, celle du porte à faux qui consiste à construire sans échafaudage en fixant les pièces du tablier par boulonnage puis rivetage l’une après l’autre au dessus du vide. Les culées en maçonnerie sont évidées par une élégante arcature de huit mètres de diamètre. Le tablier métallique a une longueur de 140 mètres avec trois travées continues reposant sur deux élégantes piles de maçonnerie à bossage de 58 mètres de hauteur. Le pont a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 29 juillet 1976.

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Inaugurée en 1885, la ligne Bastia – Ajaccio utilisait des locomotives à vapeur à deux groupes de deux essieux moteur pour affronter les pentes, conçues par l’ingénieur suisse Jules-Théodore-Anatole Mallet qui restèrent en fonction jusqu’au début des années 1930, date à laquelle elles furent remplacées par des michelines à moteur diésel.

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Sylvain Yeatman-Eiffel – photos : Evelyne Yeatman-Eiffel

La réhabilitation de la passerelle Eiffel est en bonne voie et prend un nouvel essor:

Les travaux de confortement viennent hier d’être autorisés et considérés en bonne et due forme par l’architecte des Bâtiments de France. Également l’autorisation d’occupation du plan d’eau Garonne ce qui est loin d’être évident avec les contraintes environnementales de l’estuaire.

La notification de marché est faite et le temps des appels d’offre commence pour des travaux qui auront lieu premier trimestre 2016 pour 14 mois pour un budget de 3.7 M d’euros. Il y aura dans le cadre de ces travaux la recréation de piles en pierre à l’identique des existantes côté gare ainsi que diverses mesures pour permettre un nouvel usage essentiellement “ doux “ de la Passerelle.

 

Photo: Denis Garin

Photo: Denis Garin

Merci à notre cousine Myriam pour ces bonnes nouvelles, et pour son travail au sein de l’association “Sauvons la passerelle Eiffel”.

 

Pont Routier de Cubzac

Pont Routier de Cubzac

Après celui de la Passerelle Eiffel de Bordeaux, dont nous faisions état fin mai, un autre important chantier de restauration se prépare  à court terme : celui du Pont Routier Eiffel de Cubzac.

L’objectif principal est de conforter les voûtes des deux viaducs d’accès de façon pérenne.

 

Elevation du Pont de Cubzac

Elevation du Pont de Cubzac

 

Arches menant au pont métallique Eiffel

Arches menant au pont métallique Eiffel

Le  Département de la Gironde souhaite également profiter de ces travaux de confortement  sur  l’ouvrage pour y intégrer un cheminement piétons et cycles sur la Dordogne. Un éclairage éventuel de l’ensemble des ouvrages est aussi à l’étude.

 

IMPLANTATION DE LA PISTE SUR LE PONT METALLIQUE

IMPLANTATION DE LA PISTE SUR LE PONT METALLIQUE

 

Ce projet a fait l’objet d’un concours. Le lauréat est l’architecte du Pont Baccalan Bastide bel hommage à Gustave Eiffel et  la modernité de son oeuvre.

Le 26 mai dernier, l’ADGE, sur la sollicitation du Conseil général, était présente à la réunion de concertation des travaux à venir en la personne de notre cousine Myriam Larnaudie-Eiffel. Très honorée d’être associée à la valorisation de ce projet, notre famille agira en faveur de ce patrimoine que représente Le Pont de Cubzac.

Plus d’information sur Le Pont de Cubzac ici, sur notre site.

Plus d’information sur le projet de réhabilitation du département sont disponibles ici.

Une exposition itinérante pour présenter bientôt le projet aux Girondins est à l’étude avec le soutien de notre association .

Bonne nouvelle du côté de Bordeaux. Les projets menés par l’organisme d’Etat Euratlantique se précisent et la passerelle Eiffel s’inscrit progressivement dans l’esprit des équipes des deux plans guides que sont les nouveaux quartiers « Saint Jean BELCIER » et « GARONNE EIFFEL ».

L’association de nos amis “Sauvons La Passerelle Eiffel” continue à se mobiliser sur cet important dossier et a participé à la dernière réunion de travail organisée par Euratlantique. Au cours de celle-ci, il a été confirmé que les travaux de confortement de la passerelle commenceront au premier trimestre 2016, pour une durée de 12 à 18 mois pour préparer la Passerelle à son futur usage et un montant 3 millions d’euros. Les Monuments Historiques mèneront ces travaux sous l’égide de Réseau Ferré de France toujours propriétaire de l’ouvrage. Un travail d’étude sur la configuration des accroches s’amorce, ainsi que la vérification de l’esthétique de la nouvelle pile qui va être mise en place par les monuments historiques côté gare.

A moyen terme l’objectif est de définir la nouvelle fonction de la Passerelle Eiffel véritable lien vers le quartier Garonne Eiffel et de l’adapter à son futur usage au fur et à mesure de l’émergence de ces deux quartiers bâtis dans le cadre de l’opération Euratlantique.

Nous vous tiendrons bien sur informés de toutes nouvelles avancées sur ces travaux qui concernent directement l’héritage de Gustave Eiffel.

 

Rendu du projet de réaménagement Belvedere-Garonne-Eiffel. La passerelle Eiffel est, de part son emplacement, littéralement au coeur de ce dernier.

Rendu du projet de réaménagement Belvedere-Garonne-Eiffel. La passerelle Eiffel est, de part son emplacement, littéralement au coeur de ce dernier.

La famille Eiffel était d’origine modeste, comme l’atteste leur très simple résidence du quai Nicolas Rolin à Dijon, aujourd’hui détruite, où naquis Gustave le 15 décembre 1832.

Quai Nicolas Rolin

le quai Nicolas Rolin, à Dijon, à la fin du XIXéme

Mais la situation va changer peu à peu sous l’impulsion de Catherine, la mère de Gustave. Cette fille de négociant en bois va se révéler une femme d’affaire avisée et énergique. Sentant que l’industrie se développe, elle se lance très tôt dans le commerce de houille. C’est un travail difficile qui la coupe de son fils, élevé en grande partie chez sa grand mère, mais qui lui permet de mettre de côté en quelques années un capital d’environ 300.000 francs. S’inquiétant d’un possible retournement de la conjecture économique, Catherine décide de se retirer des affaires en 1843 et place ses fonds dans la brasserie de Mr. Régneau, un brasseur de la région. C’est lui qui va lui louer un partie de la propriété qu’il occupe – le Castel – petit château du XVIII ème siècle construit en bordure de la ville. Cette nouvelle demeure témoigne de la toute nouvelle ascension sociale de la famille Eiffel. Catherine y résidera jusqu’en 1865. Si Gustave quittera rapidement Dijon pour poursuivre ses études à Paris, il reviendra régulièrement revoir ses parents dans ce charmant pavillon, et épousera également en 1862 la petite fille de Mr. Régneau: Marie Gaudelet, qu’il y côtoyait déjà dans son enfance (cf. biographie de Gustave Eiffel sur notre site).

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Sur le perron: Dosithée Berthelot-Eiffel, Sylvain et Savin Yeatman-Eiffel, Alain Coupérie-Eiffel, Fraçoise Colin, et Robert Rigot.

Le Castel et son parc sont devenus aujourd’hui une école bien connue des Dijonnais. On accède par le perron du Castel au restaurant d’application du lycée hôtelier construit dans le prolongement du bâtiment.

L'entrée du restaurant d'application du Lycée Hôtelier

L’entrée du restaurant “le Gustave” du Lycée Hôtelier

Le Castel lui même a été heureusement préservé et il a même été entièrement restauré. Mr. Fabrice Ricord, Chef des Travaux, a eu la gentillesse de nous le faire visiter. Nous profitons de cet article pour le remercier à nouveau chaleureusement de son accueil. En traversant ces pièces figées dans le temps, on semble repartir quelques 150 ans en arrière, à l’époque où Gustave et sa famille y vivait encore…

Le salon du Rez de Chaussée

Le salon du Rez de Chaussée

L'escalier

L’escalier

Une chambre du premier étage

Une chambre du premier étage

Mr. Ricord nous fait fièrement et très aimablement visiter les lieux.

Mr. Ricord nous fait fièrement et très aimablement visiter les lieux.

Le Castel a été construit en 1807 par l’architecte Martin de Noinville, élève de Mansart, à qui l’on doit également de nombreuses autres constructions à Dijon. C’est un vrai petit bijou architectural tout en finesse. Le commanditaire et premier propriétaire était Charles Legouz de Gerland, issu d’une grande famille de la région. Philippe Régneau le rachète en 1793 et transforme les dépendances en brasserie. C’est son fils Edouard qui louera une partie du pavillon principal à la famille Eiffel.

Le Castel, Gravure du fond Eiffel du Musée d'Orsay

Le Castel, gravure du fond Eiffel du Musée d’Orsay

 

Savin Yeatman-Eiffel

La Mairie de Dijon et l’Association des Descendants de Gustave Eiffel ont dévoilé hier, 18 juin 2014, une plaque commémorative sur le lieu de naissance de Gustave Eiffel au 16 quai Nicolas Rolin à Dijon.

La plaque

La relation entre le grand ingénieur et sa ville natale a été quelque peu tortueuse, ainsi que le rappelait Savin Yeatman-Eiffel, représentant de l’ADGE pour l’évènement, dans son discours (reproduit ci-après). On ne peut donc que se féliciter d’avantage de cette reconnaissance, même tardive, de la ville natale de Gustave envers un de ses fils les plus célèbres.

La plaque découverte par Alain Millot et Arion Yeatman-Eiffel – Photo Monique Lannes

La plaque a été découverte par Alain Millot, Maire de Dijon et Président du Grand Dijon, et le jeune Arion Yeatman-Eiffel (4 ans et demi) représentant la sixième génération des descendants de Gustave Eiffel.

Ont suivi, devant une foule nombreuse et chaleureuse, les discours d’Alain Millot, de Savin Yeatman-Eiffel, et de Françoise Colin, figure locale auteur d’un ouvrage sur Gustave Eiffel et résidente au 16 quai Nicolas Rolin.

Discours de Mr. Alain Millot, Maire de Dijon - Photo Monique Lannes

Discours de Mr. Alain Millot, Maire de Dijon – Photo Monique Lannes

Mr. Le Maire, Alain Millot, en présence de représentants de la 5eme et 6eme génération des descendants d'Eiffel

Mr. le Maire, Alain Millot, en présence de représentants de la 5eme et 6eme génération des descendants d’Eiffel

Discours de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l'ADGE

Discours de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l’ADGE

Discours de Françoise Colin

Discours de Françoise Colin

Robert Rigot, Grand Prix de Rome, et auteur de la sculpture monumentale “Le Rêve Ailé”, installée sur le quai depuis 1981, était également présent.

Robert Rigot, à droite - photo d'Arion

Robert Rigot, à droite – photo d’Arion

La commémoration a été suivie par un vin d’honneur servi sous des tentes le long du quai.

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Remerciements à Monique Lannes, et à Arion, pour l’aimable utilisation de leurs clichés.

 

Reproduction du discours du représentant de l’ADGE:

Je m’appelle Savin Yeatman-Eiffel, je suis membre du bureau de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel et suis chargé de la représenter aujourd’hui pour cette pose de plaque commémorative.

Pour évoquer la naissance de Gustave Eiffel, je ne voudrais pas, comme je l’avais fait en décembre dernier, évoquer son œuvre en détail. Un simple rappel de quelques unes de ses plus importantes réalisations suffira :

-        la gare de Pest en Hongrie;

-        le monumental pont Maria Pia sur le Douro au Portugal;

-        le viaduc de Garabit, au-dessus de la Truyère – avec son grand arc de 165 mètres, et ses 122 mètres de haut ;

-        la Tour Eiffel, bien sur ;

-        ou encore l’ossature de la Statue de la Liberté à New York.

Je voudrais plutôt évoquer aujourd’hui ses humbles origines, que l’on a tendance à oublier. Le site wikipédia, corrigé depuis, parlait d’Eiffel comme étant issu d’un milieu aisé. Ce n’était pas le cas. Celui qui devint un des plus grands ingénieurs de son époque ; un des premiers grands capitaines d’industrie français – construisant ponts et bâtiments aux quatre coins du monde ;  un scientifique de premier plan, père des sciences météorologiques et aérodynamiques ; un mécène ; ou encore l’ami de Thomas Edison et des plus grands de son époque ; est né sur ce quai le 15 décembre 1832 – il y a 182 ans – dans une maison tout ce qu’il y a de plus modeste, et détruite d’ailleurs malheureusement en 1961 dans une quasi-indifférence générale.

Son père, François Alexandre Boenickhausen, dit « Eiffel », était un ancien hussard des armées napoléoniennes. Sa mère, Catherine Mélanie Moneuse, était la fille d’un commerçant en bois. C’est elle la figure centrale de la famille – une « maître femme », qui a certainement  insufflée chez son fils son ambition et son désir d’entreprendre. Catherine a l’idée de se lancer très tôt dans le commerce de houille. Sa petite affaire connait un essor rapide avec le décollage industriel, mais elle prive également Gustave de ses parents (son père vient bientôt seconder Catherine dans son affaire). Le garçon est élevé majoritairement par sa grand-mère, à quelques rues d’ici – rue Turgot.

Je laisse Gustave évoquer ses premières années en sa compagnie avec ses mots à lui: « La vue (de ma grand-mère) allait constamment en s’affaiblissant, ce qui nécessita l’opération de la cataracte. Cette opération n’ayant pas réussi, la laissa absolument aveugle et je dus la guider pour ses moindres déplacements de son fauteuil à la salle à manger. Je dus chaque jour lui faire la lecture de ses offices, quoique je trouvasse cela bien fastidieux. Aussi je cherchais à en esquiver le plus possible. Quand elle s’en apercevait, elle me punissait par un coup de baguette sur les doigts, et c’est moi-même qui allait chercher cette baguette pour la lui remettre. Une seule fois j’osais me révolter et brisais la baguette ; on fit alors appel à mon père qui, ce jour là, ne m’emmena pas faire avec lui la promenade habituelle à la Place d’Armes. (…) Il la remplaça par une correction manuelle qui m’empêcha de renouveler mon acte révolutionnaire. »

Une enfance modeste, et pas toujours très rose non plus !

Gustave restera à Dijon jusqu’au bac, avant de monter à Paris pour y poursuivre ses études. S’il ne reviendra plus à Dijon qu’occasionnellement, pour rendre visite à sa famille, il n’oubliera jamais ses années d’enfance auxquelles il consacre dans ses mémoires de nombreuses pages empreintes de nostalgie. Il n’en voudra ni à sa mère de l’avoir délaissée pour son travail: elle restera sa confidente et sa première conseillère jusqu’à sa mort ; ni à sa grand-mère de l’avoir battu, écrivant ailleurs qu’au fond « elle ne frappait pas si fort ».

Dijon par contre aura longtemps la mémoire plus courte. Lorsque le célèbre ingénieur est victime d’attaques infondées, et extrêmement virulentes, à la suite de la faillite du canal de panama, pour lequel, en simple prestataire, il avait commencé à fabriquer machineries et écluses, sa ville natale décide à la hâte de débaptiser le quai et le pont qui portaient son nom. La justice va rapidement le laver de tous soupçons, pas Dijon, qui ne rendra jamais leurs noms au quai et au pont débaptisés.

Avec la destruction du pont construit par Eiffel à Dijon, au cours de la deuxième guerre mondiale, puis celle de sa maison d’enfance en 1961, le lien entre le grand ingénieur et la ville continue à s’amenuiser encore.

En 1952, le grand chanoine Kir donne un premier signe de changement en redonnant à une avenue de Dijon le nom du célèbre fils du pays. Le « rêve ailé » de l’artiste Robert Rigot, installé en l’honneur d’Eiffel sur ce quai en 1981, poursuit dans cette voie. J’étais d’ailleurs présent le jour de l’inauguration, à 11 ans tout juste. J’en garde un souvenir très ému.

La commémoration des 90 ans de la mort de Gustave Eiffel que nous avons organisé ici-même en décembre dernier, et à laquelle certains d’entre vous étaient déjà présent, puis aujourd’hui la pose de cette plaque commémorative, qui en est la continuation logique, vont finir, je l’espère, par renverser définitivement la tendance. Je me réjouis en tout cas de cette nouvelle marque du lien retrouvé entre Gustave Eiffel et les dijonnais.

Pour finir, je me permets un rapide aparté sur l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, que je représente ici. Notre association regroupe les héritiers d’Eiffel au sens propre : la grande majorité de ses descendants directs (dont j’ai avec moi deux représentants de la sixième génération !), comme au sens large : tous les passionnés de ses œuvres.  Elle veille à la défense du nom et de l’image d’Eiffel et à la protection de ses ouvrages. L’ADGE a notamment initié la préservation de la passerelle Eiffel de Bordeaux, premier grand ouvrage de Gustave Eiffel en tant que maître d’œuvre, menacée de destruction et aujourd’hui heureusement classée aux monuments historiques. Elle gère également Gustaveeiffel.com, un site d’information et d’échange autour d’Eiffel que je vous invite à visiter.

Merci à Mr. le Maire de Dijon et Président du Grand Dijon, Alain Millot, pour son soutien et son accueil. J’espère que nous aurons l’occasion de collaborer ensemble à de futurs projets autour de Gustave Eiffel. Merci à ma très chère Françoise Colin, membre d’honneur de notre association, et fervente défenseur de la mémoire de Gustave Eiffel, sans qui cet évènement n’aurait pas pu avoir lieu. Merci enfin à vous tous pour être venu avec nous célébrer cet hommage un peu tardif, mais au combien bienvenu, de Dijon envers un de ses fils les plus fameux.

Savin Yeatman-Eiffel, Dijon, 18 juin 2014