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ADGE

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Lors de son congrès national, qui se tenait cette année à Dijon, ville de naissance de Gustave Eiffel, la Société d’Entraide des Membres de la Légion d’Honneur a tenu à rendre hommage à notre ancêtre, lui-même officier de la Légion d’Honneur. Le mardi 7 juin 2011 étaient ainsi organisées dans les locaux du Palais des Congrès de Dijon une exposition sur Eiffel, préparée par des élèves de seconde du Lycée de Dijon qui porte son nom; ainsi qu’une conférence sur le grand ingénieur animée par Sylvain Yeatman-Eiffel, président d’honneur de l’ADGE, Savin Yeatman-Eiffel, trésorier de l’ADGE, et Mme Lochot, Directrice des Archives municipales de Dijon.

Au cours de la conférence, à laquelle assistait près de 250 congressistes venus de toute la France, Sylvain Yeatman-Eiffel a rappelé la carrière du célèbre ingénieur, en commençant par son enfance difficile à Dijon. Gustave Eiffel, fait chevalier puis officier de la Légion d’Honneur, était profondément amoureux de la France. Avant d’être honoré lui-même, il a tenu à faire de la Tour Eiffel un panthéon pour tous les grands scientifiques français, dont les noms de 72 d’entre eux ornent les cotés du premier étage de la Tour en grandes lettres d’or en relief de 60 cm de haut.

Sylvain Yeatman-Eiffel a poursuivi son exposé sur l’affaire de Panama et sur les pressions exercées par l’Assemblée Nationale sur le Conseil de l’Ordre pour retirer à Gustave Eiffel sa légion. Tout comme la Justice, le Conseil de l’Ordre ne trouva rien à reprocher à l’honneur de Gustave Eiffel et ira jusqu’à démissionner en block, un cas très rare dans son histoire, pour protester contre ces accusations infondées et les pressions politiques exercées à son encontre.

Innocenté mais profondément blessé par l’affaire de Panama, Gustave Eiffel se retira ensuite des affaires et se consacra jusqu’à la fin de sa vie à d’importants travaux scientifiques de météorologie et d’aérodynamisme. Ces derniers permirent, on l’oublie souvent, des avancées majeure dans le domaine de l’aviation. Comme toujours, Eiffel livra tous les résultats de ses travaux gratuitement à la communauté scientifique. Il accueillit également, avec le même esprit de philanthropie, des projets du monde entier dans la soufflerie qu’il fit construire d’abord aux pieds de la Tour, puis à partir de 1912 rue Boileau à Auteuil, où elle existe encore.

En épilogue, Sylvain Yeatman-Eiffel a rappellé que la ville de Dijon a été plus longue à laver l’honneur bafoué de l’enfant du pays. En plein cœur de l’affaire, la ville avait en effet décidé à la hâte de débaptiser le quai et le pont qui portaient le nom d’Eiffel. Il faudra attendre 1952 pour que le chanoine Kir redonne à une avenue proche du lieu de naissance de notre ancêtre le nom d’Eiffel. Le pont construit par Eiffel à Dijon, lui, a malheureusement été détruit pendant la deuxième guerre mondiale.

La conférence fut poursuivie par une intervention de Savin Yeatman-Eiffel, dressant un rapide bilan des actions de l’ADGE, et d’une présentation en image des lieux d’enfance de Gustave Eiffel par Mme Lochot. Gageons que cette sympathique conférence et cet hommage adressé à Gustave par ses pairs de la Légion d’Honneur dans la ville de son enfance, scellent définitivement la fin de la longue incompréhension entre Dijon et un de ses plus célèbre fils.

Savin Yeatman-Eiffel.

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Par un Arrêt du 16 Mai 2011, la Cour d’Appel de Bordeaux confirme l’interdiction pour la CFECM, filiale du groupe EIFFAGE, d’utiliser le patronyme « Eiffel » et donne raison aux deux parties plaignantes: Philippe Couperie-Eiffel d’une part, et l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, d’autre part.

Cet arrêt en date du 16 Mai 2011 :

– Confirme l’interdiction sous astreinte à la CFECM d’utiliser le patronyme « EIFFEL » à titre de marque, dénomination sociale, enseigne et nom commercial.

– Annule les marques de la CFECM, non en raison de l’existence des marques « Gustave Eiffel » déposées par Philippe Coupérie-Eiffel mais en raison de l’interdiction faite à la société CFECM d’utiliser le nom EIFFEL pour quelque usage que ce soit y compris à titre de marque, par effet de la décision prise par Gustave Eiffel en son temps d’interdire l’usage de son nom et du caractère inopérant de toutes les autorisations plus ou moins données postérieurement par tel ou tel descendant dès lors qu’aucun d’eux ne pouvait se prévaloir d’un accord de l’ensemble des descendants.

– Valide la démarche de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel en soulignant que son action n’est pas venue en contradiction avec les intérêts de Philippe Couperie-Eiffel, bien au contraire, et en insistant sur le nécessaire accord de l’ensemble des descendants pour toute défense du patronyme. L’arrêt souligne particulièrement qu’un descendant ne disposant pas d’un « mandat de l’ensemble des héritiers » n’avait pu (et ne pourrait) autoriser l’utilisation d’une marque « Eiffel », une telle autorisation nécessitant « l’accord de tous ».

Par Ailleurs, l’ADGE met en garde contre un communiqué erroné sur cette décision de justice repris par certains sites internet.

 

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Premier ouvrage de Gustave Eiffel en tant que maître d’œuvre, la grande passerelle de Bordeaux a été construit en 1868 lorsque GE avait 26 ans. Elle eu une grande importance pour notre ancêtre en lui permettant d’acquérir une expérience précieuse tant sur la technique que sur la direction d’un important chantier.

Plus utilisée par la SNCF, elle était, il y a encore quelques années, menacée de destruction. L’ADGE a entrepris de nombreuses démarches au près des autorités et du grand public, dés 2001, pour tenter de la sauver (cf. news précédentes). Pour renforcer ce combat, directement sur le terrain, nos cousins Myriam Larnaudie-Eiffel et Xavier Larnaudie-Eiffel ont créé à Bordeaux en 2005 l’Association « Sauvons la passerelle Eiffel ». Cette Association réunit aujourd’hui plus de 300 membres. Après une campagne de mobilisation auprès des médias et de lobbying auprès des autorités compétentes ainsi que de l’UNESCO, elle a obtenu une première victoire en juin 2009 avec l’inscription de la passerelle aux Monuments Historiques.

L’arrêté du 22 février 2010, qui confirme ce classement, fait franchir un nouveau cap décisif à ce long combat entamé depuis 2001 : la passerelle ne pourra plus être détruite, et l’on peut commencer à envisager sereinement son avenir.

L’association « Sauvons la passerelle Eiffel » travaille désormais sur un projet d’une reconversion intelligente de la passerelle Eiffel en liaison avec la reconversion du quartier de la gare. Plusieurs projets sont actuellement en cours d’étude, l’association appuyant particulièrement une utilisation « douce » de la passerelle (forte densité piétonne et interdiction des voitures) et s’efforce d’y attacher une forte vocation culturelle, grâce notamment à l’installation de la FRAC dans les anciens abattoirs. Il est ainsi envisagé de faire de la passerelle un lieu d’exposition culturelle.

Pour plus d’information à ce sujet, ou apporter votre concours, voici le contact direct de la secrétaire générale de « Sauvons la passerelle Eiffel »  :

Myriam Larnaudie-Eiffel
11 place des Quinconces
33000 Bordeaux
06 12 49 28 94
mleiffel@cegetel.net

 

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Suite à la restauration complète de la tombe de Gustave Eiffel par la Mairie de Levallois, à la demande de l’ADGE, les descendants du grand ingénieur ont tenu leur AG dans la ville et en ont profité pour se recueillir ensemble devant la chapelle funéraire de leur ancêtre.

Nous avons été accueillis au cimetière de Levallois par Denis Knecht, adjoint au maire délégué aux commerces et à la vie associative, par Christine Boone adjoint au maire déléguée aux affaires générales et par Françoise Legrand directrice des affaires culturelles, que nous tenons à remercier une fois de plus ici.

Gustave Eiffel avait acheté une concession perpétuelle en 1872 et fait construire une chapelle pour sa famille. C’est là que furent successivement inhumés :
– sa femme Marguerite en 1877,
– sa petite fille Marguerite Legrain en 1890,(enterrée d’abord à Rueil en 1886),
– sa sœur Catherine Hennocque en 1901,
– son beau frère le docteur Léon Hennocque en 1902,
– Gustave Eiffel en 1923,
– Son gendre Adolphe Salles en 1923,
– Sa fille Claire Salles en 1934,
– Son petit fils Georges Salles en 1966.

Le cimetière de Levallois vénère d’autres illustres concitoyens enterrés là et notamment la révolutionnaire Louise Michel et le musicien Maurice Ravel.

Sylvain Yeatman-Eiffel

 

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A la mort prématurée de sa femme Marguerite, le 5 août 1877, Gustave Eiffel qui habitait à cette époque à Levallois, acheta une concession dans le cimetière de Levallois-Perret, pour l’inhumer et y fit construire une chapelle funéraire.

Lors de la constitution de notre association, Solange Granet nous transmit l’entretien de la tombe de notre aïeul.

En 2005 la société Santilly Bigard que nous avions chargé de l’entretien courant nous a informé d’un écartement inquiétant survenu entre les deux pierres formant la toiture en raison des trépidations en provenance des trains passant à proximité. Le devis de réparation que nous avons demandé étant très élevé, l’ADGE s’est tourné vers la Mairie pour lui demander son soutien à l’entretien de la tombe d’un illustre concitoyen.

La Mairie de Levallois, que nous remercions ici à nouveau, a répondu très favorablement à notre requête.

Le Maire a même envisagé de déplacer la tombe pour la placer à l’entrée principale du cimetière afin de servir de phare et d’éviter aussi le renouvellement des trépidations ferroviaires. La présence d’arbres aux racines dangereuses n’a finalement pas permis cette migration et la rénovation s’est faite in situ.

Entre les mois d’octobre et décembre 2007, la chapelle funéraire de Gustave Eiffel a été entièrement démontée et remontée après renforcement des fondations, réparation et nettoyage des pierres la constituant.

La chapelle est aujourd’hui comme neuve!

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Notre président, Sylvain Yeatman-Eiffel, de retour de son voyage au Vietnam, nous a fait part dans le dernier bulletin papier de l’ADGE des premières recherches qu’il a mené sur place pour recenser les ouvrages de Gustave Eiffel encore en existence.

Gustave Eiffel a construit de nombreux ponts en Cochinchine, notamment portatifs, mais force est de constater qu’il en subsiste très peu aujourd’hui – détruits par les guerres d’indépendance ou remplacés par de nouveaux ponts plus larges pour s’adapter à la circulation des camions.

Parmi ceux qui subsistent encore on peut citer:

– Le pont Mong à Ho Chi Minh Ville (ancien pont des Messageries), un pont piétonnier en arc parabolique de 128 mètres de portée sur 6,20 mètres de largeur, construit en 1882. Il était lors de ce voyage fermé au public en raison de la construction de l’autoroute est-ouest qui traversera la ville à l’amont du tablier nord. Sylvain a rencontré sur place le chef du bureau d’études japonais en charge du projet qui l’a assuré que le projet prévoyait de préserver l’ouvrage, qui doit être rendu à l’usage piétonnier à l’issue des travaux en 2009.

– Le pont ferroviaire Binh Loi d’une longueur de 286 mètres, construit en 1902, mais dont de larges tronçons semblent avoir été reconstruits après les guerres.

Il est apparu à Sylvain que de nombreux autres ponts et bâtiments visités, attribués à Eiffel, ne pouvaient malheureusement pas être de lui vu les dates de construction ou les matériaux et techniques utilisés.

Un autre voyage d’étude plus approfondi est nécessaire pour étendre le champ des recherches, notamment dans des zones plus difficile d’accès où l’on évoque d’autres ouvrages attribués à Eiffel, et pour renforcer les liens avec les responsables locaux afin de s’assurer que les trop rares oeuvres existantes continuent d’être entretenues et protégées comme elles le méritent.

 

La Cour d’Appel de Paris a, par son Arrêt du 14 juin 2006, condamnée la Société Gustave Eiffel Licensing, à changer de dénomination, fermer son site internet et à ne plus faire usage du nom Eiffel.
L’Association des descendants de Gustave Eiffel et certains de ses membres (Sylvain Yeatman-Eiffel, Philippe Coupérie-Eiffel, Hervé Coupérie Eiffel, Xavier Larnaudie-Eiffel, Philippe Serey-Eiffel, Alain Coupérie Eiffel) avaient introduit une instance judiciaire contre la Société Gustave Eiffel Licensing pour utilisation frauduleuse de la marque Gustave Eiffel, et nous avions été partiellement débouté par le jugement en première instance le 26 janvier 2005 pour une faute de procédure, nous avions bien sur fait appel à ce jugement inique et nous avons enfin obtenu gain de cause en appel par un arrêt qui:
– annule les dépôts par la Société Gustave Eiffel Licensing des marques Gustave Eiffel effectué le 31 janvier 2003, sous le n° 3200812 et www;gustave.eiffel.com effectué le 14 mars 2003 sous le n° 3208463,
– dit que cette décision sera transmise par les soins du greffe à l’INPI pour inscription, s’il y a lieu, sur le registre national des marques,
– interdit à la Société Gustave Eiffel Licensing de faire usage du nom Eiffel pour désigner des articles cadeaux et à titre de dénomination sociale, sous astreinte de 500 Euros par jour de retard par infraction constatée, passée un délai de deux mois à compter de la signification du présent arrêt,
– ordonne la fermeture du site internet et des adresses constituées de la dénomination Eiffel sous astreinte de 500 Euros par jour de retard après signification, – ordonne à la Société Gustave Eiffel Licensing de modifier sa dénomination sociale, sous astreinte de 500 Euros par jour de retard après signification,
– condamne la Société Gustave Eiffel Licensing à payer à l’Association Gustave Eiffel 1000 Euros à titre de dommages et intérêts et 5000 Euros au membres de la famille portant le nom Eiffel à titre de dommages et intérêts en réparation de l’atteinte portée au patronyme Eiffel.
Nous avons enfin obtenu justice et défendu le droit moral et commercial attaché au nom de Gustave Eiffel.

Un orchestre symphonique acceuille la famille

Un orchestre symphonique accueille la famille !

Voyage inoubliable à Budapest pour les membres de la famille venus visiter la gare Nuygati, construite par Gustave Eiffel en 1877. Nous avions choisi le week-end du 1er mai 2004 pour assister en même temps à l’entrée de la Hongrie dans la Communauté Européenne.  Nous avons été bien récompensés  car les autorités hongroises ont profité de notre visite pour célébrer la gare comme un symbole de l’ouverture européenne de la Hongrie.
Nous été accueillis dans le pavillon impérial de l’empereur François Joseph et de l’impératrice Sissi, installé dans la gare Nuygati construite par notre aïeul, puis nous avons visité la gare, alliance anachronique d’une structure métallique hyper-légère et de pavillons rococos en briques et fer. Gustave Eiffel était fier de cette gare car c’était la première au monde où l’on osait utiliser le métal dans la façade sans l’habiller de pierres comme c’était la coutume jusqu’alors. Dès l’origine l’un des pavillons était utilisé comme restaurant , il est occupé aujourd’hui par un Mac Do. C’est sans doute le plus beau Mac Do du monde !
Nous avons ensuite visité le Musée des transports, situé à 10 km de la gare, en y accédant par un autorail spécial mis à notre disposition. Ce musée expose tous les types de locomotives, wagons, et wagons-restaurants ayant fonctionné en Hongrie ; Les hongrois n’ont pas fait les choses à moitié : trois locomotives à vapeur étaient en chauffe pour nous, elles sifflaient et crachaient vapeurs et fumées sur notre passage. Nous avons pu réaliser deux de nos rêves d’enfants : conduire une locomotive à vapeur et conduire une draisine comme dans les westerns !
Mais la surprise royale que nous réservait les autorités hongroises était pour le lendemain. Nous avions rendez-vous au musée des transports où nous attendait un train privé actionné par une locomotive à vapeur 1880 tirant le wagon spécial de François –Joseph et de Sissi ainsi que son wagon-restaurant. Le personnel de service était habillé en costume d’époque.Nous arrivons avec ce train spécial dans la gare de Nuygati, fermée au public en notre honneur et où tous les trains modernes avaient été remplacés par des trains à vapeur 19ème siècle. A la descente du train nous avons été accueillis par des hussards en uniforme 19ème et des dames en crinoline qui nous ont pris par le bras pour nous conduire vers le hall de la gare où nous attendaient le ministre de l’Economie et des Transports  ainsi que le Président de la Compagnie Ferroviaire Hongroise.
Accueil symphonique par un orchestre de 70 musiciens qui nous a joué les grandes pages de la musique française et hongroise.
Nombreux discours officiels pour célébrer notre venue et l’amitié franco-hongroise auxquels notre Président, Sylvain Yeatman-Eiffel répond avec brio au nom de la famille Eiffel. Seule fausse note, l’Ambassadeur de France s’est décommandé et s’est fait remplacer par  le premier attaché qui dans son discours a fait quelques erreurs biographiques !
Le week-end s’est terminé en apothéose avec le feu d’artifice tiré en l’honneur de l’entrée de la Hongrie dans la CEE.

 

Le train d'époque utilisé par la famille

Le train d’époque affrèté pour l’occasion

 

Le discours de notre Président

Le discours de notre Président

Coupure de presse

Coupure de presse

 

 

L’ADGE poursuit au près du public et des autorités son combat pour la sauvegarde de la passerelle Eiffel de Bordeaux – premier ouvrage de Gustave Eiffel en tant que maitre d’oeuvre, et toujours aujourd’hui menacée de destruction.

Fort heureusement, nous trouvons de plus en plus d’échos du côté de la presse :

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Visite rare et fascinante à l'intérieur de l'incroyable structure du viaduc

Visite rare et fascinante à l’intérieur de l’incroyable structure du viaduc

Visiter le viaduc de Garabit en ayant la chance de pouvoir pénétrer à l’intérieur de la structure restera une expérience inoubliable pour ceux qui se sont donné la peine de participer au voyage d’études organisé par l’Association des descendants de Gustave Eiffel durant le week-end des 15 et 16 mars 2003 pour visiter les viaducs de Garabit et de Rouzat construits par notre aïeul près de Clermont-Ferrand.

Le viaduc de Garabit

Philippe Serey-Eiffel avait obtenu de la SNCF et du Réseau Ferré de France, que nous soyons reçu par Monsieur Méo, ingénieur responsable des ouvrages d’art de la région Auvergne.

Monsieur Méo nous a d’abord fait grimper sur le flanc de la base maçonnée du pilier sud en utilisant une longue échelle métallique et verticale pour atteindre le sommet de la pile  en dur sur laquelle s’appuie la partie métallique. Puis nous avons cheminé à l’intérieur de l’arc parabolique en empruntant l’un des deux escaliers de service installés de part et d’autre de l’arc. Nous avons effectué l’ascension jusqu’au sommet de l’arc à peu près à 90 mètres de hauteur par rapport au niveau de la Truyère.

Ce furent des moments uniques, d’une rare émotion, d’une grande beauté, bien qu’assez angoissants. Malgré quelques appréhensions Dosithée Berthelot, Delphine Berthelot et Alain Touchard, Philippe et Raymonde Serey-Eiffel, Jérôme Yeatman, Sylvain et Evelyne Yeatman-Eiffel, sont parvenus à vaincre leur frayeur et à atteindre le sommet.

Nous avons ainsi mieux compris la difficulté de construction d’un tel ouvrage long de 561 mètres qui était à l’origine à 122 mètres de hauteur avant la construction d’un barrage sur la Truyère à 20 km en aval qui a remonté le niveau d’une quinzaine de mètres.

Nous avons ensuite traversé le viaduc sur le tablier en suivant la voie unique.

Gustave Eiffel décrit la construction du viaduc dans un mémoire publié en 1889 : « Au commencement des travaux, le pays aux abords était complètement désert, il a donc fallu commencer par construire les bureaux, les logements des ingénieurs et des ouvriers, les cantines et même créer une école pour les enfants des ouvriers. Nous avons ensuite exécuté un grand pont de service en charpente à 33 mètres de haut sur la Truyère, la tête de pont côté Marvejols a été raccordé à la route nationale par un chemin à flanc de coteau d’une faible longueur. C’est là qu’a été créé le dépôt  des fers destinés à l’arc avec les grues roulantes pour le déchargement des charrettes qui apportaient les fers de la station de Neussargues après un trajet par route de 35 km en voitures à chevaux.

L’exécution des maçonneries  et des piles métalliques n’a présenté rien de spécial. Simultanément on montait sur le plateau aux deux extrémités de l’ouvrage et sur les plates formes en remblai préparées à cet effet, les deux tabliers latéraux côté Marvejols et côté Neussargues. Ces tabliers furent ensuite lancés et amenés respectivement jusqu’aux grandes piles 4 et 5 où l’on a donné à chacun d’eux un porte à faux de 22,20 mètres du côté de l’arc. L’extrémité arrière de chaque tablier fut amarré à l’aide de 28 câbles en acier ancrés aux maçonneries des culées des viaducs d’accès. Cela fait on commença les préparatifs pour le levage de l’arche en installant   des échafaudages en courbe de façon à former un cintre sur lesquels on établit les premières pièces des retombées des arcs, puis on rattachât l’extrémité de cette première partie de l’arc qui s’avance vers le vide à l’aide de 20 câbles en acier au tablier droit à l’aplomb de la grande pile. C’est alors que put commencer le montage de l’arc en porte à faux. On procédait par cheminement en rattachant les pièces nouvelles à celles qui étaient  déjà assemblées et rivées et en installant de nouveau câbles d’amarrages dès que la partie montée en porte à faux se rapprochait de la partie inférieure qui lui faisait équilibre. La progression se faisait bien entendu simultanément des deux côtés de l’arc, les deux parties opposées s’élançant en même temps à la rencontre l’une de l’autre .

Le  levage des pièces se faisait deux moyens distincts. Les pièces lourdes étaient amenées par un wagonnet, sur le pont de service à l’aplomb du point où elles devaient être élevées puis hissées par des treuils placés sur une grue fixée au sommet de l’arc extérieur. Pour les pièces légères, on avait élevé sur les grandes piles deux grands  pylônes en charpente de 10 mètres de hauteur dont le sommet soutenait un câble porteur en acier franchissant l’espace de 177 mètres qui sépare ces piles. Sur ce câble roulaient deux chariots mobiles qui servaient au montage des pièces de faible poids, chacun des chariots desservant l’un des côtés de l’arc.

Les dispositions prises  étaient telles que les deux parties d’arc qui devaient se rencontrer, se trouvaient toujours  pendant le montage à une disposition légèrement  supérieure à celles qu’elles devaient occuper définitivement de sorte que, pour régler les abouts des arcs pendant le cours du montage et les maintenir à leur vraie position dans l’espace, on a opéré une série de manoeuvres qui ont consisté à tendre successivement chaque câble pour relever l’ensemble de la quantité correspondant aux abaissements qui se produisaient pendant le montage.

Le 20 avril 1884 on a pu posé la clef  d’intrados  sans avoir aucune retouche à faire. Toute l’opération s’est bornée à abaisser légèrement les deux parties de l’arc jusqu’à ce que l’on arrive au complet contact. La pose de la clef d’extrados se fit le 26 avril 1884.

La construction du reste de la ligne étant en retard, l’inauguration du viaduc ne se fit que le 10 novembre 1888.

Le viaduc de Garabit ayant été inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, la Direction Régionale des Affaires Culturelles a décidé de valoriser l’ouvrage dans le site en choisissant la couleur rouge Gauguin lors de la dernière campagne de peinture réalisée entre 1992 et 1998 dont le budget de 13,2MF a été partagé entre la SNCF, la DRAC et l’Etat. 80 tonnes de peinture à base de résines époxy et de polyuréthane ont été utilisées en remplacement du minium de plomb qui est désormais interdit.

Les viaducs de la Sioule et de Neuvial

Gustave Eiffel a créé sa propre société de construction métallique à Levallois à l’automne 1866. Ses premières réalisation sont les ossatures en fer et fonte de la synagogue de la rue des Tournelles et des églises Notre Dame des Champs et Saint Joseph à Paris. Il réalise 42 petits ponts sur la ligne Poitiers-Limoges. Il réalise la couverture du pavillon des Beaux Arts pour l’exposition Internationnales de 1867 à Paris et il obtient enfin sa première grosse commande via Wilhem Nordling, ingénieur en chef de la Cie Paris-Orléans.  Il s’agit des viaducs de la Sioule appelé aussi Rouzat d’une longueur de 180 mètres à 59 mètres de hauteur et de Neuvial long de 160 mètres à 44 mètres de hauteur, entre Commentry et Gannat.

Il écrit à sa mère : « C’est pour moi un double succès, d’amour propre d’abord, et en outre de travaux importants et tout à fait de nature à me poser de suite parmi les maisons qui comptent. Cela me fait d’assurer environ 800 000 francs de travaux soit un an et demi de sécurité. »

Pour la réalisation de ces viaducs Gustave Eiffel inaugure une nouvelle technique de construction, celle du lançage en porte à faux, utilisant un système de chassis à bascule qu’il a breveté. Le tablier en treillis est construit sur le terre plein prolongeant la voie puis poussé dans le vide sur des rouleaux en fer auxquels on imprime un mouvement de rotation à l’aide de grands leviers en bois armés de cliquets. Le pont s’avance dans le vide, retenu horizontal par le contre poids de la partie du tablier resté sur la terre ferme. Quand le pont est parvenu à l’aplomb de la pile future dont le socle en maçonnerie est seul préparé au sol, il devient l’engin de construction de la pile qui doit le soutenir grâce à une grue placée à l’extrêmité du tablier

La pile s’élève jusqu’à sa hauteur définitive et l’on pousse alors le tablier sur le sommet de la pile qu’il vient de construire. Une opération semblable se renouvelle pour toutes les piles suivantes jusqu’à atteindre la culée opposée. Les arrêtes des piles sont incurvées à la base pour servir de jambes de force contre le basculement, elles dont réalisées en tubes de fontes boulonnées et remplies de mortier pour empêcher  les infiltrations d’eau. Au moment de leur coulée en fonderie Eiffel a fait intégrer des goussets en fer pour faciliter la fixation des entretoises métalliques.

Comme pour le viaduc de Garabit nous sommes passés sur les tabliers de ces viaducs et avons eu la chance de faire la visite en compagnie d’une harde de chevreuils !

 

Sylvain Yeatman-Eiffel