roles actions devenir membre sympathisant
general-news adge feature-articles

Feb, 2015

This is an article about Fernand Jacopozzi, the electrical engineer famous for his amazing lighting effects on the Eiffel Tower. Created in 1925, they lasted until the mid-30s. Elements from 9 different patterns alternated randomly, requiring no less than 250.000 light bulbs in 6 different colors:

 

Parmi les moments forts de l’histoire de la Tour Eiffel, il en est un qui a particulièrement marqué les esprits : son éclairage en 1925, une véritable chorégraphie de lumière nécessitant la bagatelle de 250.000 ampoules ! Gustave Eiffel, disparu en 1922, n’était plus là pour y assister, mais il aurait sans aucun doute beaucoup apprécié cet exploit technique et artistique, sur lequel nous allons revenir au cours de cet article.

One of the lighting effects created in 1925 by Jacopozzi

One of the lighting effects created in 1925 by Jacopozzi

Contrairement à une idée communément répandue, ce n’est pas André Citroën, dont la marque apparait effectivement parmi les éclairages, qui est à l’origine de cet incroyable projet, mais un ingénieur d’origine italienne, que l’on surnommera dans les années 30 « le prince » ou encore « le magicien » de la lumière: Fernand Jacopozzi.

A rare picture of Fernand Jacopozzi

A rare picture of Fernand Jacopozzi

Après avoir modestement débuté dans les éclairages de magasins, le jeune ingénieur réalise son premier gros coup au cours de la première guerre mondiale. Il propose en 1917 à l’état major de créer un leurre lumineux de Paris pour tromper les avions de reconnaissance et les canons ennemis pendant la nuit. Alors qu’il a déjà réalisé à Montigny, sur les bords de la Seine, une copie lumineuse de la gare de l’est – complète avec de faux trains se déplaçant sur de fausses voies de chemin de fer – l’armistice met fin à ce surprenant projet, mais pas aux grandioses rêves lumineux de leur auteur.

Map of Jacopozzi's fake Paris

Map of Jacopozzi’s fake Paris

A l’occasion de l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de 1925, Jacopozzi a l’idée de draper la Tour Eiffel d’un grand habit de lumière électrique. Après avoir convaincu le comité de l’exposition et la société d’exploitation de la Tour Eiffel à l’aide d’une maquette électrifiée de 3 mètres de hauteur, il essuie plusieurs refus auprès de soutiens financiers potentiels, dont Renault, qui pourraient l’aider à financer l’opération. L’ingénieur fait littéralement le siège du bureau d’André Citroën avant de parvenir à le convaincre en lui promettant que le nom de sa société apparaitrait au milieu des effets lumineux et « serait visible à 50 km à la ronde ».

Citroën promotional postcard

Citroën promotional postcard

En deux mois sont installés 250.000 ampoules de 6 couleurs différentes et pas loin de 90 km de câbles. Ses électriciens habituels se refusant d’exécuter ce dangereux travail, Jacopozzi fait appel à des gabiers de la marine nationale et à des acrobates de cirque spécialement formés pour l’occasion ( !).

Les ampoules forment neuf motifs lumineux différents que les opérateurs varient et marient à volonté depuis une salle de contrôle située au premier étage de la Tour – une symphonie de lumières perpétuellement changeante.

Contactor to create the various random effects

Contactor to create the various random effects

L’inauguration a lieu le 4 juillet 1925. Le succès de la réalisation est immédiat et aura un retentissement mondial. Elle restera en place jusqu’au milieu des années 30 et son auteur lui apportera plusieurs modifications au fil des ans – une fontaine lumineuse et des effets de foudres, qui viendront compléter les motifs existants.

New designs and shapes of thunder and flames from 1927, from the Jacopozzi company catalog

New designs and shapes of thunder and flames from 1927, from the Jacopozzi company catalog

Jacopozzi poursuit par ailleurs son travail sur les éclairages en d’autres points de la capitale :

–        les vitrines de Nöel des grands magasins, pour lesquels il a l’idée de réaliser de véritable spectacles lumineux interactifs (Bon Marché, Samaritaine, Galeries Lafayette etc.),

–        les grands monuments de Paris. Il illumine entre autre l’Arc de triomphe (pour les 10 ans de l’armistice de 1918), ou encore Notre-Dame en 1930 à l’occasion du centenaire du romantisme. Il utilise pour ce faire un éclairage indirect et diffus, dont l’idée sera ensuite reprise et copiée à travers le monde.

Lighting of Notre-dame by Jacopozzi

Lighting of Notre-dame by Jacopozzi

Ce grand innovateur et aventurier de la lumière a disparu brutalement en 1932, emporté trop tôt par la maladie. Il mérite que son nom brille à nouveau pour son travail sur la Tour et pour son influence durable sur les grands monuments du monde.

Merci à sa petite fille, Véronique Tessier-Huort, pour nous avoir fourni les documents nécessaires à la préparation de cet article. Nous vous invitons à poursuivre votre (re)découverte de Fernand Jacopozzi sur le site qu’elle lui a dédié : http://fernandojacopozzi.com

Savin Yeatman-Eiffel

This is an article about the Castel, a nice Dijon house that Gustave Eiffel’s family moved in after his mother made a small fortune from her coal trading business. It was a big social step forward, following the humble house on Quai Nicolas Rolin where Gustave’s was born:

La famille Eiffel était d’origine modeste, comme l’atteste leur très simple résidence du quai Nicolas Rolin à Dijon, aujourd’hui détruite, où naquis Gustave le 15 décembre 1832.

Quai Nicolas Rolin

le quai Nicolas Rolin, à Dijon, à la fin du XIXéme

Mais la situation va changer peu à peu sous l’impulsion de Catherine, la mère de Gustave. Cette fille de négociant en bois va se révéler une femme d’affaire avisée et énergique. Sentant que l’industrie se développe, elle se lance très tôt dans le commerce de houille. C’est un travail difficile qui la coupe de son fils, élevé en grande partie chez sa grand mère, mais qui lui permet de mettre de côté en quelques années un capital d’environ 300.000 francs. S’inquiétant d’un possible retournement de la conjecture économique, Catherine décide de se retirer des affaires en 1843 et place ses fonds dans la brasserie de Mr. Régneau, un brasseur de la région. C’est lui qui va lui louer un partie de la propriété qu’il occupe – le Castel – petit château du XVIII ème siècle construit en bordure de la ville. Cette nouvelle demeure témoigne de la toute nouvelle ascension sociale de la famille Eiffel. Catherine y résidera jusqu’en 1865. Si Gustave quittera rapidement Dijon pour poursuivre ses études à Paris, il reviendra régulièrement revoir ses parents dans ce charmant pavillon, et épousera également en 1862 la petite fille de Mr. Régneau: Marie Gaudelet, qu’il y côtoyait déjà dans son enfance (cf. biographie de Gustave Eiffel sur notre site).

lecastel_vuegenerale

adge_surleperron

Sur le perron: Dosithée Berthelot-Eiffel, Sylvain et Savin Yeatman-Eiffel, Alain Coupérie-Eiffel, Françoise Colin, et Robert Rigot.

Le Castel et son parc sont devenus aujourd’hui une école bien connue des Dijonnais. On accède par le perron du Castel au restaurant d’application du lycée hôtelier construit dans le prolongement du bâtiment.

L'entrée du restaurant d'application du Lycée Hôtelier

L’entrée du restaurant “le Gustave” du Lycée Hôtelier

Le Castel lui même a été heureusement préservé et il a même été entièrement restauré. Mr. Fabrice Ricord, Chef des Travaux, a eu la gentillesse de nous le faire visiter. Nous profitons de cet article pour le remercier à nouveau chaleureusement de son accueil. En traversant ces pièces figées dans le temps, on semble repartir quelques 150 ans en arrière, à l’époque où Gustave et sa famille y vivait encore…

Le salon du Rez de Chaussée

Le salon du Rez de Chaussée

L'escalier

L’escalier

Une chambre du premier étage

Une chambre du premier étage

Mr. Ricord nous fait fièrement et très aimablement visiter les lieux.

Mr. Ricord nous fait fièrement et très aimablement visiter les lieux.

Le Castel a été construit en 1807 par l’architecte Martin de Noinville, élève de Mansart, à qui l’on doit également de nombreuses autres constructions à Dijon. C’est un vrai petit bijou architectural tout en finesse. Le commanditaire et premier propriétaire était Charles Legouz de Gerland, issu d’une grande famille de la région. Philippe Régneau le rachète en 1793 et transforme les dépendances en brasserie. C’est son fils Edouard qui louera une partie du pavillon principal à la famille Eiffel.

Le Castel, Gravure du fond Eiffel du Musée d'Orsay

Le Castel, gravure du fond Eiffel du Musée d’Orsay

 

Savin Yeatman-Eiffel.