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Les news et les articles:

En 1884, Gustave Eiffel construit un pont sur la rivière du Vecchio, sur la commune de Vivario au centre de l’île de Corse pour la ligne de train à voie unique et à voie métrique qui reliait Bastia à Ajaccio.

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C’est un pont spectaculaire qui surplombe la rivière à plus de 90 mètres de haut. En raison des prolongations curvilignes de la voie ferrée dont un tunnel de 155 mètres, Eiffel n’a pas pu utiliser la technique du lançage du tablier qu’il avait mise au point pour la plupart de ses ponts, il fit appel à son autre technique de construction, celle du porte à faux qui consiste à construire sans échafaudage en fixant les pièces du tablier par boulonnage puis rivetage l’une après l’autre au dessus du vide. Les culées en maçonnerie sont évidées par une élégante arcature de huit mètres de diamètre. Le tablier métallique a une longueur de 140 mètres avec trois travées continues reposant sur deux élégantes piles de maçonnerie à bossage de 58 mètres de hauteur. Le pont a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 29 juillet 1976.

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Inaugurée en 1885, la ligne Bastia – Ajaccio utilisait des locomotives à vapeur à deux groupes de deux essieux moteur pour affronter les pentes, conçues par l’ingénieur suisse Jules-Théodore-Anatole Mallet qui restèrent en fonction jusqu’au début des années 1930, date à laquelle elles furent remplacées par des michelines à moteur diésel.

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Sylvain Yeatman-Eiffel – photos : Evelyne Yeatman-Eiffel

La réhabilitation de la passerelle Eiffel est en bonne voie et prend un nouvel essor:

Les travaux de confortement viennent hier d’être autorisés et considérés en bonne et due forme par l’architecte des Bâtiments de France. Également l’autorisation d’occupation du plan d’eau Garonne ce qui est loin d’être évident avec les contraintes environnementales de l’estuaire.

La notification de marché est faite et le temps des appels d’offre commence pour des travaux qui auront lieu premier trimestre 2016 pour 14 mois pour un budget de 3.7 M d’euros. Il y aura dans le cadre de ces travaux la recréation de piles en pierre à l’identique des existantes côté gare ainsi que diverses mesures pour permettre un nouvel usage essentiellement “ doux “ de la Passerelle.

 

Photo: Denis Garin

Photo: Denis Garin

Merci à notre cousine Myriam pour ces bonnes nouvelles, et pour son travail au sein de l’association « Sauvons la passerelle Eiffel ».

 

Pont Routier de Cubzac

Pont Routier de Cubzac

Après celui de la Passerelle Eiffel de Bordeaux, dont nous faisions état fin mai, un autre important chantier de restauration se prépare  à court terme : celui du Pont Routier Eiffel de Cubzac.

L’objectif principal est de conforter les voûtes des deux viaducs d’accès de façon pérenne.

 

Elevation du Pont de Cubzac

Elevation du Pont de Cubzac

 

Arches menant au pont métallique Eiffel

Arches menant au pont métallique Eiffel

Le  Département de la Gironde souhaite également profiter de ces travaux de confortement  sur  l’ouvrage pour y intégrer un cheminement piétons et cycles sur la Dordogne. Un éclairage éventuel de l’ensemble des ouvrages est aussi à l’étude.

 

IMPLANTATION DE LA PISTE SUR LE PONT METALLIQUE

IMPLANTATION DE LA PISTE SUR LE PONT METALLIQUE

 

Ce projet a fait l’objet d’un concours. Le lauréat est l’architecte du Pont Baccalan Bastide bel hommage à Gustave Eiffel et  la modernité de son oeuvre.

Le 26 mai dernier, l’ADGE, sur la sollicitation du Conseil général, était présente à la réunion de concertation des travaux à venir en la personne de notre cousine Myriam Larnaudie-Eiffel. Très honorée d’être associée à la valorisation de ce projet, notre famille agira en faveur de ce patrimoine que représente Le Pont de Cubzac.

Plus d’information sur Le Pont de Cubzac ici, sur notre site.

Plus d’information sur le projet de réhabilitation du département sont disponibles ici.

Une exposition itinérante pour présenter bientôt le projet aux Girondins est à l’étude avec le soutien de notre association .

Bonne nouvelle du côté de Bordeaux. Les projets menés par l’organisme d’Etat Euratlantique se précisent et la passerelle Eiffel s’inscrit progressivement dans l’esprit des équipes des deux plans guides que sont les nouveaux quartiers « Saint Jean BELCIER » et « GARONNE EIFFEL ».

L’association de nos amis « Sauvons La Passerelle Eiffel » continue à se mobiliser sur cet important dossier et a participé à la dernière réunion de travail organisée par Euratlantique. Au cours de celle-ci, il a été confirmé que les travaux de confortement de la passerelle commenceront au premier trimestre 2016, pour une durée de 12 à 18 mois pour préparer la Passerelle à son futur usage et un montant 3 millions d’euros. Les Monuments Historiques mèneront ces travaux sous l’égide de Réseau Ferré de France toujours propriétaire de l’ouvrage. Un travail d’étude sur la configuration des accroches s’amorce, ainsi que la vérification de l’esthétique de la nouvelle pile qui va être mise en place par les monuments historiques côté gare.

A moyen terme l’objectif est de définir la nouvelle fonction de la Passerelle Eiffel véritable lien vers le quartier Garonne Eiffel et de l’adapter à son futur usage au fur et à mesure de l’émergence de ces deux quartiers bâtis dans le cadre de l’opération Euratlantique.

Nous vous tiendrons bien sur informés de toutes nouvelles avancées sur ces travaux qui concernent directement l’héritage de Gustave Eiffel.

 

Rendu du projet de réaménagement Belvedere-Garonne-Eiffel. La passerelle Eiffel est, de part son emplacement, littéralement au coeur de ce dernier.

Rendu du projet de réaménagement Belvedere-Garonne-Eiffel. La passerelle Eiffel est, de part son emplacement, littéralement au coeur de ce dernier.

La vente de la collection du chanteur Guy Béart, organisée à l’Hôtel Drouot à Paris samedi 21 mars prochain, contient deux pièces de choix : deux tronçons de l’ancien escalier hélicoïdal de la Tour Eiffel.

Ascension de la tour par l'ancien escalier

Ascension de la tour par l’ancien escalier

Le célèbre escalier reliait le deuxième et le troisième étage de la tour. Il a été supprimé en 1983 en raison de nouvelles normes de sécurité.

Les escaliers

L’escalier a été démonté en 24 tronçons. L’un d’entre eux a été conservé à la Tour, la plupart des autres ont été proposés aux enchères à Drouot en décembre 1983 et dispersés depuis aux quatre coins du monde. Guy Béart en avait acheté deux, et c’est ceux-ci qui seront le clou de la vente de sa collection.

 

le lot 51 - 5 m de haut

le lot 51 – 5 m de haut

le lot 52 - 4,1 m de haut

le lot 52 – 4,1 m de haut

Les deux tronçons seront exposés au public avant la vente les Vendredi 20 mars de 11h00 à 18h00 et Samedi 21 mars de 11h00 à 12h00, à l’Hôtel Drouot. Un évènement à ne pas manquer pour tous les amoureux de la Tour Eiffel !

Pour plus d’information, consultez le livret pdf de la vente ici, ou contactez Myriam Larnaudie Eiffel, Correspondant Bordeaux de l’Etude Coutau Bégarie.

Parmi les moments forts de l’histoire de la Tour Eiffel, il en est un qui a particulièrement marqué les esprits : son éclairage en 1925, une véritable chorégraphie de lumière nécessitant la bagatelle de 250.000 ampoules ! Gustave Eiffel, disparu en 1922, n’était plus là pour y assister, mais il aurait sans aucun doute beaucoup apprécié cet exploit technique et artistique, sur lequel nous allons revenir au cours de cet article.

Un des éclairages de la Tour Eiffel, conçus en 1925 par Jacopozzi

Un des éclairages de la Tour Eiffel, conçus en 1925 par Jacopozzi

Contrairement à une idée communément répandue, ce n’est pas André Citroën, dont la marque apparait effectivement parmi les éclairages, qui est à l’origine de cet incroyable projet, mais un ingénieur d’origine italienne, que l’on surnommera dans les années 30 « le prince » ou encore « le magicien » de la lumière: Fernand Jacopozzi.

Un des rares clichés de Fernand Jacopozzi

Un des rares clichés de Fernand Jacopozzi

Après avoir modestement débuté dans les éclairages de magasins, le jeune ingénieur réalise son premier gros coup au cours de la première guerre mondiale. Il propose en 1917 à l’état major de créer un leurre lumineux de Paris pour tromper les avions de reconnaissance et les canons ennemis pendant la nuit. Alors qu’il a déjà réalisé à Montigny, sur les bords de la Seine, une copie lumineuse de la gare de l’est – complète avec de faux trains se déplaçant sur de fausses voies de chemin de fer – l’armistice met fin à ce surprenant projet, mais pas aux grandioses rêves lumineux de leur auteur.

plan du faux Paris de Jacopozzi

plan du faux Paris de Jacopozzi

A l’occasion de l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de 1925, Jacopozzi a l’idée de draper la Tour Eiffel d’un grand habit de lumière électrique. Après avoir convaincu le comité de l’exposition et la société d’exploitation de la Tour Eiffel à l’aide d’une maquette électrifiée de 3 mètres de hauteur, il essuie plusieurs refus auprès de soutiens financiers potentiels, dont Renault, qui pourraient l’aider à financer l’opération. L’ingénieur fait littéralement le siège du bureau d’André Citroën avant de parvenir à le convaincre en lui promettant que le nom de sa société apparaitrait au milieu des effets lumineux et « serait visible à 50 km à la ronde ».

carte promotionelle Citroën

carte promotionelle Citroën

En deux mois sont installés 250.000 ampoules de 6 couleurs différentes et pas loin de 90 km de câbles. Ses électriciens habituels se refusant d’exécuter ce dangereux travail, Jacopozzi fait appel à des gabiers de la marine nationale et à des acrobates de cirque spécialement formés pour l’occasion ( !).

Les ampoules forment neuf motifs lumineux différents que les opérateurs varient et marient à volonté depuis une salle de contrôle située au premier étage de la Tour – une symphonie de lumières perpétuellement changeante.

Contacteur des motifs de la Tour Eiffel

Contacteur des motifs de la Tour Eiffel

L’inauguration a lieu le 4 juillet 1925. Le succès de la réalisation est immédiat et aura un retentissement mondial. Elle restera en place jusqu’au milieu des années 30 et son auteur lui apportera plusieurs modifications au fil des ans – une fontaine lumineuse et des effets de foudres, qui viendront compléter les motifs existants.

Nouveaux motifs de foudre et de flammes de 1927, extrait du catalogue des établissements Jacopozzi.

Nouveaux motifs de foudre et de flammes de 1927, extrait du catalogue des établissements Jacopozzi.

Jacopozzi poursuit par ailleurs son travail sur les éclairages en d’autres points de la capitale :

–        les vitrines de Nöel des grands magasins, pour lesquels il a l’idée de réaliser de véritable spectacles lumineux interactifs (Bon Marché, Samaritaine, Galeries Lafayette etc.),

–        les grands monuments de Paris. Il illumine entre autre l’Arc de triomphe (pour les 10 ans de l’armistice de 1918), ou encore Notre-Dame en 1930 à l’occasion du centenaire du romantisme. Il utilise pour ce faire un éclairage indirect et diffus, dont l’idée sera ensuite reprise et copiée à travers le monde.

Eclairage de Notre-dame par Jacopozzi

Eclairage de Notre-dame par Jacopozzi

Ce grand innovateur et aventurier de la lumière a disparu brutalement en 1932, emporté trop tôt par la maladie. Il mérite que son nom brille à nouveau pour son travail sur la Tour et pour son influence durable sur les grands monuments du monde.

Merci à sa petite fille, Véronique Tessier-Huort, pour nous avoir fourni les documents nécessaires à la préparation de cet article. Nous vous invitons à poursuivre votre (re)découverte de Fernand Jacopozzi sur le site qu’elle lui a dédié : http://fernandojacopozzi.com

Savin Yeatman-Eiffel

La famille Eiffel était d’origine modeste, comme l’atteste leur très simple résidence du quai Nicolas Rolin à Dijon, aujourd’hui détruite, où naquis Gustave le 15 décembre 1832.

Quai Nicolas Rolin

le quai Nicolas Rolin, à Dijon, à la fin du XIXéme

Mais la situation va changer peu à peu sous l’impulsion de Catherine, la mère de Gustave. Cette fille de négociant en bois va se révéler une femme d’affaire avisée et énergique. Sentant que l’industrie se développe, elle se lance très tôt dans le commerce de houille. C’est un travail difficile qui la coupe de son fils, élevé en grande partie chez sa grand mère, mais qui lui permet de mettre de côté en quelques années un capital d’environ 300.000 francs. S’inquiétant d’un possible retournement de la conjecture économique, Catherine décide de se retirer des affaires en 1843 et place ses fonds dans la brasserie de Mr. Régneau, un brasseur de la région. C’est lui qui va lui louer un partie de la propriété qu’il occupe – le Castel – petit château du XVIII ème siècle construit en bordure de la ville. Cette nouvelle demeure témoigne de la toute nouvelle ascension sociale de la famille Eiffel. Catherine y résidera jusqu’en 1865. Si Gustave quittera rapidement Dijon pour poursuivre ses études à Paris, il reviendra régulièrement revoir ses parents dans ce charmant pavillon, et épousera également en 1862 la petite fille de Mr. Régneau: Marie Gaudelet, qu’il y côtoyait déjà dans son enfance (cf. biographie de Gustave Eiffel sur notre site).

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Sur le perron: Dosithée Berthelot-Eiffel, Sylvain et Savin Yeatman-Eiffel, Alain Coupérie-Eiffel, Fraçoise Colin, et Robert Rigot.

Le Castel et son parc sont devenus aujourd’hui une école bien connue des Dijonnais. On accède par le perron du Castel au restaurant d’application du lycée hôtelier construit dans le prolongement du bâtiment.

L'entrée du restaurant d'application du Lycée Hôtelier

L’entrée du restaurant « le Gustave » du Lycée Hôtelier

Le Castel lui même a été heureusement préservé et il a même été entièrement restauré. Mr. Fabrice Ricord, Chef des Travaux, a eu la gentillesse de nous le faire visiter. Nous profitons de cet article pour le remercier à nouveau chaleureusement de son accueil. En traversant ces pièces figées dans le temps, on semble repartir quelques 150 ans en arrière, à l’époque où Gustave et sa famille y vivait encore…

Le salon du Rez de Chaussée

Le salon du Rez de Chaussée

L'escalier

L’escalier

Une chambre du premier étage

Une chambre du premier étage

Mr. Ricord nous fait fièrement et très aimablement visiter les lieux.

Mr. Ricord nous fait fièrement et très aimablement visiter les lieux.

Le Castel a été construit en 1807 par l’architecte Martin de Noinville, élève de Mansart, à qui l’on doit également de nombreuses autres constructions à Dijon. C’est un vrai petit bijou architectural tout en finesse. Le commanditaire et premier propriétaire était Charles Legouz de Gerland, issu d’une grande famille de la région. Philippe Régneau le rachète en 1793 et transforme les dépendances en brasserie. C’est son fils Edouard qui louera une partie du pavillon principal à la famille Eiffel.

Le Castel, Gravure du fond Eiffel du Musée d'Orsay

Le Castel, gravure du fond Eiffel du Musée d’Orsay

 

Savin Yeatman-Eiffel

Un de nos membres nous a ramené de Tokyo une maquette à faire soi-même de la Tour en acier inoxydable au 1/1000 ème – 312 mm une fois montée, correspondant rigoureusement au 312 mètres de la Tour lors de son inauguration. Une parfaite matière, je crois, pour alimenter notre rubrique « détente » / « insolite ».

Pour ceux qui ont rêvé au moins une fois de se prendre pour Gustave, voici donc quelques clichés du montage pas toujours évident de la chose, mais fort gratifiant au demeurant une fois la Tour terminée et mise bien en valeur sur une étagère du salon (!).

Le matériel Les pièces du puzzle

La présentation est soignée – en bleu blanc rouge s’il vous plait – et la pince heureusement fournie. On va en avoir besoin.

Extraction des piècesLe manuel - en Japonais!

Les pièces sont très détaillées, avec une jolie surgravure – et assez petites !

Le manuel en japonais est utile mais parfois trompeur pour ceux qui ne maitrisent pas parfaitement la langue de Mishima.

Le montage 1 Le montage 2

Ensuite, s’armer de patience… Voici le résultat à mi-course, et plus de deux heures de travail. A noter que l’ensemble ne nécessite pas de colle, seulement des emboitements savants et des pliages délicats.

Le sommetLa tour terminée

En fin d’après-midi, Oh merveille, la Tour se dresse enfin devant nous, comme au premier jour.

Admirez la finesse du premier étage, avec son drapeau de tissu, son escalier en colimaçon et ses deux petits personnages sur la terrasse…

Le premier étage

Le premier étage n’est pas mal non plus.

Il existe de nombreux modèles de tour Eiffel miniature. Celui-là est plutôt réussi. Voici les références, pour ceux qui s’y intéresseraient: Aerobase E001 ( www.aerobase.jp ).

Bon courage !

Savin Yeatman-Eiffel

 

 

La Mairie de Dijon et l’Association des Descendants de Gustave Eiffel ont dévoilé hier, 18 juin 2014, une plaque commémorative sur le lieu de naissance de Gustave Eiffel au 16 quai Nicolas Rolin à Dijon.

La plaque

La relation entre le grand ingénieur et sa ville natale a été quelque peu tortueuse, ainsi que le rappelait Savin Yeatman-Eiffel, représentant de l’ADGE pour l’évènement, dans son discours (reproduit ci-après). On ne peut donc que se féliciter d’avantage de cette reconnaissance, même tardive, de la ville natale de Gustave envers un de ses fils les plus célèbres.

La plaque découverte par Alain Millot et Arion Yeatman-Eiffel – Photo Monique Lannes

La plaque a été découverte par Alain Millot, Maire de Dijon et Président du Grand Dijon, et le jeune Arion Yeatman-Eiffel (4 ans et demi) représentant la sixième génération des descendants de Gustave Eiffel.

Ont suivi, devant une foule nombreuse et chaleureuse, les discours d’Alain Millot, de Savin Yeatman-Eiffel, et de Françoise Colin, figure locale auteur d’un ouvrage sur Gustave Eiffel et résidente au 16 quai Nicolas Rolin.

Discours de Mr. Alain Millot, Maire de Dijon - Photo Monique Lannes

Discours de Mr. Alain Millot, Maire de Dijon – Photo Monique Lannes

Mr. Le Maire, Alain Millot, en présence de représentants de la 5eme et 6eme génération des descendants d'Eiffel

Mr. le Maire, Alain Millot, en présence de représentants de la 5eme et 6eme génération des descendants d’Eiffel

Discours de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l'ADGE

Discours de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l’ADGE

Discours de Françoise Colin

Discours de Françoise Colin

Robert Rigot, Grand Prix de Rome, et auteur de la sculpture monumentale « Le Rêve Ailé », installée sur le quai depuis 1981, était également présent.

Robert Rigot, à droite - photo d'Arion

Robert Rigot, à droite – photo d’Arion

La commémoration a été suivie par un vin d’honneur servi sous des tentes le long du quai.

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Remerciements à Monique Lannes, et à Arion, pour l’aimable utilisation de leurs clichés.

 

Reproduction du discours du représentant de l’ADGE:

Je m’appelle Savin Yeatman-Eiffel, je suis membre du bureau de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel et suis chargé de la représenter aujourd’hui pour cette pose de plaque commémorative.

Pour évoquer la naissance de Gustave Eiffel, je ne voudrais pas, comme je l’avais fait en décembre dernier, évoquer son œuvre en détail. Un simple rappel de quelques unes de ses plus importantes réalisations suffira :

–        la gare de Pest en Hongrie;

–        le monumental pont Maria Pia sur le Douro au Portugal;

–        le viaduc de Garabit, au-dessus de la Truyère – avec son grand arc de 165 mètres, et ses 122 mètres de haut ;

–        la Tour Eiffel, bien sur ;

–        ou encore l’ossature de la Statue de la Liberté à New York.

Je voudrais plutôt évoquer aujourd’hui ses humbles origines, que l’on a tendance à oublier. Le site wikipédia, corrigé depuis, parlait d’Eiffel comme étant issu d’un milieu aisé. Ce n’était pas le cas. Celui qui devint un des plus grands ingénieurs de son époque ; un des premiers grands capitaines d’industrie français – construisant ponts et bâtiments aux quatre coins du monde ;  un scientifique de premier plan, père des sciences météorologiques et aérodynamiques ; un mécène ; ou encore l’ami de Thomas Edison et des plus grands de son époque ; est né sur ce quai le 15 décembre 1832 – il y a 182 ans – dans une maison tout ce qu’il y a de plus modeste, et détruite d’ailleurs malheureusement en 1961 dans une quasi-indifférence générale.

Son père, François Alexandre Boenickhausen, dit « Eiffel », était un ancien hussard des armées napoléoniennes. Sa mère, Catherine Mélanie Moneuse, était la fille d’un commerçant en bois. C’est elle la figure centrale de la famille – une « maître femme », qui a certainement  insufflée chez son fils son ambition et son désir d’entreprendre. Catherine a l’idée de se lancer très tôt dans le commerce de houille. Sa petite affaire connait un essor rapide avec le décollage industriel, mais elle prive également Gustave de ses parents (son père vient bientôt seconder Catherine dans son affaire). Le garçon est élevé majoritairement par sa grand-mère, à quelques rues d’ici – rue Turgot.

Je laisse Gustave évoquer ses premières années en sa compagnie avec ses mots à lui: « La vue (de ma grand-mère) allait constamment en s’affaiblissant, ce qui nécessita l’opération de la cataracte. Cette opération n’ayant pas réussi, la laissa absolument aveugle et je dus la guider pour ses moindres déplacements de son fauteuil à la salle à manger. Je dus chaque jour lui faire la lecture de ses offices, quoique je trouvasse cela bien fastidieux. Aussi je cherchais à en esquiver le plus possible. Quand elle s’en apercevait, elle me punissait par un coup de baguette sur les doigts, et c’est moi-même qui allait chercher cette baguette pour la lui remettre. Une seule fois j’osais me révolter et brisais la baguette ; on fit alors appel à mon père qui, ce jour là, ne m’emmena pas faire avec lui la promenade habituelle à la Place d’Armes. (…) Il la remplaça par une correction manuelle qui m’empêcha de renouveler mon acte révolutionnaire. »

Une enfance modeste, et pas toujours très rose non plus !

Gustave restera à Dijon jusqu’au bac, avant de monter à Paris pour y poursuivre ses études. S’il ne reviendra plus à Dijon qu’occasionnellement, pour rendre visite à sa famille, il n’oubliera jamais ses années d’enfance auxquelles il consacre dans ses mémoires de nombreuses pages empreintes de nostalgie. Il n’en voudra ni à sa mère de l’avoir délaissée pour son travail: elle restera sa confidente et sa première conseillère jusqu’à sa mort ; ni à sa grand-mère de l’avoir battu, écrivant ailleurs qu’au fond « elle ne frappait pas si fort ».

Dijon par contre aura longtemps la mémoire plus courte. Lorsque le célèbre ingénieur est victime d’attaques infondées, et extrêmement virulentes, à la suite de la faillite du canal de panama, pour lequel, en simple prestataire, il avait commencé à fabriquer machineries et écluses, sa ville natale décide à la hâte de débaptiser le quai et le pont qui portaient son nom. La justice va rapidement le laver de tous soupçons, pas Dijon, qui ne rendra jamais leurs noms au quai et au pont débaptisés.

Avec la destruction du pont construit par Eiffel à Dijon, au cours de la deuxième guerre mondiale, puis celle de sa maison d’enfance en 1961, le lien entre le grand ingénieur et la ville continue à s’amenuiser encore.

En 1952, le grand chanoine Kir donne un premier signe de changement en redonnant à une avenue de Dijon le nom du célèbre fils du pays. Le « rêve ailé » de l’artiste Robert Rigot, installé en l’honneur d’Eiffel sur ce quai en 1981, poursuit dans cette voie. J’étais d’ailleurs présent le jour de l’inauguration, à 11 ans tout juste. J’en garde un souvenir très ému.

La commémoration des 90 ans de la mort de Gustave Eiffel que nous avons organisé ici-même en décembre dernier, et à laquelle certains d’entre vous étaient déjà présent, puis aujourd’hui la pose de cette plaque commémorative, qui en est la continuation logique, vont finir, je l’espère, par renverser définitivement la tendance. Je me réjouis en tout cas de cette nouvelle marque du lien retrouvé entre Gustave Eiffel et les dijonnais.

Pour finir, je me permets un rapide aparté sur l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, que je représente ici. Notre association regroupe les héritiers d’Eiffel au sens propre : la grande majorité de ses descendants directs (dont j’ai avec moi deux représentants de la sixième génération !), comme au sens large : tous les passionnés de ses œuvres.  Elle veille à la défense du nom et de l’image d’Eiffel et à la protection de ses ouvrages. L’ADGE a notamment initié la préservation de la passerelle Eiffel de Bordeaux, premier grand ouvrage de Gustave Eiffel en tant que maître d’œuvre, menacée de destruction et aujourd’hui heureusement classée aux monuments historiques. Elle gère également Gustaveeiffel.com, un site d’information et d’échange autour d’Eiffel que je vous invite à visiter.

Merci à Mr. le Maire de Dijon et Président du Grand Dijon, Alain Millot, pour son soutien et son accueil. J’espère que nous aurons l’occasion de collaborer ensemble à de futurs projets autour de Gustave Eiffel. Merci à ma très chère Françoise Colin, membre d’honneur de notre association, et fervente défenseur de la mémoire de Gustave Eiffel, sans qui cet évènement n’aurait pas pu avoir lieu. Merci enfin à vous tous pour être venu avec nous célébrer cet hommage un peu tardif, mais au combien bienvenu, de Dijon envers un de ses fils les plus fameux.

Savin Yeatman-Eiffel, Dijon, 18 juin 2014

 

L’ADGE a reçu cette semaine un mystérieux colis sans autre référence que le nom des expéditeurs, les non moins mystérieux: Mad In France, se définissant eux-même comme un groupuscule militant et porteur du manifeste  » Oui à une deuxième Tour Eiffel à Paris », que nous reproduisons ci-dessous.

Manifeste pour une Deuxième Tour Eiffel à Paris

L’idée, pour farfelue qu’elle soit, mérite bien un article sur notre site. Après tout, pourquoi la Tour, à 125 ans passés, n’aurait-elle pas le droit d’avoir une petite soeur !

Flyer des Mad In Grance

 

Savin Yeatman-Eiffel