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Sauvée de la destruction par les démarches entreprises par l’ADGE puis par nos amis de l’association « Sauvons la passerelle Eiffel », la passerelle Eiffel de Bordeaux se pare depuis le 16 juillet d’une superbe scénographie lumineuse conçue par Jean de Giacinto et David Durand avec l’association passerelle Eiffel en maître d’oeuvre. (photo ci-dessus par David Durand)

La dernière assemblée générale de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel s’est tenue le 12 mai 2012 dans les locaux de la Soufflerie Eiffel, 67 rue Boileau, 75016 Paris, en réponse à l’aimable invitation de monsieur Benoît Blanchard, directeur d’Aérodynamique Eiffel et Monsieur Martin Peter, conservateur « historique » du Laboratoire aérodynamique Eiffel. A l’issue de l’AG, l’ensemble des participants ont pu participer à une visite de la soufflerie et « célébrer » ainsi le centenaire de cette innovation décisive dans le domaine de l’aérodynamique.
La visite a été suivie d’une collation festive.

Nous tenons une nouvelle fois à remercier Messieurs Blanchard et Peter pour leur aimable collaboration à l’organisation de cet évènement.

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2012 sera l’année du centenaire de la création du Laboratoire Aérodynamique Eiffel. Moins célèbres auprès du grand public que sa Tour, les recherches en aérodynamique et en météorologie de Gustave Eiffel ont eu une influence considérable sur le développement de ces sciences.

Mr. André Granet faisait en 1962 l’historique des laboratoires Eiffel en ces termes :

« C’est afin de déterminer les lois de l’aérodynamique qu’Eiffel construisit au Champ de Mars, en 1909, un modeste laboratoire dont la soufflerie avait une veine d’air d’un mètre cinquante de diamètre, de trois mètres de long et où la vitesse de l’air pouvait varier de 5 a 20 m/sec à l’aide d’un moteur de 70 CV alimenté par la station électrique de la Tour. C’est à ce laboratoire que furent effectuées les premières recherches sur les profils d’ailes d’aéroplanes employées par WRIGHT, VOISIN,FARMAN,BLERIOT,puis sur des modèles d’avions complets conçus par ESNAULT-PELTERIE, NIEUPORT, LEVASSEUR. EIFFEL était occupé en 1911 à ses travaux expérimentaux sur les hélices quand il dut quitter le Champ de Mars où commençait de s’élever un nouveau quartier. Il fit alors construire à Auteuil, 67, rue Boileau, un laboratoire beaucoup plus complet, dont la soufflerie comportait une veine d’air de deux mètres de diamètre pouvant atteindre la vitesse de 30 m/sec. C’est ainsi que fut constituée définitivement la soufflerie aérodynamique «type Gustave EIFFEL» à l’aide de laquelle celui-ci a donné à la méthode des recherches aérodynamiques ses normes essentielles. Ce type de souff1erie a été reproduite depuis à de très nombreux exemplaires en France, en Hollande, au Japon, aux Etats-Unis. Certes le diamètre et la vitesse de la veine ont été considérablement augmentés puisque des aéronefs en grandeur réelle peuvent-être soumis à un courant d’air atteignant et même dépassant la vitesse du son, mais les principes n’ont pas variés. »

La soufflerie de 1a rue Boileau n’a cessé de rendre d’immenses services par ses essais aérodynamiques dans de nombreux domaines : Aéronautique, Automobile, Bâtiment, Bateaux, Centrales thermiques, Pont, Radars, etc… La contribution d’Eiffel fut grande, le futur Président du Conseil Pierre-Étienne Flandin, alors Sous-Secrétaire d’Etat à l’Armement le saluait en ces termes à la chambre des députés, le 28 Novembre 1922:

“Je voudrais que vous vous souveniez que l’Aérodynamique est née en France. C’est un grand Français auquel on ne rendra jamais assez hommage M. EIFFEL, qui, le premier, par ses travaux scientifiques, par le premier laboratoire Aérodynamique qu’il a organisé à ses frais a fixé dans le monde et pour le monde entier, les règles de l’Aérodynamique. »

Sur les traces de Gustave Eiffel

 

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Lors de son congrès national, qui se tenait cette année à Dijon, ville de naissance de Gustave Eiffel, la Société d’Entraide des Membres de la Légion d’Honneur a tenu à rendre hommage à notre ancêtre, lui-même officier de la Légion d’Honneur. Le mardi 7 juin 2011 étaient ainsi organisées dans les locaux du Palais des Congrès de Dijon une exposition sur Eiffel, préparée par des élèves de seconde du Lycée de Dijon qui porte son nom; ainsi qu’une conférence sur le grand ingénieur animée par Sylvain Yeatman-Eiffel, président d’honneur de l’ADGE, Savin Yeatman-Eiffel, trésorier de l’ADGE, et Mme Lochot, Directrice des Archives municipales de Dijon.

Au cours de la conférence, à laquelle assistait près de 250 congressistes venus de toute la France, Sylvain Yeatman-Eiffel a rappelé la carrière du célèbre ingénieur, en commençant par son enfance difficile à Dijon. Gustave Eiffel, fait chevalier puis officier de la Légion d’Honneur, était profondément amoureux de la France. Avant d’être honoré lui-même, il a tenu à faire de la Tour Eiffel un panthéon pour tous les grands scientifiques français, dont les noms de 72 d’entre eux ornent les cotés du premier étage de la Tour en grandes lettres d’or en relief de 60 cm de haut.

Sylvain Yeatman-Eiffel a poursuivi son exposé sur l’affaire de Panama et sur les pressions exercées par l’Assemblée Nationale sur le Conseil de l’Ordre pour retirer à Gustave Eiffel sa légion. Tout comme la Justice, le Conseil de l’Ordre ne trouva rien à reprocher à l’honneur de Gustave Eiffel et ira jusqu’à démissionner en block, un cas très rare dans son histoire, pour protester contre ces accusations infondées et les pressions politiques exercées à son encontre.

Innocenté mais profondément blessé par l’affaire de Panama, Gustave Eiffel se retira ensuite des affaires et se consacra jusqu’à la fin de sa vie à d’importants travaux scientifiques de météorologie et d’aérodynamisme. Ces derniers permirent, on l’oublie souvent, des avancées majeure dans le domaine de l’aviation. Comme toujours, Eiffel livra tous les résultats de ses travaux gratuitement à la communauté scientifique. Il accueillit également, avec le même esprit de philanthropie, des projets du monde entier dans la soufflerie qu’il fit construire d’abord aux pieds de la Tour, puis à partir de 1912 rue Boileau à Auteuil, où elle existe encore.

En épilogue, Sylvain Yeatman-Eiffel a rappellé que la ville de Dijon a été plus longue à laver l’honneur bafoué de l’enfant du pays. En plein cœur de l’affaire, la ville avait en effet décidé à la hâte de débaptiser le quai et le pont qui portaient le nom d’Eiffel. Il faudra attendre 1952 pour que le chanoine Kir redonne à une avenue proche du lieu de naissance de notre ancêtre le nom d’Eiffel. Le pont construit par Eiffel à Dijon, lui, a malheureusement été détruit pendant la deuxième guerre mondiale.

La conférence fut poursuivie par une intervention de Savin Yeatman-Eiffel, dressant un rapide bilan des actions de l’ADGE, et d’une présentation en image des lieux d’enfance de Gustave Eiffel par Mme Lochot. Gageons que cette sympathique conférence et cet hommage adressé à Gustave par ses pairs de la Légion d’Honneur dans la ville de son enfance, scellent définitivement la fin de la longue incompréhension entre Dijon et un de ses plus célèbre fils.

Savin Yeatman-Eiffel.

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Par un Arrêt du 16 Mai 2011, la Cour d’Appel de Bordeaux confirme l’interdiction pour la CFECM, filiale du groupe EIFFAGE, d’utiliser le patronyme « Eiffel » et donne raison aux deux parties plaignantes: Philippe Couperie-Eiffel d’une part, et l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, d’autre part.

Cet arrêt en date du 16 Mai 2011 :

– Confirme l’interdiction sous astreinte à la CFECM d’utiliser le patronyme « EIFFEL » à titre de marque, dénomination sociale, enseigne et nom commercial.

– Annule les marques de la CFECM, non en raison de l’existence des marques « Gustave Eiffel » déposées par Philippe Coupérie-Eiffel mais en raison de l’interdiction faite à la société CFECM d’utiliser le nom EIFFEL pour quelque usage que ce soit y compris à titre de marque, par effet de la décision prise par Gustave Eiffel en son temps d’interdire l’usage de son nom et du caractère inopérant de toutes les autorisations plus ou moins données postérieurement par tel ou tel descendant dès lors qu’aucun d’eux ne pouvait se prévaloir d’un accord de l’ensemble des descendants.

– Valide la démarche de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel en soulignant que son action n’est pas venue en contradiction avec les intérêts de Philippe Couperie-Eiffel, bien au contraire, et en insistant sur le nécessaire accord de l’ensemble des descendants pour toute défense du patronyme. L’arrêt souligne particulièrement qu’un descendant ne disposant pas d’un « mandat de l’ensemble des héritiers » n’avait pu (et ne pourrait) autoriser l’utilisation d’une marque « Eiffel », une telle autorisation nécessitant « l’accord de tous ».

Par Ailleurs, l’ADGE met en garde contre un communiqué erroné sur cette décision de justice repris par certains sites internet.

« Ayant le désir que ces quelques pages rappellent à chacun de mes enfants les principaux faits que j’ai pu recueillir sur notre famille, ainsi que l’historique de ma carrière scientifique et industrielle, j’offre cet exemplaire à mes chers petits-enfants avec l’assurance de toute mon affection. »
Gustave Eiffel, Sèvres, le 23 septembre 1923

Voici la dédicace des mémoires de Gustave Eiffel, dont nous publions ici, pour commencer, le premier chapitre du Tome 2, consacré à sa carrière et ses constructions :

 

Chapitre 1 : Mes débuts

Je suis né à Dijon le 15 décembre 1832, et fis toutes mes études au lycée de cette ville. En 1850, j’ai obtenu dans la même année le grade de bachelier ès lettres à la Faculté des Lettres et celui de bachelier ès sciences à la Faculté des Sciences.

Comme j’avais l’intention de me présenter au Concours d’admission à l’Ecole Polytechnique, je vins à Paris à la fin de 1850 et suis entré à l’Ecole préparatoire de Sainte Barbe.

A la suite de deux années de spéciales, je fus déclaré admissible à subir les examens de 2ème degré (août 1852), mais je ne fus pas reçu à titre définitif, tout en étant classé dans un très bon rang après le dernier admis.

Mon certificat d’admissibilité à l’Ecole Polytechnique me dispensa de l’examen d’entrée à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, vers lequel j’ai tourné ma carrière. J’y suis entré en 1853 et en sortis en 1855, après les trois années réglementaires des études, avec le diplôme d’Ingénieur chimiste.

Le choix de cette spécialité était motivé par une vague idée d’entrer plus tard dans la fabrique de produits chimiques de mon oncle maternel Mollerat. Une brouille de famille étant intervenue, cela m’empêcha de donner suite à ce projet.

En 1855, à ma sortie de l’Ecole Centrale je suis entré chez Charles Neveu, Ingénieur-constructeur de matériel de chemins de fer, membre du Comité de la Société des Ingénieurs Civils.

Charles Neveu était à la tête d’ateliers importants, dont les principaux étaient situés à Paris, rue de la Bienfaisance, dans un quartier alors presque désert, où n’habitaient guère que quelques chiffonniers et qui était connu à cette époque sous le nom de « Petite Pologne »- C’est sur l’emplacement de ces ateliers, que s’élève actuellement l’Eglise Saint Augustin et la transformation du quartier, commencée vers 1856, en a fait depuis, l’un des plus somptueux et animé de Paris.

Les ateliers de la rue de la Bienfaisance avaient une annexe à Clichy, près du pont d’Asnières, où l’on s’occupait plus spécialement de la construction de wagons. Le grand terrain qu’elle occupait fut acquis par la Compagnie Générale de matériels de Chemins de Fer, dont il va être parlé plus loin, par suite de sa fusion avec les Etablissements Neveu. Il est actuellement la propriété de la Compagnie Parisienne du Gaz, qui y a installé une de ses plus grande usine.

Le domicile personnel de Monsieur Neveu était rue de la Victoire, et c’est là qu’il m’installa quand j’ai accepté l’emploi qu’il m’avait offert chez lui, aux appointements de 150 francs par mois. Cet emploi était celui de son secrétaire personnel pour étudier les questions qu’il s’était réservées et notamment celles des fondations en rivière pour laquelle il avait déjà de nombreux documents et qui devait faire l’objet d’un mémoire à présenter aux Ingénieurs Civils.

De ce mémoire nous retiendrons seulement la partie relative à l’emploi de presses hydrauliques pour le fonçage des tubes à l’aide de l’air comprimé. J’ai eu l’occasion d’en faire l’application quelques mois plus tard au pont de Bordeaux et, par la suite, pour la construction d’un certain nombre d’autres ponts, en particulier celui de la Nive à Bayonne, et celui de Floirac sur la Dordogne.

Sans vouloir en faire une description complète, je rappellerai seulement que le principe consistait à reporter l’action de contrepoids, sur le sommet des tubes constituant les piles à foncer, par l’intermédiaire de presses hydrauliques. L’action de ces contrepoids servait soit à résister à la pression intérieure due à l’air comprimé, soit à vaincre les frottements que le terrain présentait à l’enfoncement.

J’ai employé ce procédé avec beaucoup de succès et mis en valeur les avantages qu’il présentait Il a été abandonné depuis et remplacé, avantageusement d’ailleurs, par celui consistant à utiliser le poids du béton formant le remplissage de l’enveloppe métallique extérieure ; mais il n’en a pas moins rendu, jusqu’à là, tous les services qu’on pouvait en attendre. On voit ci contre un croquis de cette disposition.

C’est cette entrée dans les travaux publics, par l’intermédiaire de Monsieur Neveu, qui décida de mon entière carrière ; je l’ai suivi sans m’en écarter et cette continuité professionnelle est devenue ma principale règle de conduite.

Je me suis attaché par des relations d’intimité à Monsieur Neveu, dont le caractère était très sympathique, et je lui ai voué une sincère amitié qui devint bientôt réciproque. Le travail qu’il m’avait confié me mit en rapport avec ses amis. Ils étaient tous des hommes de valeur ; parmi ceux-ci je citerai : Léon Mélines, qui devint plus tard l’un des plus distingués Président de la Société des Ingénieurs Civils, Emile Trélat, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers et fondateur de l’Ecole d’Architecture, et Henri de Dion, chargé par Flachat de la restauration très délicate de la tour principale de la cathédrale de Bayeux. Ces messieurs n’hésitèrent pas à me traiter comme un jeune camarade auquel on pouvait pronostiquer un bel avenir.

Malheureusement, après quelque temps, les affaires de Monsieur Neveu vinrent à péricliter au point qu’il crut ne plus pouvoir me conserver comme employé. Mais quand il me fit part de cette décision, je lui ai déclaré spontanément que j’avais toute confiance en lui pour mon avenir et lui ai demandé de continuer, même sans appointements, à travailler sous ses ordres. Monsieur Neveu, très touché de cette marque de confiance, accepta mon offre et en facilita l’exécution en me faisant entrer provisoirement à la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest, sous les ordres de deux de ses amis, Messieurs Chabrié et Gottshalk, avec de modestes appointements de 125 francs par mois.

Mais bientôt Monsieur Neveu réussit à remettre sur pied sa maison de construction, en la fusionnant avec une maison belge la Compagnie Générale de Matériel de Chemins de Fer dont François Pauwels était directeur général, et dont les ateliers très importants se trouvaient à Molenbeek-Saint-Jean, près de Bruxelles.

Je figurai dans cette réorganisation comme Chef du bureau des études dans les usines de Paris.

Avec l’appui financier de cette puissante firme belge Charles Neveu, nommé directeur à Paris de la société, réussit à traiter avec la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, la construction du pont de Bordeaux, destiné à raccorder le réseau de la Compagnie d’Orléans à celui de la Compagnie du Midi.

Ce pont d’une grande importance traverse la Garonne par un tablier métallique de 500 mètres de longueur, reposant sur six piles établies à air comprimé à une profondeur de 25 mètres sous l’eau.

C’était une des premières applications qui aient été faites de ce mode de fondation et en même temps, l’un des plus importants ouvrages en fer construits à cette époque.

Monsieur Neveu me confia en 1858 bien que je ne fus âgé que de 26 ans, l’exécution de ces travaux. Il y adjoignit même le façonnage complet de la partie métallique, lequel fut exécuté à pied d’œuvre dans les ateliers construits spécialement dans ce but. En fait, j’étais chargé de l’ensemble du travail comprenant charpentes en rivière, pont de service, fondations à air comprimé, fabrication et montage du tablier métallique. Le tout représentait une entreprise de trois millions.

Je me suis tiré à mon honneur de cette tâche qui m’était dévolue et ai terminé les travaux dans le délai prévu de deux ans, en appelant sur ceux-ci l’attention favorable du monde des ingénieurs.

La Compagnie du Midi, chargée de la surveillance des travaux, était représentée par son ingénieur en chef, de La Roche Tanlay. Cet ingénieur très distingué, qui avait étudié en détail les plans de l’ouvrage avec moi, se montra toujours vis à vis de moi plein de bienveillance pendant toute la durée des travaux et, après l’achèvement du pont, il continua à me témoigner, pendant de longues années le plus amical intérêt. Il me chargea en effet d’une série d’autres travaux pour la Compagnie du Midi, que j’ai exécutés dans les ateliers que j’avais installés pour la construction du pont de Bordeaux, notamment le pont de la Nive à Bayonne, fondé également à air comprimé.

Comme marque du grand intérêt qu’il me portait, de La Roche Tanlay me recommanda très chaleureusement à son ami J. B. Krantz, alors en résidence à Périgueux, qui avait à ce moment de grands travaux à exécuter pour le Réseau Central de la Compagnie d’Orléans et à H. Duval, son beau frère, qui était sous les ordres de J. B. Krantz. Ces deux ingénieurs étaient des hommes de premier ordre. Ils m’accordèrent une confiance absolue et traitèrent avec moi l’exécution de plusieurs ouvrages, entre autres les ponts de Capdenac sur le Lot, et de Floirac sur la Dordogne. C’est donc à Charles Neveu et aux trois ingénieurs de La Roche Tanlay, Krantz et Duval que j’ai dû en grande partie, le succès de mes premières entreprises, ce dont je leur serai toujours éternellement reconnaissant.

Je me suis efforcé de me rendre digne de la confiance qu’ils m’avaient ainsi témoignée et j’ai par la suite conservé, avec chacun d’eux des relations les plus affectueuses.

J. B. Krantz qui fut Commissaire Général de l’Exposition de 1878, est celui qui eut l’occasion de témoigner de la manière la plus efficace sa bienveillance très amicale à mon égard, par la suite des hautes fonctions qu’il occupa successivement dans les Expositions de 1867 et de 1878.

Enfin un ingénieur, Léon Courras, Secrétaire Général du Réseau Central de la Compagnie d’Orléans, se lia d’amitié avec moi et m’aida de ses conseils marqués au coin du bon sens. Il me patronna auprès de Nordling, Ingénieur en chef de la Construction, lequel s’occupait à ce moment de l’étude des viaducs sur les hautes piles métalliques de la ligne de Commentry à Ganat. Celui-ci, auquel Léon Courras fit partager sa confiance pour me choisir comme collaborateur précieux en vue de l’exécution de ces travaux difficiles, me chargea, en 1868, dans un marché de gré à gré, de l’étude et de la construction, sous sa direction, de deux des quatre viaducs à construire : ceux de la Sioule et de Neuvial ; les deux autres devant l’être par la Compagnie de Fives-Lille.

Cette commande arriva d’autant plus à propos que, ayant liquidé mes chantiers à Bordeaux, je venais d’installer définitivement mes ateliers à Levallois-Perret. C’est à partir de ce moment, que je fus classé parmi les constructeurs appelés à l’adjudication des grands travaux.

A cette époque, lorsque l’Exposition de 1867 fut décidée, on nomma J. B. Krantz, Directeur de la Construction. Il fit de suite appel à moi ; mais comme je n’avais pas encore mes ateliers en fonctionnement, il ne put me donner qu’une collaboration technique. On me chargea d’établir le projet des fermes en arc de la Galerie des Machines, ainsi que de l’étude théorique de ces arcs et de la vérification expérimentale des résultats de ces calculs. Les telles expériences qui furent décidées sur les arcs en grandeur furent faites dans les Ateliers Gouin avec le concours de Monsieur Tresca, Directeur du Conservatoire des Arts et Métiers et de Monsieur Fosquet, Directeur de la Maison Gouin. Je les aient consignées dans un mémoire où pour la première fois, est déterminée expérimentalement la valeur du module d’élasticité applicable aux pièces composées entrant dans les constructions métalliques. Cette valeur qui s’élevait à 16×10 a été admise depuis lors d’une manière à peu près générale.

En dehors de ce concours technique que j’ai apporté sans compter à J. B. Krantz, je n’ai pu faire que des travaux de peu d’importance, tels que la Galerie des Beaux Arts et d’Archéologie, formant la partie Centrale de l’Exposition. Ce n’est que dans les Expositions qui suivirent, en 1878, et en 1889, que mon rôle comme constructeur s’affirma avec une grande ampleur, ainsi qu’il sera dit plus loin.

Avant de terminer cet exposé sur mes débuts dans l’industrie des constructions métalliques il n’est que juste de mentionner encore Jules Charton, Ingénieur de la Compagnie du Midi et E. Mascart, membre de l’Institut et Directeur du Bureau Central Météorologique, qui ne cessèrent de me suivre dans ma carrière, en m’aidant de tous leurs efforts et en m’apportant l’appui de leur affectueux intérêt.

 

(c)Association des Descendants de Gustave Eiffel – gustaveeiffel.com
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Premier ouvrage de Gustave Eiffel en tant que maître d’œuvre, la grande passerelle de Bordeaux a été construit en 1868 lorsque GE avait 26 ans. Elle eu une grande importance pour notre ancêtre en lui permettant d’acquérir une expérience précieuse tant sur la technique que sur la direction d’un important chantier.

Plus utilisée par la SNCF, elle était, il y a encore quelques années, menacée de destruction. L’ADGE a entrepris de nombreuses démarches au près des autorités et du grand public, dés 2001, pour tenter de la sauver (cf. news précédentes). Pour renforcer ce combat, directement sur le terrain, nos cousins Myriam Larnaudie-Eiffel et Xavier Larnaudie-Eiffel ont créé à Bordeaux en 2005 l’Association « Sauvons la passerelle Eiffel ». Cette Association réunit aujourd’hui plus de 300 membres. Après une campagne de mobilisation auprès des médias et de lobbying auprès des autorités compétentes ainsi que de l’UNESCO, elle a obtenu une première victoire en juin 2009 avec l’inscription de la passerelle aux Monuments Historiques.

L’arrêté du 22 février 2010, qui confirme ce classement, fait franchir un nouveau cap décisif à ce long combat entamé depuis 2001 : la passerelle ne pourra plus être détruite, et l’on peut commencer à envisager sereinement son avenir.

L’association « Sauvons la passerelle Eiffel » travaille désormais sur un projet d’une reconversion intelligente de la passerelle Eiffel en liaison avec la reconversion du quartier de la gare. Plusieurs projets sont actuellement en cours d’étude, l’association appuyant particulièrement une utilisation « douce » de la passerelle (forte densité piétonne et interdiction des voitures) et s’efforce d’y attacher une forte vocation culturelle, grâce notamment à l’installation de la FRAC dans les anciens abattoirs. Il est ainsi envisagé de faire de la passerelle un lieu d’exposition culturelle.

Pour plus d’information à ce sujet, ou apporter votre concours, voici le contact direct de la secrétaire générale de « Sauvons la passerelle Eiffel »  :

Myriam Larnaudie-Eiffel
11 place des Quinconces
33000 Bordeaux
06 12 49 28 94
mleiffel@cegetel.net

 

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Suite à la restauration complète de la tombe de Gustave Eiffel par la Mairie de Levallois, à la demande de l’ADGE, les descendants du grand ingénieur ont tenu leur AG dans la ville et en ont profité pour se recueillir ensemble devant la chapelle funéraire de leur ancêtre.

Nous avons été accueillis au cimetière de Levallois par Denis Knecht, adjoint au maire délégué aux commerces et à la vie associative, par Christine Boone adjoint au maire déléguée aux affaires générales et par Françoise Legrand directrice des affaires culturelles, que nous tenons à remercier une fois de plus ici.

Gustave Eiffel avait acheté une concession perpétuelle en 1872 et fait construire une chapelle pour sa famille. C’est là que furent successivement inhumés :
– sa femme Marguerite en 1877,
– sa petite fille Marguerite Legrain en 1890,(enterrée d’abord à Rueil en 1886),
– sa sœur Catherine Hennocque en 1901,
– son beau frère le docteur Léon Hennocque en 1902,
– Gustave Eiffel en 1923,
– Son gendre Adolphe Salles en 1923,
– Sa fille Claire Salles en 1934,
– Son petit fils Georges Salles en 1966.

Le cimetière de Levallois vénère d’autres illustres concitoyens enterrés là et notamment la révolutionnaire Louise Michel et le musicien Maurice Ravel.

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A l’occasion des 120 ans de la Tour Eiffel, la Marie de Paris a eu l’heureuse idée de rendre hommage à son concepteur par une exposition très complète qui se déroulera du 7 mai au 29 Aout.

Nous étions présents au vernissage et vous conseillons vivement de vous y rendre! En plus des habituelles photos sur les travaux et la vie d’Eiffel, de nombreuses oeuvres d’art liées à la Tour Eiffel sont exposées, y compris celles de Rivière, Seurat ou Delauney.

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Une des 36 vues de la Tour Eiffel d’Henri Rivière

A noter également le catalogue très complet de l’exposition, publié sous la direction de Caroline Mathieu.

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A la mort prématurée de sa femme Marguerite, le 5 août 1877, Gustave Eiffel qui habitait à cette époque à Levallois, acheta une concession dans le cimetière de Levallois-Perret, pour l’inhumer et y fit construire une chapelle funéraire.

Lors de la constitution de notre association, Solange Granet nous transmit l’entretien de la tombe de notre aïeul.

En 2005 la société Santilly Bigard que nous avions chargé de l’entretien courant nous a informé d’un écartement inquiétant survenu entre les deux pierres formant la toiture en raison des trépidations en provenance des trains passant à proximité. Le devis de réparation que nous avons demandé étant très élevé, l’ADGE s’est tourné vers la Mairie pour lui demander son soutien à l’entretien de la tombe d’un illustre concitoyen.

La Mairie de Levallois, que nous remercions ici à nouveau, a répondu très favorablement à notre requête.

Le Maire a même envisagé de déplacer la tombe pour la placer à l’entrée principale du cimetière afin de servir de phare et d’éviter aussi le renouvellement des trépidations ferroviaires. La présence d’arbres aux racines dangereuses n’a finalement pas permis cette migration et la rénovation s’est faite in situ.

Entre les mois d’octobre et décembre 2007, la chapelle funéraire de Gustave Eiffel a été entièrement démontée et remontée après renforcement des fondations, réparation et nettoyage des pierres la constituant.

La chapelle est aujourd’hui comme neuve!

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