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L’association, « EIFFEL né à DIJON » a été crée en février 2018 pour développer les connaissances des Dijonnais sur leur concitoyen dont beaucoup ignorent encore la naissance du grand ingénieur dans leur ville. Elle a notamment pour projet de promouvoir la création d’un lieu qui lui soit consacré, convaincue  qu’un Musée Gustave Eiffel à Dijon pourrait attirer des visiteurs intéressés par l’histoire de Dijon au XIXe siècle (importance du canal de Bourgogne, développement du rail, de l’industrie du charbon comme des produits alimentaires typiques de Dijon auxquels la famille de Gustave Eiffel était liée, par sa mère Mélanie Moneuse comme par on oncle Mollerat) et bien sûr par l’histoire et le travail de cet illustre Dijonnais.

Comme nous l’annoncions il y a quelques semaines, l’association Eiffel né à DIJON a voulu s’associer à la célébration des 130 ans de la Tour Eiffel en organisant trois jours de manifestations dans la ville, une exposition, des conférences, deux représentations du spectacle Gustave Eiffel en fer et contre tous par son auteur-interprète Alexandre Delimoges, ainsi qu’un diner d’hommage, auquel notre cousine Dosithée Bertelot-Eiffel représentait l’ADGE au titre d’invité d’honneur.

 

Salle comble pour les conférences sur Gustave Eiffel dans le prestigieux Hôtel Despringles

Salle combe également au Théâtre des Feuillants pour les représentations de « Eiffel, en fer et contre tous. »

 

Voici le compte rendu du Diner par notre cousine:

Les journées commémoratives ont débuté le 7 novembre par un diner organisé au Restaurant d’application Le Gustave, du lycée Le Castel qui occupe la demeure des parents de notre aïeul de 1843 à 1865. J’ai eu le privilège d’être reçue chaleureusement au titre de descendante de Gustave Eiffel et représentante de l’ADGE. Une centaine de convives ont été parfaitement reçus par les élèves de la section hôtelière : menus délicieux composé en faisant référence à des menus d’époque, vins choisis en provenance du village où Gustave enfant passait ses vacances chez une tante, service impeccable. J’étais reçue à la table d’honneur par Mme Michèle Bransolle, présidente de l’Association avec M. Philippe Viollon, Proviseur du Lycée et son adjointe, Mme Bénédicte Vernet, M Frédéric Faverjon, Conseiller municipal, et les conférenciers devant s’exprimer pendant l‘exposition. J’ai eu grand plaisir à y retrouver Mme Françoise Colin, la si passionnée et efficace Membre d’Honneur de l’ADGE.

 

Le diner commémoratif au Castel

Notre cousine Dosithée Berthelot-Eiffel, à gauche, aux côtés de Michèle Bransolle et des principaux autres organisateurs des journées Eiffel

Dosithée retrouve à Dijon Madame Colin, membre d’honneur de l’ADGE

Quelques discours furent prononcés au cours du diner : la Présidente exposa le but de l’Association EIFFEL né à DIJON, se réjouissant d’avoir déjà réuni plus de 110 membres ; le Proviseur dit le plaisir qu’il avait de travailler en ce lieu, où il avait été lui-même élève, et sa fierté de voir reconnue la qualité de la section hôtelière ; M. Faverjon assura le soutien de la Ville à l’activité de l’association. Je fus invitée à parler à mon tour : après le rappel des deux précédentes occasions où je fus reçue à Dijon pour y célébrer notre aïeul (inauguration du monument Le Rêve ailé de Robert Rigot au bord du canal, au printemps 1981, en présence, notamment, d’Henriette Venot ; pose d’une gerbe, le 13 décembre 2013, au pied du monument pour les 90 ans de la mort de Gustave Eiffel) j’ai dit combien l’ADGE se réjouissait de la création d’une association avec laquelle elle aurait plaisir à collaborer. J’ai aussi rappelé le rôle incontestable d’une « grande dame » de Dijon, Mélanie Moneuse, dans la formation et le soutien d’un fils en lequel sa mère avait placé ses ambitions et sa reconnaissance sociale.

Pierre Jaillet a parlé de la Tour de 4m de haut qu’il a construite en pièces de Meccano et qu’il a donnée à l’Association comme première pièce du futur Musée Eiffel de Dijon. Au cours du diner nous fut aussi présenté le beau tableau de Mr. Jean Claude Lardrot, réalisé pour illustrer la relation entre Eiffel et sa ville natale et dont le droit de reproduction a été offert à l’Association EIFFEL né à DIJON.

Dosithée Berthelot-Eiffel

 

« Je souhaitais faire une image actuelle et positive, comme si EIFFEL ressuscitait aujourd’hui, au 21ème siècle » – Jean Claude Lardrot

 

Les événements qui ont suivi les jours suivants ont été un grand succès avec plus de 700 visiteurs en 2 jours et demi pour l’exposition et les conférences, et des salles combles pour les représentations de « Eiffel, en Fer et contre tous ».

 

L’exposition Gustave Eiffel à l’Hôtel Despringles

Alexandre Delimoges interprète avec passion son spectacle « Eiffel en fer et contre tous » au Théâtre des Feuillants

Bravo à Michelle Bransolle et ses amis de l’association EIFFEL, né à DIJON, qui comptent désormais plus de 130 membres à l’issue de ces journées, ainsi qu’à tous les organisateurs et soutiens de l’événement ! Espérons tous ensemble que l’on entendra de moins en moins à Dijon la phrase « Ah bon ! Gustave Eiffel est né à Dijon ? »

Poursuivant les célébrations des 130 ans de la Tour, la SETE organise sur le parvis une très belle exposition sur sa construction. Gratuite, elle se tiendra jusqu’au 24 novembre.

Plusieurs membres du bureau de l’ADGE étaient présents au pot d’ouverture le 26 septembre, dont notre cousine Myriam Larnaudie-Eiffel, qui a été associée de près à cette belle entreprise.

L’exposition est située dans un grand dôme futuriste. Si les dimensions cyclopéennes de la Tour font paraitre cet espace relativement petit de l’extérieur, il s’avère très spacieux une fois à l’intérieur.

L’exposition, tout en restant riche en contenu, est présentée d’une manière à la fois design et très accessible, en ayant souvent recours à l’interactivité des visiteurs, et notamment des plus jeunes d’entre eux.

Les textes sont par ailleurs affichés simultanément en Français, en Anglais et Espagnol. Une très belle réussite donc, qui devrait ravir un large public.

La soirée d’ouverture était cependant endeuillée par la nouvelle, tombée un plus tôt, de la mort du Président Chirac. Les invités ont été conviés par le Directeur Générale de la SETE, Mr. Patrick Branco Ruivo, à partager une minute de silence. La Tour fut également exceptionnellement fermée ce soir là à 21h00.

Savin Yeatman-Eiffel

 

La cérémonie organisée à l’ambassade des Philippines pour le 121ème anniversaire de l’indépendance de ce beau pays, a été l’occasion de présenter le livre « The Philippines and France – Discovery Rediscovery » auquel a contribué notre association. Notre président, Alain Coupérie-Eiffel y représentait l’ADGE.

Madame La Consule Générale et Madame l’Ambassadrice en compagnie du président de l’ADGE.

Gustave Eiffel, en effet, a construit plusieurs ouvrages importants aux Philippines dont l’église de Manille, en1875, le Phare de Saint Nicolas, en 1878, et des très nombreux ponts dans les années 1890. Ces constructions sont un témoignage des relations anciennes nouées entre nos deux pays.

 

 

Dans le cadre des célébrations du 130ème anniversaire de la Tour Eiffel, la famille Eiffel a pu donner son point de vue sur de nombreux médias, notamment sur la matinale de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM-TV, ou encore sur Europe 1, dans l’émission de Wendy Bouchard, particulièrement bien nommée ce jour là : « le Tour de la question ».

Lien direct vers l’émission de Jean-Jacques Bourdin.

Le 15 mai dernier, on célébrait les 130 ans de l’ouverture au public de la Tour Eiffel dans le cadre de l’Exposition Universelle de 1889.

Toute une série d’évènements avait été organisée pour l’occasion :

  • Au cours de la journée, 1300 enfants des centres de loisirs parisiens, tous âgés de 6 à 12 ans, avaient été invité à venir visiter les 2ème et 1er étages.
  • Dans la soirée, dans le salon Gustave Eiffel du premier étage, le président de la SETE, Bernard Gaudillère, et la Maire de Paris, Anne Hidalgo, faisaient le point devant journalistes et invités sur les rénovations en cours et à venir sur la Tour et au Champ-de-Mars. Les représentants de l’ADGE étaient bien sur présents sur place.

  • Au même moment sur le parvis, la chanteuse Jeanne Added et ses musiciens donnaient un concert électrisant qui a ravi tous ceux qui ont eu la chance d’être présents sur place.

  • Quelques dizaines de minutes plus tard, à la tombée de la nuit, le Président de la SETE déclenchait depuis un pupitre installé dans les jardins du Trocadéro une des plus belles illuminations que l’on ait eu la chance de voir sur la Tour. Cette dernière, d’une durée de 12 minutes, est l’œuvre de Bruno Seillier, responsable entre autre des splendides scénographies de la « Nuit des Invalides » et de la « Dame de Cœur » à Notre-Dame. Cette création originale, visuelle et sonore, sera donnée 3 fois par jour entre 22h et minuit, exclusivement les 15, 16 et 17 mai. Inutile de préciser que les Jardins et l’Esplanade du Trocadéro étaient noirs de monde.

Savin Yeatman-Eiffel

Un nouveau reportage très complet a été diffusé vendredi dernier 29 avril sur France 3, dans l’émission Météo à la Carte, pour les 130 ans de la Tour Eiffel.

On y voit entre autre notre cousin Savin Yeatman-Eiffel y livrer de nombreux petits secrets sur la construction du chef d’oeuvre de notre ancêtre.

Lien vers le catchup ici.

La seconde partie du reportage sera diffusée lundi 1er avril à 13h00.

Pour les 130 ans de la Tour Eiffel, France 3 a diffusé dans son 19/20 national le reportage : « Que reste-t-il de Gustave Eiffel, le génie du fer », une très bonne introduction à l’oeuvre d’Eiffel.

Notre cousin Savin Yeatman-Eiffel y évoque notamment quelques souvenirs de sa grand-mère.

Voici le lien pour le revoir en replay.

 

L’Association des Descendants de Gustave Eiffel avait effectué en 2003 (lien vers la news ici ) une merveilleuse visite du Viaduc de Garabit, et avait été notamment exceptionnellement autorisée à pénétrer à l’intérieur de la structure de l’arche pour franchir la Truyère.

Notre retour en 2018, pour participer aux commémorations des 130 ans de l’ouverture de la ligne Paris-Bezier et fêter le classement du célèbre viaduc aux monuments historiques, ne nous a pas déçus. Ce fut un weekend chargé et rempli de moments inoubliables !

Pour rappel, le Viaduc de Garabit est une des plus célèbres constructions de Gustave Eiffel après la Tour, et celle sur la base de laquelle la construction de cette dernière fut rendu possible. 3326 tonnes, 564 m de longueur dont 448 pour la partie métallique, une arche centrale enjambant la vallée de 163 mètres de largeur avec une hauteur de flèche moyenne de 65 mètres, un tablier surplombant la Truyère du haut de ses 122 mètres, le viaduc était un véritable tour de force pour l’époque dont on continue aujourd’hui encore à admirer la ligne parfaite, et la puissance. Achevé en 4 années, de 1880 à 1884, il fallu attendre 1888 pour que l’ouvrage soit inauguré, en présence de Gustave Eiffel, le temps pour le reste de la ligne d’être achevé.

Organisée par nos amis de l’association des Amis de Garabit, et notamment par Hélène Bonabal et Patricia Rochés, que nous remercions ici, les festivités publiques se sont succédées sans interruption tout au long de la journée du 30 septembre. Au petit matin les choses semblait pourtant mal parti : une brume épaisse noyait la vallée et l’ont pouvait entendre un long roulement de tonnerre dans le lointain.

Fort heureusement, le soleil dissipait rapidement la couche de brume et plus aucun contre temps ne fut à signaler par la suite.

Une foule très nombreuse d’habitants des communes avoisinantes et de passionnés de ponts s’était réuni, pour une grande part d’entre eux en costumes d’époque, devant l’arrêt de train de Garabit. Nos cousins Delphine Berthelot-Eiffel et Savin Yeatman-Eiffel avaient eux aussi joué le jeu de la reconstitution. Savin avait même laissé pousser sa barbe pour ressembler un peu plus à son ancêtre. Leur arrivée, en voiture ancienne (une Brazier) fut très remarquée, même si le véhicule était un peu en avance pour 1888 (!)

Savin Yeatman-Eiffel et Delphine Berthelot-Eiffel arrivant à Garabit…

…en costumes d’époque!

Ils furent aussitôt accueillis par Bruno Paran, le maire de Val d’Arcomie, et par Martine Guibert, la vice-présidente déléguée aux transports de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Jean-claude Plassard, arrière petit neveux de Léon Boyer, l’ingénieur à l’origine de la décision de franchir la Truyère par un grand viaduc, était également présent.

De gauche à droite: Bruno Paran, maire de Val d’Arcomie, Hélène Bonabal de l’AMIGA, Martine Guibert, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Mr. le ministre Jacques Godfrain, Savin Yeatman-Eiffel et ses enfants, Delphine Berthelot-Eiffel, et Jean-claude Plassard, arrière petit neveux de Léon Boyer.

Après une première série d’intervention des élus, ainsi qu’une présentation historique du Viaduc par Patricia Rochès, Savin Yeatman-Eiffel donnait la réplique à plusieurs acteurs en costumes pour une très véridique reconstitution des cérémonies de l’inauguration de la ligne en 1888 dans laquelle il interprétait Gustave. La copie de son discours, qui rappelle les grandes étapes de la construction du viaduc, est reproduite à la fin de cet article.

La reconstitution fut suivie d’un déjeuner 1900 de haute volée, organisée par les Toques d’Auvergne. A la suite de celui-ci, les officiels furent invités à monter à bord d’un train commémoratif, spécialement affrété pour l’occasion par SNCF-réseau, pour franchir le viaduc.

La vue saisissante depuis le train

Après un nouveau discours touchant des descendants Eiffel et Boyer à la gare de Saint-Flour, tout le monde était de retour à la gare de Garabit pour la suite du programme.

Il s’agissait cette fois de célébrer le récent classement aux monuments historiques du viaduc. Les deux anciens ministres en charge du dossier avec l’association des Viaducs de l’Extrême, Messieurs Jacques Godfrain et Jean-Claude Gayssot, prirent tour à tour la parole, suivis par les maires des communes avoisinantes, notamment Mr.  Bruno Paran, le maire de Val d’Arcomie et Mr. Gérard Delpy, maire de Ruynes-en-Mageride, ainsi que Mr. Jean-Jacques Monloubou, président du Syndicat Mixte de Garabit-Grandvalles, et les représentants des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie : Martine Guilbert, pour la première, et Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des mobilités et infrastructures transports, pour la seconde. Tous ont exprimé avec force leur attachement au viaduc de Garabit et à la pérennité de la ligne dont il est le point d’orgue – ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Toujours en activité, cette ligne de chemin de fer de désormais 130 ans, reste un lien indispensable entre les habitants et les entreprises des deux côtés de la vallée de la Truyère.

Crédit photo: La Montagne

De gauche à droite: Patricia Rochés de l’AMIGA, Bruno Paran, maire de Val d’Arcomie, Delphine Berthelot-Eiffel, Mr. Jean-Jacques Monloubou, président du Syndicat Mixte de Garabit-Grandvalles, Savin Yeatman-Eiffel,  Jean-Luc Gibelin, vice-président de l’Occitanie, Mr. Le Sous-Préfet Serge Delrieu, et Mr. Le Ministre Jean-Claude Gayssot.

La plaque des monuments historiques

Les festivités se sont encore poursuivies jusqu’à tard dans la journée avec des danses folkloriques, un concours de costumes et un concours de peintures du Viaduc.

Merci à tous les participants à cette belle commémoration –  habitants, associations et élus – et à l’attachement sincère au majestueux Viaduc de Garabit dont ils ont fait preuve pendant tout le weekend !

 

Copie du discours prononcé par Savin Yeatman-Eiffel (interprétant Gustave Eiffel) lors de la reconstitution de l’inauguration de la ligne Paris-Bézier de 1888 :

« Monsieur le Ministre, monsieur le Préfet, monsieur le Maire, mesdames, messieurs, 

C’est avec émotion, et une certaine fierté, je dois l’avouer, que je prends à mon tour la parole.

L’ouvrage devant nous, qui franchit aujourd’hui si majestueusement la Truyère, est le fruit d’un travail acharné de quatre années, terminé fin 1884, et nous attendions avec impatience que s’achèvent enfin les test de résistance, et l’ouverture complète de la ligne que nous célébrons aujourd’hui.

La masse et les dimensions du Viaduc de Garabit, permettez moi de le rappeler (les ingénieurs sont friands de chiffres), sont considérables : 3326 tonnes, 564 m de longueur dont 448 pour la partie métallique, une arche centrale enjambant la vallée de 163 mètres de largeur avec une hauteur de flèche moyenne de 65 mètres. La hauteur du tablier au dessus de la Truyère est de 122 mètres – soit le double de la hauteur du pont Maria Pia à Porto, qui fit pourtant ma réputation dans toute l’Europe et au-delà.  Imaginez bien, je vous prie, que l’on pourrait poser au fond de la vallée les tours de Notre-Dame, mettre sur ces tours la colonne Vendôme, et le haut de la colonne serait encore à quelques distances du plancher sur lequel sont posés les rails !

Ces caractéristiques considérables ont fait du viaduc de Garabit l’ouvrage le plus important jamais construit en France – et peut être même dans le monde.

Les défis que nous avons du affronter étaient eux même à la hauteur de cette gigantesque entreprise et lorsque le regretté Léon Boyer vint me parler la première fois de son projet dans nos ateliers de Levallois Perret, je dois avouer avoir hésité un court instant à me lancer dans l’aventure.

C’est qu’il a fallu, tout d’abord, acheminer jusqu’ici, depuis les Établissements Eiffel de Levallois, toutes les pièces qui y furent dessinées et usinées à l’avance. Elles le furent par train d’abord puis, sur près de 30 km, à bord de gros chariot tirés par huit chevaux. Il fallut encore embaucher et installer ici même, à 800 mètre d’altitude et à plus de 5 km du bourg le plus proche, les quatre cents employés nécessaire à la construction des fondations et au montage du Viaduc. Pour subvenir à leurs besoins pendant quatre ans, je fis construire les logements et les cantines nécessaires – et même une école pour les enfants. Je me suis même arrangé avec le service des postes pour que nous puissions recevoir et envoyer du courrier depuis la montagne. Une vraie petite ville fonctionnant quasiment en autarcie.

Au niveau de la conception du pont, il fallait s’assurer qu’il puisse résister aux bourrasques de vent qui sont fréquentes et particulièrement violentes dans la vallée. Nous avons inventés pour cela, mes ingénieurs et moi-même, un nouveau système d’arbalétrier à trois faces, dont les entretoises diagonales et horizontales forment un tout extrêmement rigide tout en laissant le moins possible la prise au vent. Nous avons également donné à l’arche centrale une forme parabolique plutôt que circulaire. La forme du croisant est en effet particulièrement favorable pour la résistance à des efforts dissymétriques. C’est la raison enfin pour laquelle nous avons, contrairement aux usages habituels, pris le soin de placer la voie du train en position intermédiaire, à mi-hauteur du tablier. De cette manière, les poutres du pont forment de part et d’autre une solide muraille capable de maintenir les véhicules dans le cas où ils sortiraient de la voie, comme ce fut malheureusement et tragiquement le cas chez nos amis Ecossais, il y a tout juste 9 ans. J’ai d’ailleurs déposé un brevet pour ce nouveau procédé.

Pour le montage de l’arche centrale au dessus de la Truyère, j’ai eu recours aux méthodes que j’avais mises en place avec succès à Porto, sur le Pont Maria Pia. Chacun des demi-arcs a été fixé aux extrémités du tablier par des câbles en acier, et toutes les pièces y ont été rattachées dans l’espace les unes après les autres par des montages en porte-à-faux successifs. Ces opérations ont nécessité une très grande précision tant dans la fabrication, la mise en place, que les calculs. Il fallait en effet que les trous de jonction des deux moitiés de l’arc, parties à 160 mètre de distance, vinssent exactement se correspondre au final. Nous y sommes arrivés avec une précision presque mathématique d’à peine quelques centimètres.

Le lançage du tablier au dessus des piles puis pour finir au-dessus de l’arche, n’était pas l’opération la moins risquée.  Perchés en haut de cet immense tablier de 285 mètres, pesant à lui seul 850.000 tones, soixante de nos hommes l’ont fait progresser très lentement au dessus du vide – à la force de leurs bras. A l’aide de grands leviers de bois de 7 mètres de longs, ils ont poussé cette énorme masse au rythme d’une trompe, chaque grand coup de levier faisant avancer l’ensemble, petit à petit, d’une dizaine de centimètres à chaque effort.

Je tiens à remercier ici à nouveau le courage et le professionnalisme de ces hommes. Je me suis toujours attaché à prendre grand soin d’eux et ils me l’ont bien rendu. Merci s’il vous plait de les applaudir !

Je voudrais également saluer la mémoire du regretté Léon Boyer, qui su convaincre ses supérieurs de l’opportunité de ce grand viaduc, faisant économiser au réseau ferré des kilomètres de ligne inutiles et des millions de francs or de budget, et qui me fit l’honneur de me confier la tache de le construire avec lui. Cet ouvrage est aussi le sien. Merci je vous en prie de l’applaudir lui aussi chaleureusement ! 

Pour finir, je tiens à remercier l’équipe d’encadrement des Etablissements Eiffel qui a été à mes côtés tout au long du chantier, et tout particulièrement Emile Nougier, mon directeur des études techniques et des montages, et Jean Compagnon, mon chef de chantier, qui m’accompagnaient déjà à l’époque tous les deux depuis plusieurs années ; ainsi que le jeune Maurice Koechlin, que j’ai engagé à seulement 24 ans pour être mon nouveau chef du bureau d’étude sur la construction du Viaduc.

Comme vous le savez tous, nous sommes désormais lancés tous ensemble dans un défi plus fou encore que celui que nous avons accomplis ici : la Tour de 300 mètres, qui sera la symbole de l’Exposition Universelle de 1889, et le monument le plus haut jamais édifié par l’homme.   

A l’heure où je vous parle, nous sommes arrivés à mi-hauteur. La Tour  va bientôt atteindre les 150 mètres et j’ai bon espoir que nous parviendrons à la terminer dans les temps. Ce qui est sur, c’est que cette formidable Tour n’aurait jamais vu le jour sans le savoir faire et les avancées techniques que nous avons acquis ici, sur le Viaduc de Garabit. Ma tour en sera je l’espère, la digne continuatrice.

Merci à tous. Vive Garabit, et vive la France ! »

2018 marque les 160 ans du début des relations diplomatiques et commerciales entre le Japon et la France. Tout au long de l’année de nombreuses manifestations commémorent cette date et la Tour Eiffel, symbole de Paris et de la France, ne pouvait qu’y être associée.

Alors que sa façade côté Seine servait de support aux projections des deux conceptrices lumière de renommée internationale Motoko Ishii et Akari-Lisa Ishii, une majestueuse cérémonie du Thé était organisée au premier étage, dans le salon Eiffel, sous l’égide du Maitre de Thé Soyu Mori, le 14 septembre dernier.

Cérémonie du Thé au salon Eiffel

Mr Mori, Maitre de Thé, en plein travail

Des invités de marque ont pris la parole à tour de rôle : son excellence l’Ambassadeur du Japon en France, Mr. Masoto Kitera ; Mr. Bernard Gaudillère, Président de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel ; Mr. Shin Maeda, le Président de la Tour de Tokyo, sur laquelle se prépare une cérémonie identique à celle de Paris en décembre ; et notre cousin Savin Yeatman-Eiffel, japonophile marié à une Japonaise, qui représentait pour sa part la famille Eiffel.

Mr Masoto Kitera, Ambassadeur du Japon

Savin Yeatman-Eiffel & son épouse Yukiko

Notre cousin a rappelé au cours de son allocution les liens particuliers qui unissaient Eiffel au Japon, même si ce dernier n’a jamais séjourné au pays du soleil levant. En juillet 1917, le grand ingénieur recevait notamment de la part de l’Empereur Taisho le très prestigieux « Ordre du Soleil Levant 3ème classe » pour ses travaux scientifiques. Le document officiel reste accroché, aujourd’hui encore, aux murs de son bureau au troisième étage de la Tour.

Ordre du Soleil Levant 3ème classe

Gustave Eiffel signe avec le viaduc de Garabit une de ses constructions les plus célèbres et les plus audacieuse – « La Tour Eiffel » des ponts métalliques, en quelque sorte. Avec ses 3500 t, 564 m de long, 122 m de haut, et un écartement à la base de son arche centrale de 166 m, c’est probablement la plus grande construction jamais entreprise à son époque.

Les équipes Eiffel achèvent l’ouvrage en 1884, après deux ans de travaux, mais la ligne de chemin de fer reliant Paris à Bézier n’est définitivement inaugurée que quelques années plus tard, fin 1888, le temps de finir les autres parties de la ligne. C’est cette inauguration qui sera célébrée en grande pompe le 30 septembre prochain en présence de descendants de Gustave Eiffel ainsi que de descendants de Léon Boyer, l’ingénieur des ponts et chaussée à l’origine du projet.

Venez nombreux nous retrouvez sur place !

Voici ci-dessous le détail des festivités :

  • Revivez la mise en service du viaduc en 1888 en présence des descendants de Gustave Eiffel et Léon Boyer
  • Journée champêtre en costumes d’époque
  • Déjeuner 1900 orchestré par les Toques d’Auvergne
  • Illustration de l’événement par des artistes peintres
  • Exposition rétro – Fanfare et spectacle folklorique
  • Marché de pays et animations diverses
  • Concours de costumes et de photographies amateurs

Programme détaillé de la journée :

  • 9h00 Ouverture de la journée
  • 10h20 Spectacle de l’inauguration
  • 11h45 Déjeuner
  • 13h30 Spectacle folklorique et Lyre Sanfloraine
  • 13h45 Passage du premier train
  • 15h15 Arrivée du 2e train et dévoilement de la plaque MH
  • 16h30 Réception des peintres et de leurs réalisations
  • 17h30 Aubade finale et fin de la journée

Pour venir :

Autoroute A75 – sortie 30 (Ruynes) ou 31 (Loubaresse)

Renseignements complémentaires :  

amisgarabit@gmail.com / www.amisgarabit.com / 06 77 04 73 41