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La cérémonie organisée à l’ambassade des Philippines pour le 121ème anniversaire de l’indépendance de ce beau pays, a été l’occasion de présenter le livre « The Philippines and France – Discovery Rediscovery » auquel a contribué notre association. Notre président, Alain Coupérie-Eiffel y représentait l’ADGE.

Madame La Consule Générale et Madame l’Ambassadrice en compagnie du président de l’ADGE.

Gustave Eiffel, en effet, a construit plusieurs ouvrages importants aux Philippines dont l’église de Manille, en1875, le Phare de Saint Nicolas, en 1878, et des très nombreux ponts dans les années 1890. Ces constructions sont un témoignage des relations anciennes nouées entre nos deux pays.

 

 

Dans le cadre des célébrations du 130ème anniversaire de la Tour Eiffel, la famille Eiffel a pu donner son point de vue sur de nombreux médias, notamment sur la matinale de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM-TV, ou encore sur Europe 1, dans l’émission de Wendy Bouchard, particulièrement bien nommée ce jour là : « le Tour de la question ».

Lien direct vers l’émission de Jean-Jacques Bourdin.

Le 15 mai dernier, on célébrait les 130 ans de l’ouverture au public de la Tour Eiffel dans le cadre de l’Exposition Universelle de 1889.

Toute une série d’évènements avait été organisée pour l’occasion :

  • Au cours de la journée, 1300 enfants des centres de loisirs parisiens, tous âgés de 6 à 12 ans, avaient été invité à venir visiter les 2ème et 1er étages.
  • Dans la soirée, dans le salon Gustave Eiffel du premier étage, le président de la SETE, Bernard Gaudillère, et la Maire de Paris, Anne Hidalgo, faisaient le point devant journalistes et invités sur les rénovations en cours et à venir sur la Tour et au Champ-de-Mars. Les représentants de l’ADGE étaient bien sur présents sur place.

  • Au même moment sur le parvis, la chanteuse Jeanne Added et ses musiciens donnaient un concert électrisant qui a ravi tous ceux qui ont eu la chance d’être présents sur place.

  • Quelques dizaines de minutes plus tard, à la tombée de la nuit, le Président de la SETE déclenchait depuis un pupitre installé dans les jardins du Trocadéro une des plus belles illuminations que l’on ait eu la chance de voir sur la Tour. Cette dernière, d’une durée de 12 minutes, est l’œuvre de Bruno Seillier, responsable entre autre des splendides scénographies de la « Nuit des Invalides » et de la « Dame de Cœur » à Notre-Dame. Cette création originale, visuelle et sonore, sera donnée 3 fois par jour entre 22h et minuit, exclusivement les 15, 16 et 17 mai. Inutile de préciser que les Jardins et l’Esplanade du Trocadéro étaient noirs de monde.

Savin Yeatman-Eiffel

Un nouveau reportage très complet a été diffusé vendredi dernier 29 avril sur France 3, dans l’émission Météo à la Carte, pour les 130 ans de la Tour Eiffel.

On y voit entre autre notre cousin Savin Yeatman-Eiffel y livrer de nombreux petits secrets sur la construction du chef d’oeuvre de notre ancêtre.

Lien vers le catchup ici.

La seconde partie du reportage sera diffusée lundi 1er avril à 13h00.

Pour les 130 ans de la Tour Eiffel, France 3 a diffusé dans son 19/20 national le reportage : « Que reste-t-il de Gustave Eiffel, le génie du fer », une très bonne introduction à l’oeuvre d’Eiffel.

Notre cousin Savin Yeatman-Eiffel y évoque notamment quelques souvenirs de sa grand-mère.

Voici le lien pour le revoir en replay.

 

L’Association des Descendants de Gustave Eiffel avait effectué en 2003 (lien vers la news ici ) une merveilleuse visite du Viaduc de Garabit, et avait été notamment exceptionnellement autorisée à pénétrer à l’intérieur de la structure de l’arche pour franchir la Truyère.

Notre retour en 2018, pour participer aux commémorations des 130 ans de l’ouverture de la ligne Paris-Bezier et fêter le classement du célèbre viaduc aux monuments historiques, ne nous a pas déçus. Ce fut un weekend chargé et rempli de moments inoubliables !

Pour rappel, le Viaduc de Garabit est une des plus célèbres constructions de Gustave Eiffel après la Tour, et celle sur la base de laquelle la construction de cette dernière fut rendu possible. 3326 tonnes, 564 m de longueur dont 448 pour la partie métallique, une arche centrale enjambant la vallée de 163 mètres de largeur avec une hauteur de flèche moyenne de 65 mètres, un tablier surplombant la Truyère du haut de ses 122 mètres, le viaduc était un véritable tour de force pour l’époque dont on continue aujourd’hui encore à admirer la ligne parfaite, et la puissance. Achevé en 4 années, de 1880 à 1884, il fallu attendre 1888 pour que l’ouvrage soit inauguré, en présence de Gustave Eiffel, le temps pour le reste de la ligne d’être achevé.

Organisée par nos amis de l’association des Amis de Garabit, et notamment par Hélène Bonabal et Patricia Rochés, que nous remercions ici, les festivités publiques se sont succédées sans interruption tout au long de la journée du 30 septembre. Au petit matin les choses semblait pourtant mal parti : une brume épaisse noyait la vallée et l’ont pouvait entendre un long roulement de tonnerre dans le lointain.

Fort heureusement, le soleil dissipait rapidement la couche de brume et plus aucun contre temps ne fut à signaler par la suite.

Une foule très nombreuse d’habitants des communes avoisinantes et de passionnés de ponts s’était réuni, pour une grande part d’entre eux en costumes d’époque, devant l’arrêt de train de Garabit. Nos cousins Delphine Berthelot-Eiffel et Savin Yeatman-Eiffel avaient eux aussi joué le jeu de la reconstitution. Savin avait même laissé pousser sa barbe pour ressembler un peu plus à son ancêtre. Leur arrivée, en voiture ancienne (une Brazier) fut très remarquée, même si le véhicule était un peu en avance pour 1888 (!)

Savin Yeatman-Eiffel et Delphine Berthelot-Eiffel arrivant à Garabit…

…en costumes d’époque!

Ils furent aussitôt accueillis par Bruno Paran, le maire de Val d’Arcomie, et par Martine Guibert, la vice-présidente déléguée aux transports de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Jean-claude Plassard, arrière petit neveux de Léon Boyer, l’ingénieur à l’origine de la décision de franchir la Truyère par un grand viaduc, était également présent.

De gauche à droite: Bruno Paran, maire de Val d’Arcomie, Hélène Bonabal de l’AMIGA, Martine Guibert, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Mr. le ministre Jacques Godfrain, Savin Yeatman-Eiffel et ses enfants, Delphine Berthelot-Eiffel, et Jean-claude Plassard, arrière petit neveux de Léon Boyer.

Après une première série d’intervention des élus, ainsi qu’une présentation historique du Viaduc par Patricia Rochès, Savin Yeatman-Eiffel donnait la réplique à plusieurs acteurs en costumes pour une très véridique reconstitution des cérémonies de l’inauguration de la ligne en 1888 dans laquelle il interprétait Gustave. La copie de son discours, qui rappelle les grandes étapes de la construction du viaduc, est reproduite à la fin de cet article.

La reconstitution fut suivie d’un déjeuner 1900 de haute volée, organisée par les Toques d’Auvergne. A la suite de celui-ci, les officiels furent invités à monter à bord d’un train commémoratif, spécialement affrété pour l’occasion par SNCF-réseau, pour franchir le viaduc.

La vue saisissante depuis le train

Après un nouveau discours touchant des descendants Eiffel et Boyer à la gare de Saint-Flour, tout le monde était de retour à la gare de Garabit pour la suite du programme.

Il s’agissait cette fois de célébrer le récent classement aux monuments historiques du viaduc. Les deux anciens ministres en charge du dossier avec l’association des Viaducs de l’Extrême, Messieurs Jacques Godfrain et Jean-Claude Gayssot, prirent tour à tour la parole, suivis par les maires des communes avoisinantes, notamment Mr.  Bruno Paran, le maire de Val d’Arcomie et Mr. Gérard Delpy, maire de Ruynes-en-Mageride, ainsi que Mr. Jean-Jacques Monloubou, président du Syndicat Mixte de Garabit-Grandvalles, et les représentants des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie : Martine Guilbert, pour la première, et Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des mobilités et infrastructures transports, pour la seconde. Tous ont exprimé avec force leur attachement au viaduc de Garabit et à la pérennité de la ligne dont il est le point d’orgue – ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Toujours en activité, cette ligne de chemin de fer de désormais 130 ans, reste un lien indispensable entre les habitants et les entreprises des deux côtés de la vallée de la Truyère.

Crédit photo: La Montagne

De gauche à droite: Patricia Rochés de l’AMIGA, Bruno Paran, maire de Val d’Arcomie, Delphine Berthelot-Eiffel, Mr. Jean-Jacques Monloubou, président du Syndicat Mixte de Garabit-Grandvalles, Savin Yeatman-Eiffel,  Jean-Luc Gibelin, vice-président de l’Occitanie, Mr. Le Sous-Préfet Serge Delrieu, et Mr. Le Ministre Jean-Claude Gayssot.

La plaque des monuments historiques

Les festivités se sont encore poursuivies jusqu’à tard dans la journée avec des danses folkloriques, un concours de costumes et un concours de peintures du Viaduc.

Merci à tous les participants à cette belle commémoration –  habitants, associations et élus – et à l’attachement sincère au majestueux Viaduc de Garabit dont ils ont fait preuve pendant tout le weekend !

 

Copie du discours prononcé par Savin Yeatman-Eiffel (interprétant Gustave Eiffel) lors de la reconstitution de l’inauguration de la ligne Paris-Bézier de 1888 :

« Monsieur le Ministre, monsieur le Préfet, monsieur le Maire, mesdames, messieurs, 

C’est avec émotion, et une certaine fierté, je dois l’avouer, que je prends à mon tour la parole.

L’ouvrage devant nous, qui franchit aujourd’hui si majestueusement la Truyère, est le fruit d’un travail acharné de quatre années, terminé fin 1884, et nous attendions avec impatience que s’achèvent enfin les test de résistance, et l’ouverture complète de la ligne que nous célébrons aujourd’hui.

La masse et les dimensions du Viaduc de Garabit, permettez moi de le rappeler (les ingénieurs sont friands de chiffres), sont considérables : 3326 tonnes, 564 m de longueur dont 448 pour la partie métallique, une arche centrale enjambant la vallée de 163 mètres de largeur avec une hauteur de flèche moyenne de 65 mètres. La hauteur du tablier au dessus de la Truyère est de 122 mètres – soit le double de la hauteur du pont Maria Pia à Porto, qui fit pourtant ma réputation dans toute l’Europe et au-delà.  Imaginez bien, je vous prie, que l’on pourrait poser au fond de la vallée les tours de Notre-Dame, mettre sur ces tours la colonne Vendôme, et le haut de la colonne serait encore à quelques distances du plancher sur lequel sont posés les rails !

Ces caractéristiques considérables ont fait du viaduc de Garabit l’ouvrage le plus important jamais construit en France – et peut être même dans le monde.

Les défis que nous avons du affronter étaient eux même à la hauteur de cette gigantesque entreprise et lorsque le regretté Léon Boyer vint me parler la première fois de son projet dans nos ateliers de Levallois Perret, je dois avouer avoir hésité un court instant à me lancer dans l’aventure.

C’est qu’il a fallu, tout d’abord, acheminer jusqu’ici, depuis les Établissements Eiffel de Levallois, toutes les pièces qui y furent dessinées et usinées à l’avance. Elles le furent par train d’abord puis, sur près de 30 km, à bord de gros chariot tirés par huit chevaux. Il fallut encore embaucher et installer ici même, à 800 mètre d’altitude et à plus de 5 km du bourg le plus proche, les quatre cents employés nécessaire à la construction des fondations et au montage du Viaduc. Pour subvenir à leurs besoins pendant quatre ans, je fis construire les logements et les cantines nécessaires – et même une école pour les enfants. Je me suis même arrangé avec le service des postes pour que nous puissions recevoir et envoyer du courrier depuis la montagne. Une vraie petite ville fonctionnant quasiment en autarcie.

Au niveau de la conception du pont, il fallait s’assurer qu’il puisse résister aux bourrasques de vent qui sont fréquentes et particulièrement violentes dans la vallée. Nous avons inventés pour cela, mes ingénieurs et moi-même, un nouveau système d’arbalétrier à trois faces, dont les entretoises diagonales et horizontales forment un tout extrêmement rigide tout en laissant le moins possible la prise au vent. Nous avons également donné à l’arche centrale une forme parabolique plutôt que circulaire. La forme du croisant est en effet particulièrement favorable pour la résistance à des efforts dissymétriques. C’est la raison enfin pour laquelle nous avons, contrairement aux usages habituels, pris le soin de placer la voie du train en position intermédiaire, à mi-hauteur du tablier. De cette manière, les poutres du pont forment de part et d’autre une solide muraille capable de maintenir les véhicules dans le cas où ils sortiraient de la voie, comme ce fut malheureusement et tragiquement le cas chez nos amis Ecossais, il y a tout juste 9 ans. J’ai d’ailleurs déposé un brevet pour ce nouveau procédé.

Pour le montage de l’arche centrale au dessus de la Truyère, j’ai eu recours aux méthodes que j’avais mises en place avec succès à Porto, sur le Pont Maria Pia. Chacun des demi-arcs a été fixé aux extrémités du tablier par des câbles en acier, et toutes les pièces y ont été rattachées dans l’espace les unes après les autres par des montages en porte-à-faux successifs. Ces opérations ont nécessité une très grande précision tant dans la fabrication, la mise en place, que les calculs. Il fallait en effet que les trous de jonction des deux moitiés de l’arc, parties à 160 mètre de distance, vinssent exactement se correspondre au final. Nous y sommes arrivés avec une précision presque mathématique d’à peine quelques centimètres.

Le lançage du tablier au dessus des piles puis pour finir au-dessus de l’arche, n’était pas l’opération la moins risquée.  Perchés en haut de cet immense tablier de 285 mètres, pesant à lui seul 850.000 tones, soixante de nos hommes l’ont fait progresser très lentement au dessus du vide – à la force de leurs bras. A l’aide de grands leviers de bois de 7 mètres de longs, ils ont poussé cette énorme masse au rythme d’une trompe, chaque grand coup de levier faisant avancer l’ensemble, petit à petit, d’une dizaine de centimètres à chaque effort.

Je tiens à remercier ici à nouveau le courage et le professionnalisme de ces hommes. Je me suis toujours attaché à prendre grand soin d’eux et ils me l’ont bien rendu. Merci s’il vous plait de les applaudir !

Je voudrais également saluer la mémoire du regretté Léon Boyer, qui su convaincre ses supérieurs de l’opportunité de ce grand viaduc, faisant économiser au réseau ferré des kilomètres de ligne inutiles et des millions de francs or de budget, et qui me fit l’honneur de me confier la tache de le construire avec lui. Cet ouvrage est aussi le sien. Merci je vous en prie de l’applaudir lui aussi chaleureusement ! 

Pour finir, je tiens à remercier l’équipe d’encadrement des Etablissements Eiffel qui a été à mes côtés tout au long du chantier, et tout particulièrement Emile Nougier, mon directeur des études techniques et des montages, et Jean Compagnon, mon chef de chantier, qui m’accompagnaient déjà à l’époque tous les deux depuis plusieurs années ; ainsi que le jeune Maurice Koechlin, que j’ai engagé à seulement 24 ans pour être mon nouveau chef du bureau d’étude sur la construction du Viaduc.

Comme vous le savez tous, nous sommes désormais lancés tous ensemble dans un défi plus fou encore que celui que nous avons accomplis ici : la Tour de 300 mètres, qui sera la symbole de l’Exposition Universelle de 1889, et le monument le plus haut jamais édifié par l’homme.   

A l’heure où je vous parle, nous sommes arrivés à mi-hauteur. La Tour  va bientôt atteindre les 150 mètres et j’ai bon espoir que nous parviendrons à la terminer dans les temps. Ce qui est sur, c’est que cette formidable Tour n’aurait jamais vu le jour sans le savoir faire et les avancées techniques que nous avons acquis ici, sur le Viaduc de Garabit. Ma tour en sera je l’espère, la digne continuatrice.

Merci à tous. Vive Garabit, et vive la France ! »

2018 marque les 160 ans du début des relations diplomatiques et commerciales entre le Japon et la France. Tout au long de l’année de nombreuses manifestations commémorent cette date et la Tour Eiffel, symbole de Paris et de la France, ne pouvait qu’y être associée.

Alors que sa façade côté Seine servait de support aux projections des deux conceptrices lumière de renommée internationale Motoko Ishii et Akari-Lisa Ishii, une majestueuse cérémonie du Thé était organisée au premier étage, dans le salon Eiffel, sous l’égide du Maitre de Thé Soyu Mori, le 14 septembre dernier.

Cérémonie du Thé au salon Eiffel

Mr Mori, Maitre de Thé, en plein travail

Des invités de marque ont pris la parole à tour de rôle : son excellence l’Ambassadeur du Japon en France, Mr. Masoto Kitera ; Mr. Bernard Gaudillère, Président de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel ; Mr. Shin Maeda, le Président de la Tour de Tokyo, sur laquelle se prépare une cérémonie identique à celle de Paris en décembre ; et notre cousin Savin Yeatman-Eiffel, japonophile marié à une Japonaise, qui représentait pour sa part la famille Eiffel.

Mr Masoto Kitera, Ambassadeur du Japon

Savin Yeatman-Eiffel & son épouse Yukiko

Notre cousin a rappelé au cours de son allocution les liens particuliers qui unissaient Eiffel au Japon, même si ce dernier n’a jamais séjourné au pays du soleil levant. En juillet 1917, le grand ingénieur recevait notamment de la part de l’Empereur Taisho le très prestigieux « Ordre du Soleil Levant 3ème classe » pour ses travaux scientifiques. Le document officiel reste accroché, aujourd’hui encore, aux murs de son bureau au troisième étage de la Tour.

Ordre du Soleil Levant 3ème classe

Gustave Eiffel signe avec le viaduc de Garabit une de ses constructions les plus célèbres et les plus audacieuse – « La Tour Eiffel » des ponts métalliques, en quelque sorte. Avec ses 3500 t, 564 m de long, 122 m de haut, et un écartement à la base de son arche centrale de 166 m, c’est probablement la plus grande construction jamais entreprise à son époque.

Les équipes Eiffel achèvent l’ouvrage en 1884, après deux ans de travaux, mais la ligne de chemin de fer reliant Paris à Bézier n’est définitivement inaugurée que quelques années plus tard, fin 1888, le temps de finir les autres parties de la ligne. C’est cette inauguration qui sera célébrée en grande pompe le 30 septembre prochain en présence de descendants de Gustave Eiffel ainsi que de descendants de Léon Boyer, l’ingénieur des ponts et chaussée à l’origine du projet.

Venez nombreux nous retrouvez sur place !

Voici ci-dessous le détail des festivités :

  • Revivez la mise en service du viaduc en 1888 en présence des descendants de Gustave Eiffel et Léon Boyer
  • Journée champêtre en costumes d’époque
  • Déjeuner 1900 orchestré par les Toques d’Auvergne
  • Illustration de l’événement par des artistes peintres
  • Exposition rétro – Fanfare et spectacle folklorique
  • Marché de pays et animations diverses
  • Concours de costumes et de photographies amateurs

Programme détaillé de la journée :

  • 9h00 Ouverture de la journée
  • 10h20 Spectacle de l’inauguration
  • 11h45 Déjeuner
  • 13h30 Spectacle folklorique et Lyre Sanfloraine
  • 13h45 Passage du premier train
  • 15h15 Arrivée du 2e train et dévoilement de la plaque MH
  • 16h30 Réception des peintres et de leurs réalisations
  • 17h30 Aubade finale et fin de la journée

Pour venir :

Autoroute A75 – sortie 30 (Ruynes) ou 31 (Loubaresse)

Renseignements complémentaires :  

amisgarabit@gmail.com / www.amisgarabit.com / 06 77 04 73 41

Le 30 juin 1878, il y a tout juste 140 ans, était inauguré la ligne de chemin de fer franchissant le Lima à Viana Do Castelo, sur ce qu’on appelle désormais le « Pont Eiffel » ou plus exactement, en Portugais le « Ponte Eiffel ».

Ce magnifique ouvrage à double niveau (ferroviaire / routier) marque une étape importante dans le développement de la région Nord du Portugal, tout comme dans la carrière de Gustave Eiffel (c’est son 4 ème plus important chantier en terme de masse métallique).

Mr. le Maire et nos cousins Savin Yeatman-Eiffel et Feur Larnaudie-Eiffel devant le Pont Eiffel

Un train passant sur le niveau inférieur du pont

Cet anniversaire a donné lieu à une commémoration très prestigieuse avec une table ronde d’experts, la présentation officielle d’un timbre postal commémoratif, et l’inauguration d’une plaque sur le pont.

Le Programme

Aux côtés des nos cousins représentant l’ADGE, Savin Yeatman-Eiffel et Fleur Larnaudie-Eiffel, de nombreuses personnalités étaient présentes parmi lesquelles : Mr. Luis Filipe Castro Mendes, Ministre de la Culture du Portugal; Mr. Jean-Michel Casa, Ambassadeur de France au Portugal; Mme Ana Paula Zacarias, Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères du Portugal; Mr. José Maria Costa, Maire de Viana Do Castelo, et Mr. Jose Serrano Gordo, Vice Président de l’IP (Infrastructures Portugal).

Sur la photo, 4eme à partir de la gauche : Mme la Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, puis en continuant sur sa droite : Mr. Yeatman-Eiffel, Mr. le Ministre de la Culture, Mr. Le Maire de Viana Do Castelo, Fleur Larnaudie-Eiffel, Mr L’ambassadeur de France au Portugal

 

TABLE RONDE SUR LE PONT EIFFEL AU GRAND THÉÂTRE DE VIANA DO CASTELO

Les commémorations des 140 ans du pont de Viana Do Costelo ont données lieux à des interventions de plusieurs experts dont Mr. Antonio Vasconcelos, Mr. Andrade Gil, et Mr. Rui Maia. Restauré régulièrement, le pont Eiffel est le plus vieux pont ferroviaire en service au Portugal et le dernier des ponts Eiffel encore en service dans le pays. C’est aussi le plus ancien des ponts avec deux travées – routière / ferroviaire – en existence.

Intervention de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l’ADGE

Savin Yeatman-Eiffel s’est exprimé au nom de l’ADGE en rappelant l’importance de cet ouvrage dans l’œuvre d’Eiffel et ses spécificités techniques et historiques.  Le texte de son intervention est reproduit dans son intégralité à la fin de cet article.

Mr. le Maire, Mr le Ministre & Mme la Secrétaire d’Etat

La table ronde a été suivie d’une reconstitution d’un épisode lié à l’ouverture du Pont Eiffel par des acteurs en costumes d’époque, qui a remporté un vif succès.

 

PRÉSENTATION OFFICIELLE DU TIMBRE POSTAL COMMÉMORATIF DES 140 ANS

Pour fêter comme l’anniversaire du « Ponte Eiffel », la Poste Portugaise a édité un timbre spécial. Ce nouveau timbre a été tamponné puis signé devant la presse par Savin Yeatman-Eiffel, représentant de l’ADGE, ainsi que, entre autre, Mr. Luis Filipe Castro Mendes, Ministre de la Culture du Portugal, Mme. Ana Paula Zacarias, Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères et Mr. Jean-Michel Casa, Ambassadeur de France au Portugal.

Mr. le Maire tamponnant le nouveau timbre

Savin Yeatman-Eiffel et Mr. l’Ambassadeur Jean-Michel Casa

Signatures des invités à coté du nouveau timbre

 

INAUGURATION DE LA PLAQUE COMMÉMORATIVE DES 140 ANS

Les commémorations ce sont terminées à côté du pont Eiffel par la découverte d’une plaque commémorative, en souhaitant à ce bel ouvrage de rester en service au moins pour les 140 années à venir.

Sur la photo, de gauche à droite : Mme. Maria José Afonso Guerreiro Da Silva, conseillère municipale en charge de la culture et du tourisme ; Mr. Jean-Michel Casa, Ambassadeur de France au Portugal ; nos cousins Savin Yeatman-Eiffel et Fleur Larnaudie-Eiffel ; Mr. Luis Filipe Castro Mendes, Ministre de la Culture du Portugal ; et Mme. Ana Paula Zacarias, Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères.

 

TEXTE DE L’INTERVENTION DE SAVIN YEATMAN-EIFFEL :

« Je remercie tout d’abord Mr. le Maire de Viana Do Castelo pour son invitation, ainsi que tous les autres partenaires et participants à cette belle commémoration.

Je suis aujourd’hui parmi vous, accompagné de ma cousine Fleur Larnaudie-Eiffel, en tant que descendant de Gustave Eiffel – Gustave était notre arrière-arrière-arrière grand père – ainsi qu’en tant que représentant de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, association familiale dont l’objet est de défendre et de promouvoir la mémoire du grand ingénieur, et de veiller à la préservation de son œuvre.

En tant que descendants de Gustave Eiffel, tout d’abord, c’est une vraie émotion de marcher, 140 années plus tard, sur les traces de notre ancêtre, qui est venu régulièrement ici pour superviser le chantier de construction de son pont. Et ce d’autant plus, en ce qui me concerne, qu’il est venu ici accompagné de mon arrière-arrière grand-mère, Claire, sa fille ainée.

Claire évoque ce voyage dans sa correspondance. Il la mena avec son père à Viana Do Castelo et sur les autres chantiers de la ligne ferroviaire de Minho dont il avait la charge. En la lisant, on se rend compte que ce type de voyage n’était pas de tout repos. Il n’y avait pas encore de voitures à moteur, juste des voitures à cheval sur des routes parfois difficiles. Il n’y avait pas même encore de train puisque la ligne était en construction. On se rend compte également à quel point la révolution du rail a depuis profondément changé nos modes de vie et la physionomie de toute cette région.

Quelque mois après le début du chantier du pont de Viana Do Castelo, en septembre 1877, la femme de Gustave Eiffel était morte tragiquement, à seulement 32 ans. Pour Gustave, qui tenait énormément à son épouse, ce fut un choc terrible, et qui intervenaient aussi au pire moment, alors qu’il était aux prises avec des chantiers extrêmement complexes à travers toute l’Europe. Claire est venue l’accompagner au Portugal pour le soutenir moralement et l’aider à traverser cette épreuve. A partir de ce voyage, elle gardera une place prépondérante aux côtés de son père, devenant à la fois sa plus étroite conseillère et la maitresse de maison en charge de ses frères et sœurs cadets.

En m’exprimant maintenant en tant que représentant de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, nous espérons que notre présence ici aidera à souligner l’importance singulière du pont Eiffel de Viana Do Castelo dans le patrimoine laissé au monde par Gustave Eiffel, ce que le grand public ne réalise sans doute pas suffisamment encore.

En termes de pure masse métallique tout d’abord, avec ses 2300 tonnes, le Pont Eiffel est le 4eme plus important chantier de Gustave Eiffel derrière la Tour Eiffel (7000t), le pont de Cubzac (3300t) et le pont de Garabit (3200t).

Au niveau technique et financier, c’est un énorme défi qui restera longtemps dans les annales. Mr. Vasconcelos nous a rappelé tout à l’heure certaines des spécificités du pont. Je reviens rapidement sur quelques autres :

– Sa conception – un pont à double niveau – a été très peu utilisée.

– Son budget (1.800.000 francs de l’époque) et sa durée de construction (14 mois tout juste) sont très inférieurs à ce qui se pratiquait à la même époque pour des projets de cette envergure. Grâce à leur extrême rigueur et leurs innovations permanentes, il n’était pas rare à la même période que les projets des Établissements Eiffel, pour ambitieux qu’ils puissent être, soient 3 fois moins cher que la concurrence – et ils étaient toujours eux, contrairement à d’autres, terminés rigoureusement dans les temps impartis.

– Au niveau technique, Eiffel réutilise à Viana Do Castelo des méthodes qu’il avait déjà expérimentées auparavant, comme la construction des fondations des piles du pont à l’air comprimée ou la technique du lançage de la travée centrale sur des galets à bascule (breveté Eiffel) pour rejoindre une pile à une autre. Mais la dimension de l’ouvrage – 736 mètres dont 563 m pour le franchissement du fleuve proprement dit – oblige Eiffel à pousser ces techniques encore beaucoup plus loin que d’habitude. En 1878,  il faut s’imaginer que les rares machines utilisées sont mues à la vapeur et que l’essentiel du travail se fait encore à main d’homme. A Viana Do Castelo, les ouvriers d’Eiffel ont fait avancer centimètres par centimètres, à la force des bras, une travée d’au final 1600 tonnes et 560 mètres de long – ce qui était un exploit sans équivalent dans le monde à cette époque. Aujourd’hui, si la technique du lançage d’Eiffel continue à être utilisée selon les mêmes principes dans la construction des grands ponts modernes, la force des ouvriers a été remplacée par de puissants vérins hydrauliques.

Au niveau de la carrière d’Eiffel, le « Ponte Eiffel » marque aussi, avec le pont Maria Pia de Porto et la Gare de Budapest, un tournant majeur. Le succès technique et financier, et aussi esthétique, de ces trois constructions, très différentes les unes des autres, va avoir un très grand retentissement à l’international et va faire définitivement faire entrer les Établissements Eiffel dans la cours des grands constructeurs / bâtisseurs mondiaux de la seconde moitié du XIXème siècle, un succès qui culminera 11 ans plus tard par la construction de la Tour Eiffel. Sans surprise, ce sont ces trois projets que Gustave Eiffel mis en avant lorsqu’il présenta son travail au public au cours de l’exposition universelle de 1878 à Paris.

Beaucoup d’ouvrages d’Eiffel ont aujourd’hui malheureusement disparus, détruits par les guerres ou pour faire place à de nouvelles structures de remplacement, y compris sur la ligne de Minho. A ce propos, j’ai été très attristé de découvrir, il y a quelques mois, les photos des restes du pont de l’Ancora, qui rouillent désormais dans un champ à 40 kilomètres de leur emplacement d’origine, et j’espère que le projet de Mr. Rui Maia, évoqué tout à l’heure, permettra de réhabiliter cette structure.

L’association des Descendants de Gustave Eiffel se bat dés qu’elle en à l’occasion pour assurer la pérennité des ouvrages de notre ancêtre, dont les prouesses techniques et architecturales font parti de notre histoire. Contrairement à d’autre sites pour lequel nous avons véritablement du livrer bataille pour protéger des constructions menacée, comme il y a quelques années à Bordeaux, en France, nous sommes très heureux de voir tout le soin qui a été apporté ici à la préservation du Pont Eiffel de Viana Do Castelo, régulièrement restauré et utilisé sans interruption depuis sa construction. Nous ne pouvons que souhaiter de le voir continuer à remplir ainsi son rôle, et à défier si majestueusement le temps, pour encore au moins les 140 années à venir…

Savin Yeatman-Eiffel – Viana Do Castelo – le 30 juin 2018 »

La Mairie de Dijon et l’Association des Descendants de Gustave Eiffel ont dévoilé hier, 18 juin 2014, une plaque commémorative sur le lieu de naissance de Gustave Eiffel au 16 quai Nicolas Rolin à Dijon.

La plaque

La relation entre le grand ingénieur et sa ville natale a été quelque peu tortueuse, ainsi que le rappelait Savin Yeatman-Eiffel, représentant de l’ADGE pour l’évènement, dans son discours (reproduit ci-après). On ne peut donc que se féliciter d’avantage de cette reconnaissance, même tardive, de la ville natale de Gustave envers un de ses fils les plus célèbres.

La plaque découverte par Alain Millot et Arion Yeatman-Eiffel – Photo Monique Lannes

La plaque a été découverte par Alain Millot, Maire de Dijon et Président du Grand Dijon, et le jeune Arion Yeatman-Eiffel (4 ans et demi) représentant la sixième génération des descendants de Gustave Eiffel.

Ont suivi, devant une foule nombreuse et chaleureuse, les discours d’Alain Millot, de Savin Yeatman-Eiffel, et de Françoise Colin, figure locale auteur d’un ouvrage sur Gustave Eiffel et résidente au 16 quai Nicolas Rolin.

Discours de Mr. Alain Millot, Maire de Dijon - Photo Monique Lannes

Discours de Mr. Alain Millot, Maire de Dijon – Photo Monique Lannes

Mr. Le Maire, Alain Millot, en présence de représentants de la 5eme et 6eme génération des descendants d'Eiffel

Mr. le Maire, Alain Millot, en présence de représentants de la 5eme et 6eme génération des descendants d’Eiffel

Discours de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l'ADGE

Discours de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l’ADGE

Discours de Françoise Colin

Discours de Françoise Colin

Robert Rigot, Grand Prix de Rome, et auteur de la sculpture monumentale « Le Rêve Ailé », installée sur le quai depuis 1981, était également présent.

Robert Rigot, à droite - photo d'Arion

Robert Rigot, à droite – photo d’Arion

La commémoration a été suivie par un vin d’honneur servi sous des tentes le long du quai.

Vin_d_honneur

Remerciements à Monique Lannes, et à Arion, pour l’aimable utilisation de leurs clichés.

 

Reproduction du discours du représentant de l’ADGE:

Je m’appelle Savin Yeatman-Eiffel, je suis membre du bureau de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel et suis chargé de la représenter aujourd’hui pour cette pose de plaque commémorative.

Pour évoquer la naissance de Gustave Eiffel, je ne voudrais pas, comme je l’avais fait en décembre dernier, évoquer son œuvre en détail. Un simple rappel de quelques unes de ses plus importantes réalisations suffira :

–        la gare de Pest en Hongrie;

–        le monumental pont Maria Pia sur le Douro au Portugal;

–        le viaduc de Garabit, au-dessus de la Truyère – avec son grand arc de 165 mètres, et ses 122 mètres de haut ;

–        la Tour Eiffel, bien sur ;

–        ou encore l’ossature de la Statue de la Liberté à New York.

Je voudrais plutôt évoquer aujourd’hui ses humbles origines, que l’on a tendance à oublier. Le site wikipédia, corrigé depuis, parlait d’Eiffel comme étant issu d’un milieu aisé. Ce n’était pas le cas. Celui qui devint un des plus grands ingénieurs de son époque ; un des premiers grands capitaines d’industrie français – construisant ponts et bâtiments aux quatre coins du monde ;  un scientifique de premier plan, père des sciences météorologiques et aérodynamiques ; un mécène ; ou encore l’ami de Thomas Edison et des plus grands de son époque ; est né sur ce quai le 15 décembre 1832 – il y a 182 ans – dans une maison tout ce qu’il y a de plus modeste, et détruite d’ailleurs malheureusement en 1961 dans une quasi-indifférence générale.

Son père, François Alexandre Boenickhausen, dit « Eiffel », était un ancien hussard des armées napoléoniennes. Sa mère, Catherine Mélanie Moneuse, était la fille d’un commerçant en bois. C’est elle la figure centrale de la famille – une « maître femme », qui a certainement  insufflée chez son fils son ambition et son désir d’entreprendre. Catherine a l’idée de se lancer très tôt dans le commerce de houille. Sa petite affaire connait un essor rapide avec le décollage industriel, mais elle prive également Gustave de ses parents (son père vient bientôt seconder Catherine dans son affaire). Le garçon est élevé majoritairement par sa grand-mère, à quelques rues d’ici – rue Turgot.

Je laisse Gustave évoquer ses premières années en sa compagnie avec ses mots à lui: « La vue (de ma grand-mère) allait constamment en s’affaiblissant, ce qui nécessita l’opération de la cataracte. Cette opération n’ayant pas réussi, la laissa absolument aveugle et je dus la guider pour ses moindres déplacements de son fauteuil à la salle à manger. Je dus chaque jour lui faire la lecture de ses offices, quoique je trouvasse cela bien fastidieux. Aussi je cherchais à en esquiver le plus possible. Quand elle s’en apercevait, elle me punissait par un coup de baguette sur les doigts, et c’est moi-même qui allait chercher cette baguette pour la lui remettre. Une seule fois j’osais me révolter et brisais la baguette ; on fit alors appel à mon père qui, ce jour là, ne m’emmena pas faire avec lui la promenade habituelle à la Place d’Armes. (…) Il la remplaça par une correction manuelle qui m’empêcha de renouveler mon acte révolutionnaire. »

Une enfance modeste, et pas toujours très rose non plus !

Gustave restera à Dijon jusqu’au bac, avant de monter à Paris pour y poursuivre ses études. S’il ne reviendra plus à Dijon qu’occasionnellement, pour rendre visite à sa famille, il n’oubliera jamais ses années d’enfance auxquelles il consacre dans ses mémoires de nombreuses pages empreintes de nostalgie. Il n’en voudra ni à sa mère de l’avoir délaissée pour son travail: elle restera sa confidente et sa première conseillère jusqu’à sa mort ; ni à sa grand-mère de l’avoir battu, écrivant ailleurs qu’au fond « elle ne frappait pas si fort ».

Dijon par contre aura longtemps la mémoire plus courte. Lorsque le célèbre ingénieur est victime d’attaques infondées, et extrêmement virulentes, à la suite de la faillite du canal de panama, pour lequel, en simple prestataire, il avait commencé à fabriquer machineries et écluses, sa ville natale décide à la hâte de débaptiser le quai et le pont qui portaient son nom. La justice va rapidement le laver de tous soupçons, pas Dijon, qui ne rendra jamais leurs noms au quai et au pont débaptisés.

Avec la destruction du pont construit par Eiffel à Dijon, au cours de la deuxième guerre mondiale, puis celle de sa maison d’enfance en 1961, le lien entre le grand ingénieur et la ville continue à s’amenuiser encore.

En 1952, le grand chanoine Kir donne un premier signe de changement en redonnant à une avenue de Dijon le nom du célèbre fils du pays. Le « rêve ailé » de l’artiste Robert Rigot, installé en l’honneur d’Eiffel sur ce quai en 1981, poursuit dans cette voie. J’étais d’ailleurs présent le jour de l’inauguration, à 11 ans tout juste. J’en garde un souvenir très ému.

La commémoration des 90 ans de la mort de Gustave Eiffel que nous avons organisé ici-même en décembre dernier, et à laquelle certains d’entre vous étaient déjà présent, puis aujourd’hui la pose de cette plaque commémorative, qui en est la continuation logique, vont finir, je l’espère, par renverser définitivement la tendance. Je me réjouis en tout cas de cette nouvelle marque du lien retrouvé entre Gustave Eiffel et les dijonnais.

Pour finir, je me permets un rapide aparté sur l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, que je représente ici. Notre association regroupe les héritiers d’Eiffel au sens propre : la grande majorité de ses descendants directs (dont j’ai avec moi deux représentants de la sixième génération !), comme au sens large : tous les passionnés de ses œuvres.  Elle veille à la défense du nom et de l’image d’Eiffel et à la protection de ses ouvrages. L’ADGE a notamment initié la préservation de la passerelle Eiffel de Bordeaux, premier grand ouvrage de Gustave Eiffel en tant que maître d’œuvre, menacée de destruction et aujourd’hui heureusement classée aux monuments historiques. Elle gère également Gustaveeiffel.com, un site d’information et d’échange autour d’Eiffel que je vous invite à visiter.

Merci à Mr. le Maire de Dijon et Président du Grand Dijon, Alain Millot, pour son soutien et son accueil. J’espère que nous aurons l’occasion de collaborer ensemble à de futurs projets autour de Gustave Eiffel. Merci à ma très chère Françoise Colin, membre d’honneur de notre association, et fervente défenseur de la mémoire de Gustave Eiffel, sans qui cet évènement n’aurait pas pu avoir lieu. Merci enfin à vous tous pour être venu avec nous célébrer cet hommage un peu tardif, mais au combien bienvenu, de Dijon envers un de ses fils les plus fameux.

Savin Yeatman-Eiffel, Dijon, 18 juin 2014