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Nos amis de l’Association Eiffel, né à Dijon, que nous saluons ici au passage, ont demandé et obtenu de la Mairie de Dijon que l’indication « né à Dijon » soit ajoutée aux 31 plaques de l’Avenue Gustave Eiffel.

Ce qui a été fait par les services de la Ville le lundi 17 février 2020, en présence du bureau de l’association Eiffel, né à Dijon et de notre membre d’honneur Françoise Colin, qui avaient tenus à être présents afin d’immortaliser ce changement.

L’Avenue Gustave Eiffel a été inaugurée par le Chanoine Kir en 1952. Nous aurons l’occasion de revenir sur les raisons de cet honneur tardif rendu à l’un des plus célèbre fils du pays dans un prochain article.

Espérons que ce petit pas supplémentaire, après les évènements organisés plus tôt cette année dans la ville, saurons faire évoluer le souvenir de notre aïeul dans sa ville natale!

 

A noter la sortie d’un ouvrage très complet sur la carrière de la mère de Gustave Eiffel: « Mélanie Eiffel, mère et femme d’entreprise moderne en Bourgogne » par Véronique Brunet (Ed. du Revermont).

Il est important de rappeler et de souligner, comme le fait Madame Brunet, le profil inhabituel de cette femme de caractère et courageuse femme d’entreprise (à une époque où les femmes restent des exceptions dans le milieu des affaires), qui fut un modèle central et un soutien indéfectible pour son fils Gustave au début de sa carrière d’ingénieur.

Véronique Brunet a eu accès à des archives qui n’avait encore jamais été exploitées, et dont certaines sont reproduites dans son livre. Elle y dresse un portrait fidèle de la carrière de Mélanie, fille d’un négociant en bois qui se lance dans le commerce de la ouille sur les quais de l’Ouche, en prenant soin de replacer son parcours dans le cadre plus général de la révolution industrielle dans la région (achèvement du canal de Bourgogne, liaison ferroviaire avec les mines de charbon d’Epinac etc.)

L’auteur n’oublie Gustave, dont elle décrit également l’enfance assez difficile – placé d’abord chez une grand-mère peu affective, puis en pension par des parents trop occupés par leur activité pour s’occuper directement de lui (Alexandre, son père, seconde sa mère dans l’entreprise familiale).

Un livre conseillé donc à tous ceux qui s’intéressent au développement industriel du 19 ème siècle, tout autant qu’à la genèse de Gustave Eiffel.

Savin Yeatman-Eiffel

 

Présentation de son ouvrage par Véronique Brunet à la Tour Eiffel, le 22 novembre dernier

Veronique Brunet avec Patrick Branco Ruivo, Directeur Général de la Tour Eiffel

 

L’association, « EIFFEL né à DIJON » a été crée en février 2018 pour développer les connaissances des Dijonnais sur leur concitoyen dont beaucoup ignorent encore la naissance du grand ingénieur dans leur ville. Elle a notamment pour projet de promouvoir la création d’un lieu qui lui soit consacré, convaincue  qu’un Musée Gustave Eiffel à Dijon pourrait attirer des visiteurs intéressés par l’histoire de Dijon au XIXe siècle (importance du canal de Bourgogne, développement du rail, de l’industrie du charbon comme des produits alimentaires typiques de Dijon auxquels la famille de Gustave Eiffel était liée, par sa mère Mélanie Moneuse comme par on oncle Mollerat) et bien sûr par l’histoire et le travail de cet illustre Dijonnais.

Comme nous l’annoncions il y a quelques semaines, l’association Eiffel né à DIJON a voulu s’associer à la célébration des 130 ans de la Tour Eiffel en organisant trois jours de manifestations dans la ville, une exposition, des conférences, deux représentations du spectacle Gustave Eiffel en fer et contre tous par son auteur-interprète Alexandre Delimoges, ainsi qu’un diner d’hommage, auquel notre cousine Dosithée Bertelot-Eiffel représentait l’ADGE au titre d’invité d’honneur.

 

Salle comble pour les conférences sur Gustave Eiffel dans le prestigieux Hôtel Despringles

Salle combe également au Théâtre des Feuillants pour les représentations de « Eiffel, en fer et contre tous. »

 

Voici le compte rendu du Diner par notre cousine:

Les journées commémoratives ont débuté le 7 novembre par un diner organisé au Restaurant d’application Le Gustave, du lycée Le Castel qui occupe la demeure des parents de notre aïeul de 1843 à 1865. J’ai eu le privilège d’être reçue chaleureusement au titre de descendante de Gustave Eiffel et représentante de l’ADGE. Une centaine de convives ont été parfaitement reçus par les élèves de la section hôtelière : menus délicieux composé en faisant référence à des menus d’époque, vins choisis en provenance du village où Gustave enfant passait ses vacances chez une tante, service impeccable. J’étais reçue à la table d’honneur par Mme Michèle Bransolle, présidente de l’Association avec M. Philippe Viollon, Proviseur du Lycée et son adjointe, Mme Bénédicte Vernet, M Frédéric Faverjon, Conseiller municipal, et les conférenciers devant s’exprimer pendant l‘exposition. J’ai eu grand plaisir à y retrouver Mme Françoise Colin, la si passionnée et efficace Membre d’Honneur de l’ADGE.

 

Le diner commémoratif au Castel

Notre cousine Dosithée Berthelot-Eiffel, à gauche, aux côtés de Michèle Bransolle et des principaux autres organisateurs des journées Eiffel

Dosithée retrouve à Dijon Madame Colin, membre d’honneur de l’ADGE

Quelques discours furent prononcés au cours du diner : la Présidente exposa le but de l’Association EIFFEL né à DIJON, se réjouissant d’avoir déjà réuni plus de 110 membres ; le Proviseur dit le plaisir qu’il avait de travailler en ce lieu, où il avait été lui-même élève, et sa fierté de voir reconnue la qualité de la section hôtelière ; M. Faverjon assura le soutien de la Ville à l’activité de l’association. Je fus invitée à parler à mon tour : après le rappel des deux précédentes occasions où je fus reçue à Dijon pour y célébrer notre aïeul (inauguration du monument Le Rêve ailé de Robert Rigot au bord du canal, au printemps 1981, en présence, notamment, d’Henriette Venot ; pose d’une gerbe, le 13 décembre 2013, au pied du monument pour les 90 ans de la mort de Gustave Eiffel) j’ai dit combien l’ADGE se réjouissait de la création d’une association avec laquelle elle aurait plaisir à collaborer. J’ai aussi rappelé le rôle incontestable d’une « grande dame » de Dijon, Mélanie Moneuse, dans la formation et le soutien d’un fils en lequel sa mère avait placé ses ambitions et sa reconnaissance sociale.

Pierre Jaillet a parlé de la Tour de 4m de haut qu’il a construite en pièces de Meccano et qu’il a donnée à l’Association comme première pièce du futur Musée Eiffel de Dijon. Au cours du diner nous fut aussi présenté le beau tableau de Mr. Jean Claude Lardrot, réalisé pour illustrer la relation entre Eiffel et sa ville natale et dont le droit de reproduction a été offert à l’Association EIFFEL né à DIJON.

Dosithée Berthelot-Eiffel

 

« Je souhaitais faire une image actuelle et positive, comme si EIFFEL ressuscitait aujourd’hui, au 21ème siècle » – Jean Claude Lardrot

 

Les événements qui ont suivi les jours suivants ont été un grand succès avec plus de 700 visiteurs en 2 jours et demi pour l’exposition et les conférences, et des salles combles pour les représentations de « Eiffel, en Fer et contre tous ».

 

L’exposition Gustave Eiffel à l’Hôtel Despringles

Alexandre Delimoges interprète avec passion son spectacle « Eiffel en fer et contre tous » au Théâtre des Feuillants

Bravo à Michelle Bransolle et ses amis de l’association EIFFEL, né à DIJON, qui comptent désormais plus de 130 membres à l’issue de ces journées, ainsi qu’à tous les organisateurs et soutiens de l’événement ! Espérons tous ensemble que l’on entendra de moins en moins à Dijon la phrase « Ah bon ! Gustave Eiffel est né à Dijon ? »

Pour fêter dignement les 130 ans de la Tour, l’association « Eiffel, né à Dijon » organise en novembre dans la ville natale de notre ancêtre :

  • un dîner en hommage à Gustave Eiffel le Jeudi 7 novembre 19h dans le Restaurant d’application “Le Gustave“ du lycée Le Castel (l’école qui occupe désormais la maison dans laquelle résida la famille Eiffel).
  • une exposition sur les 130 ans de la Tour Eiffel, du vendredi 8 au dimanche 10 Novembre 18h, à l’Hôtel Despringles, 2 rue Crébillon; ainsi que deux conférences les samedi 9 et dimanche 10 novembre :  à 15h, Thérèse et Daniel Dubuisson / Le Dijonnais Gustave Eiffel, à 17h Michel Jannin / Tour Eiffel – explications techniques.

A noter également la reprise le 8 novembre du spectacle « Gustave Eiffel, en fer et contre tous » de l’auteur et comédien Alexandre Delimoges au Théâtre des Feuillants (cf. Compte-rendu de la pièce sur notre site). Il y aura deux représentations: la première à 14h et la seconde à 20h.

Nos amis de l’association « Eiffel, né à Dijon » avaient organisé avec le Musée de l’Electricté, le CCSTI Bourgogne et les archives municipales de la ville une première exposition en hommage à Eiffel, Dijonnais de naissance, en juin dernier.

Devant le succès de celle-ci, l’exposition a été reconduite, avec le soutien de la mairie de Dijon, dans la Salle de la Coupole au centre ville. En plus de Gustave Eiffel, y sera également célébré un autre grand ingénieur originaire de Dijon: Hippolyte Fontaine, pionnier de l’électricité.

L’exposition sera ouverte au public du 5 au 19 février, de 14h à 17h en semaine / de 10h à 12h et de 14h à 17h le week-end.

Michel Pauty et Bernard Quinnez donneront une conférence le samedi 9 février à 15h.

 

Renseignements au Musée de l’électricité de Bourgogne – Hippolyte Fontaine : 06 07 86 64 16 – acel21@netcourrier.com

 

Attendue depuis plusieurs années, la restauration de l’œuvre monumentale dédiée à Gustave Eiffel par Robert Rigot (Lauréat en 1954 du premier Grand Prix de Rome) a enfin commencé. Notre association, qui a pris une part active dans le processus, s’en félicite et remercie la Mairie de Dijon ainsi que Sandrine Balan, la Conservatrice du patrimoine, de leur aimable soutien.

Il faut dire que cette restauration, que nous avons sollicitée à plusieurs reprises par le passé, ne pouvait plus attendre. La gigantesque statue de métal n’avait jamais été repeinte depuis son installation sur le lieu de naissance de Gustave Eiffel en 1981, et elle montrait des signes de corrosion et d’usure de plus en plus préoccupants. C’est la société ADSP, qui a déjà collaboré avec le sculpteur sur d’autres œuvres qui a été choisie. La seconde étape de la restauration, pour l’oiseau de Bronze à la tête de la sculpture, est prévue pour 2017.

Savin Yeatman-Eiffel.

 

Restauration du Rêve Ailé

Restauration du Rêve Ailé (crédit photo Mayalen Gauthier)

La famille Eiffel était d’origine modeste, comme l’atteste leur très simple résidence du quai Nicolas Rolin à Dijon, aujourd’hui détruite, où naquis Gustave le 15 décembre 1832.

Quai Nicolas Rolin

le quai Nicolas Rolin, à Dijon, à la fin du XIXéme

Mais la situation va changer peu à peu sous l’impulsion de Catherine, la mère de Gustave. Cette fille de négociant en bois va se révéler une femme d’affaire avisée et énergique. Sentant que l’industrie se développe, elle se lance très tôt dans le commerce de houille. C’est un travail difficile qui la coupe de son fils, élevé en grande partie chez sa grand mère, mais qui lui permet de mettre de côté en quelques années un capital d’environ 300.000 francs. S’inquiétant d’un possible retournement de la conjecture économique, Catherine décide de se retirer des affaires en 1843 et place ses fonds dans la brasserie de Mr. Régneau, un brasseur de la région. C’est lui qui va lui louer un partie de la propriété qu’il occupe – le Castel – petit château du XVIII ème siècle construit en bordure de la ville. Cette nouvelle demeure témoigne de la toute nouvelle ascension sociale de la famille Eiffel. Catherine y résidera jusqu’en 1865. Si Gustave quittera rapidement Dijon pour poursuivre ses études à Paris, il reviendra régulièrement revoir ses parents dans ce charmant pavillon, et épousera également en 1862 la petite fille de Mr. Régneau: Marie Gaudelet, qu’il y côtoyait déjà dans son enfance (cf. biographie de Gustave Eiffel sur notre site).

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Sur le perron: Dosithée Berthelot-Eiffel, Sylvain et Savin Yeatman-Eiffel, Alain Coupérie-Eiffel, Fraçoise Colin, et Robert Rigot.

Le Castel et son parc sont devenus aujourd’hui une école bien connue des Dijonnais. On accède par le perron du Castel au restaurant d’application du lycée hôtelier construit dans le prolongement du bâtiment.

L'entrée du restaurant d'application du Lycée Hôtelier

L’entrée du restaurant « le Gustave » du Lycée Hôtelier

Le Castel lui même a été heureusement préservé et il a même été entièrement restauré. Mr. Fabrice Ricord, Chef des Travaux, a eu la gentillesse de nous le faire visiter. Nous profitons de cet article pour le remercier à nouveau chaleureusement de son accueil. En traversant ces pièces figées dans le temps, on semble repartir quelques 150 ans en arrière, à l’époque où Gustave et sa famille y vivait encore…

Le salon du Rez de Chaussée

Le salon du Rez de Chaussée

L'escalier

L’escalier

Une chambre du premier étage

Une chambre du premier étage

Mr. Ricord nous fait fièrement et très aimablement visiter les lieux.

Mr. Ricord nous fait fièrement et très aimablement visiter les lieux.

Le Castel a été construit en 1807 par l’architecte Martin de Noinville, élève de Mansart, à qui l’on doit également de nombreuses autres constructions à Dijon. C’est un vrai petit bijou architectural tout en finesse. Le commanditaire et premier propriétaire était Charles Legouz de Gerland, issu d’une grande famille de la région. Philippe Régneau le rachète en 1793 et transforme les dépendances en brasserie. C’est son fils Edouard qui louera une partie du pavillon principal à la famille Eiffel.

Le Castel, Gravure du fond Eiffel du Musée d'Orsay

Le Castel, gravure du fond Eiffel du Musée d’Orsay

 

Savin Yeatman-Eiffel

La Mairie de Dijon et l’Association des Descendants de Gustave Eiffel ont dévoilé hier, 18 juin 2014, une plaque commémorative sur le lieu de naissance de Gustave Eiffel au 16 quai Nicolas Rolin à Dijon.

La plaque

La relation entre le grand ingénieur et sa ville natale a été quelque peu tortueuse, ainsi que le rappelait Savin Yeatman-Eiffel, représentant de l’ADGE pour l’évènement, dans son discours (reproduit ci-après). On ne peut donc que se féliciter d’avantage de cette reconnaissance, même tardive, de la ville natale de Gustave envers un de ses fils les plus célèbres.

La plaque découverte par Alain Millot et Arion Yeatman-Eiffel – Photo Monique Lannes

La plaque a été découverte par Alain Millot, Maire de Dijon et Président du Grand Dijon, et le jeune Arion Yeatman-Eiffel (4 ans et demi) représentant la sixième génération des descendants de Gustave Eiffel.

Ont suivi, devant une foule nombreuse et chaleureuse, les discours d’Alain Millot, de Savin Yeatman-Eiffel, et de Françoise Colin, figure locale auteur d’un ouvrage sur Gustave Eiffel et résidente au 16 quai Nicolas Rolin.

Discours de Mr. Alain Millot, Maire de Dijon - Photo Monique Lannes

Discours de Mr. Alain Millot, Maire de Dijon – Photo Monique Lannes

Mr. Le Maire, Alain Millot, en présence de représentants de la 5eme et 6eme génération des descendants d'Eiffel

Mr. le Maire, Alain Millot, en présence de représentants de la 5eme et 6eme génération des descendants d’Eiffel

Discours de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l'ADGE

Discours de Savin Yeatman-Eiffel au nom de l’ADGE

Discours de Françoise Colin

Discours de Françoise Colin

Robert Rigot, Grand Prix de Rome, et auteur de la sculpture monumentale « Le Rêve Ailé », installée sur le quai depuis 1981, était également présent.

Robert Rigot, à droite - photo d'Arion

Robert Rigot, à droite – photo d’Arion

La commémoration a été suivie par un vin d’honneur servi sous des tentes le long du quai.

Vin_d_honneur

Remerciements à Monique Lannes, et à Arion, pour l’aimable utilisation de leurs clichés.

 

Reproduction du discours du représentant de l’ADGE:

Je m’appelle Savin Yeatman-Eiffel, je suis membre du bureau de l’Association des Descendants de Gustave Eiffel et suis chargé de la représenter aujourd’hui pour cette pose de plaque commémorative.

Pour évoquer la naissance de Gustave Eiffel, je ne voudrais pas, comme je l’avais fait en décembre dernier, évoquer son œuvre en détail. Un simple rappel de quelques unes de ses plus importantes réalisations suffira :

–        la gare de Pest en Hongrie;

–        le monumental pont Maria Pia sur le Douro au Portugal;

–        le viaduc de Garabit, au-dessus de la Truyère – avec son grand arc de 165 mètres, et ses 122 mètres de haut ;

–        la Tour Eiffel, bien sur ;

–        ou encore l’ossature de la Statue de la Liberté à New York.

Je voudrais plutôt évoquer aujourd’hui ses humbles origines, que l’on a tendance à oublier. Le site wikipédia, corrigé depuis, parlait d’Eiffel comme étant issu d’un milieu aisé. Ce n’était pas le cas. Celui qui devint un des plus grands ingénieurs de son époque ; un des premiers grands capitaines d’industrie français – construisant ponts et bâtiments aux quatre coins du monde ;  un scientifique de premier plan, père des sciences météorologiques et aérodynamiques ; un mécène ; ou encore l’ami de Thomas Edison et des plus grands de son époque ; est né sur ce quai le 15 décembre 1832 – il y a 182 ans – dans une maison tout ce qu’il y a de plus modeste, et détruite d’ailleurs malheureusement en 1961 dans une quasi-indifférence générale.

Son père, François Alexandre Boenickhausen, dit « Eiffel », était un ancien hussard des armées napoléoniennes. Sa mère, Catherine Mélanie Moneuse, était la fille d’un commerçant en bois. C’est elle la figure centrale de la famille – une « maître femme », qui a certainement  insufflée chez son fils son ambition et son désir d’entreprendre. Catherine a l’idée de se lancer très tôt dans le commerce de houille. Sa petite affaire connait un essor rapide avec le décollage industriel, mais elle prive également Gustave de ses parents (son père vient bientôt seconder Catherine dans son affaire). Le garçon est élevé majoritairement par sa grand-mère, à quelques rues d’ici – rue Turgot.

Je laisse Gustave évoquer ses premières années en sa compagnie avec ses mots à lui: « La vue (de ma grand-mère) allait constamment en s’affaiblissant, ce qui nécessita l’opération de la cataracte. Cette opération n’ayant pas réussi, la laissa absolument aveugle et je dus la guider pour ses moindres déplacements de son fauteuil à la salle à manger. Je dus chaque jour lui faire la lecture de ses offices, quoique je trouvasse cela bien fastidieux. Aussi je cherchais à en esquiver le plus possible. Quand elle s’en apercevait, elle me punissait par un coup de baguette sur les doigts, et c’est moi-même qui allait chercher cette baguette pour la lui remettre. Une seule fois j’osais me révolter et brisais la baguette ; on fit alors appel à mon père qui, ce jour là, ne m’emmena pas faire avec lui la promenade habituelle à la Place d’Armes. (…) Il la remplaça par une correction manuelle qui m’empêcha de renouveler mon acte révolutionnaire. »

Une enfance modeste, et pas toujours très rose non plus !

Gustave restera à Dijon jusqu’au bac, avant de monter à Paris pour y poursuivre ses études. S’il ne reviendra plus à Dijon qu’occasionnellement, pour rendre visite à sa famille, il n’oubliera jamais ses années d’enfance auxquelles il consacre dans ses mémoires de nombreuses pages empreintes de nostalgie. Il n’en voudra ni à sa mère de l’avoir délaissée pour son travail: elle restera sa confidente et sa première conseillère jusqu’à sa mort ; ni à sa grand-mère de l’avoir battu, écrivant ailleurs qu’au fond « elle ne frappait pas si fort ».

Dijon par contre aura longtemps la mémoire plus courte. Lorsque le célèbre ingénieur est victime d’attaques infondées, et extrêmement virulentes, à la suite de la faillite du canal de panama, pour lequel, en simple prestataire, il avait commencé à fabriquer machineries et écluses, sa ville natale décide à la hâte de débaptiser le quai et le pont qui portaient son nom. La justice va rapidement le laver de tous soupçons, pas Dijon, qui ne rendra jamais leurs noms au quai et au pont débaptisés.

Avec la destruction du pont construit par Eiffel à Dijon, au cours de la deuxième guerre mondiale, puis celle de sa maison d’enfance en 1961, le lien entre le grand ingénieur et la ville continue à s’amenuiser encore.

En 1952, le grand chanoine Kir donne un premier signe de changement en redonnant à une avenue de Dijon le nom du célèbre fils du pays. Le « rêve ailé » de l’artiste Robert Rigot, installé en l’honneur d’Eiffel sur ce quai en 1981, poursuit dans cette voie. J’étais d’ailleurs présent le jour de l’inauguration, à 11 ans tout juste. J’en garde un souvenir très ému.

La commémoration des 90 ans de la mort de Gustave Eiffel que nous avons organisé ici-même en décembre dernier, et à laquelle certains d’entre vous étaient déjà présent, puis aujourd’hui la pose de cette plaque commémorative, qui en est la continuation logique, vont finir, je l’espère, par renverser définitivement la tendance. Je me réjouis en tout cas de cette nouvelle marque du lien retrouvé entre Gustave Eiffel et les dijonnais.

Pour finir, je me permets un rapide aparté sur l’Association des Descendants de Gustave Eiffel, que je représente ici. Notre association regroupe les héritiers d’Eiffel au sens propre : la grande majorité de ses descendants directs (dont j’ai avec moi deux représentants de la sixième génération !), comme au sens large : tous les passionnés de ses œuvres.  Elle veille à la défense du nom et de l’image d’Eiffel et à la protection de ses ouvrages. L’ADGE a notamment initié la préservation de la passerelle Eiffel de Bordeaux, premier grand ouvrage de Gustave Eiffel en tant que maître d’œuvre, menacée de destruction et aujourd’hui heureusement classée aux monuments historiques. Elle gère également Gustaveeiffel.com, un site d’information et d’échange autour d’Eiffel que je vous invite à visiter.

Merci à Mr. le Maire de Dijon et Président du Grand Dijon, Alain Millot, pour son soutien et son accueil. J’espère que nous aurons l’occasion de collaborer ensemble à de futurs projets autour de Gustave Eiffel. Merci à ma très chère Françoise Colin, membre d’honneur de notre association, et fervente défenseur de la mémoire de Gustave Eiffel, sans qui cet évènement n’aurait pas pu avoir lieu. Merci enfin à vous tous pour être venu avec nous célébrer cet hommage un peu tardif, mais au combien bienvenu, de Dijon envers un de ses fils les plus fameux.

Savin Yeatman-Eiffel, Dijon, 18 juin 2014

 

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L’Association des Descendants de Gustave Eiffel et la Mairie de Dijon ont célébré ensemble le 90ème anniversaire de la mort du grand ingénieur et scientifique. La cérémonie s’est déroulée le vendredi 13 décembre 2013, à 11 heures, quai Nicolas Rollin, lieu de naissance de Gustave Eiffel et emplacement de la statue dédiée à sa mémoire – “le Rêve Ailé” de Robert Rigot, présent lui aussi pour l’occasion.

Bravant courageusement le très grand froid – le sol et les arbres étaient couverts d’une épaisse couche de givre! – un public important de riverains et de passionnés d’Eiffel sont venus assister à l’évènement.

Plusieurs discours, tour à tour informatifs, chaleureux et émouvants, se sont succédés: ceux de Mme Colette Popard, adjointe au maire (ce dernier n’ayant pu, à grand regret, ce joindre finalement à nous); Alain Coupérie-Eiffel, président de l’ADGE; Laurent Grandguillaume, député de la Côte d’or; Savin Yeatman-Eiffel, en charge de l’évènement pour l’ADGE; et enfin Françoise Colin, véritable figure locale, auteur d’un ouvrage sur Gustave Eiffel et première initiatrice de la manifestation.

A l’issu de ces discours, Robert Rigot et Françoise Colin se sont fait remettre leur certificat de “Membre d’Honneur” de l’ADGE, avant qu’un dépôt de gerbes soit effectué par l’ADGE et par le Mairie aux pieds du “rêve ailé”, dont la rénovation prochaine nous a été promise par la Mairie.

 

Robert Rigot, Françoise Colin, Alain Coupérie-Eiffel, Colette Popard, Laurent Granguillaume

Robert Rigot, Françoise Colin, Alain Coupérie-Eiffel, Colette Popard, Laurent Granguillaume

Dosithée Berthelot-Eiffel, Robert Rigot, Sylvain Yeatman-Eiffel, Alain Coupérie-Eiffel, Françoise Colin, Savin Yeatman-Eiffel

Dosithée Berthelot-Eiffel, Robert Rigot, Sylvain Yeatman-Eiffel, Alain Coupérie-Eiffel, Françoise Colin, Savin Yeatman-Eiffel

 

 

 

 

 

 

 

Gerbes de fleurs sous la statue.

Gerbes de fleurs sous la statue.

Congres-legion-dhonneur-dij
Lors de son congrès national, qui se tenait cette année à Dijon, ville de naissance de Gustave Eiffel, la Société d’Entraide des Membres de la Légion d’Honneur a tenu à rendre hommage à notre ancêtre, lui-même officier de la Légion d’Honneur. Le mardi 7 juin 2011 étaient ainsi organisées dans les locaux du Palais des Congrès de Dijon une exposition sur Eiffel, préparée par des élèves de seconde du Lycée de Dijon qui porte son nom; ainsi qu’une conférence sur le grand ingénieur animée par Sylvain Yeatman-Eiffel, président d’honneur de l’ADGE, Savin Yeatman-Eiffel, trésorier de l’ADGE, et Mme Lochot, Directrice des Archives municipales de Dijon.

Au cours de la conférence, à laquelle assistait près de 250 congressistes venus de toute la France, Sylvain Yeatman-Eiffel a rappelé la carrière du célèbre ingénieur, en commençant par son enfance difficile à Dijon. Gustave Eiffel, fait chevalier puis officier de la Légion d’Honneur, était profondément amoureux de la France. Avant d’être honoré lui-même, il a tenu à faire de la Tour Eiffel un panthéon pour tous les grands scientifiques français, dont les noms de 72 d’entre eux ornent les cotés du premier étage de la Tour en grandes lettres d’or en relief de 60 cm de haut.

Sylvain Yeatman-Eiffel a poursuivi son exposé sur l’affaire de Panama et sur les pressions exercées par l’Assemblée Nationale sur le Conseil de l’Ordre pour retirer à Gustave Eiffel sa légion. Tout comme la Justice, le Conseil de l’Ordre ne trouva rien à reprocher à l’honneur de Gustave Eiffel et ira jusqu’à démissionner en block, un cas très rare dans son histoire, pour protester contre ces accusations infondées et les pressions politiques exercées à son encontre.

Innocenté mais profondément blessé par l’affaire de Panama, Gustave Eiffel se retira ensuite des affaires et se consacra jusqu’à la fin de sa vie à d’importants travaux scientifiques de météorologie et d’aérodynamisme. Ces derniers permirent, on l’oublie souvent, des avancées majeure dans le domaine de l’aviation. Comme toujours, Eiffel livra tous les résultats de ses travaux gratuitement à la communauté scientifique. Il accueillit également, avec le même esprit de philanthropie, des projets du monde entier dans la soufflerie qu’il fit construire d’abord aux pieds de la Tour, puis à partir de 1912 rue Boileau à Auteuil, où elle existe encore.

En épilogue, Sylvain Yeatman-Eiffel a rappellé que la ville de Dijon a été plus longue à laver l’honneur bafoué de l’enfant du pays. En plein cœur de l’affaire, la ville avait en effet décidé à la hâte de débaptiser le quai et le pont qui portaient le nom d’Eiffel. Il faudra attendre 1952 pour que le chanoine Kir redonne à une avenue proche du lieu de naissance de notre ancêtre le nom d’Eiffel. Le pont construit par Eiffel à Dijon, lui, a malheureusement été détruit pendant la deuxième guerre mondiale.

La conférence fut poursuivie par une intervention de Savin Yeatman-Eiffel, dressant un rapide bilan des actions de l’ADGE, et d’une présentation en image des lieux d’enfance de Gustave Eiffel par Mme Lochot. Gageons que cette sympathique conférence et cet hommage adressé à Gustave par ses pairs de la Légion d’Honneur dans la ville de son enfance, scellent définitivement la fin de la longue incompréhension entre Dijon et un de ses plus célèbre fils.

Savin Yeatman-Eiffel.

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